De la baie des cochons au Lac Tanganyika : les acteurs armés non étatiques dans la crise congolaise, 1960-1967

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Alors que la République Démocratique du Congo devient indépendant en juin 1960 seulement quelques semaines après le pays va connaitre une crise politique et sociale qui va durer sept ans. Cette “Crise du Congo (crise congolaise)” voit l’arrivée de mouvements sécessionnistes, de rébellions populaires et des forces militaires externes. Dans le cas de le province de Katanga, le moteur économique de la RDC, ces forces militaires externes sont composées de mercenaires européens, sud-africains et/ou rhodésiens embauchés et payés par les sociétés minières belges. Bien que les Nations-unies obligent le départ des mercenaires et arrivent à restaurer l’intégrité de la RDC, dès leur départ en 1963 le pays sombre de nouveau dans le désordre. En effet, une rébellion rurale d’inspiration marxiste et soutenue par la République Populaire de Chine gagne deux tiers du pays. Pire, en juillet 1964, la deuxième ville de la RDC, Stanleyville, est capturé par les forces rebelles et ces Simba menacent la vie de quelques centaines d’Européens, la plupart des citoyens belges. Pour les États-Unis, les Simba représentent un vrai danger du fait de leur soutien par la Chine et d’autres pays africains radicaux.  Aux yeux des États-Unis ce soutien signale que le communisme risque de prendre pied dans l’Afrique centrale. En respect des idéologies telles que de Containment (endiguement) et de la théorie des dominos («effet domino») et ce n’est pas une situation qui peut perdurer. En manque de forces armées capables de lutter efficacement contre les rebelles tout en gardant leur intervention secrète, les États-Unis forment une alliance avec la Belgique et l’Armée nationale congolaise (ANC) renforcée par le retour de centaines de mercenaires blancs. D’ailleurs, les États-Unis fournissent leurs propres forces clandestines constituées d’exilés cubains recrutés par la CIA. Ces Exilés ont participé dans un nombre d’opérations clandestines montées par la CIA et, notamment, l’invasion de la Baie des Cochons qui visait à déposer Fidel Castro. En participant à ces opérations en avril 1961, ils rejoignent la liste de combattants anti-communistes utilisée par la CIA en Chine, et au Guatemala. Composé de pilotes d’avion et aussi d’une petite force commando, ces exilés nommées collectivement le Makasi contribuent aux opérations qui visent à libérer Stanleyville et vaincre la rébellion. D’ailleurs, à partir de septembre 1965, une force navale composée d’Exilés va aussi mener des opérations sur le Lac Tanganyika. Ces opérations consistent empêcher l’arrivée dans les zones rebelles des vives et de munitions nécessaires pour la suite de la rébellion. Fournies par les pays tels que la Chine et l’Algérie, les forces rebelles reçoivent de l’aide de la part de Che Guevara. Envie de provoquer une révolution populaire en Afrique, Guevara restera au Congo que six mois. Sa présence dans ce pays ayant été vite détectée par les Etats-Unis, les Exilés cubains en sont avertis et considèrent que la guerre au Congo leur offre la possibilité de prendre une revanche sur Castro et la défaite à la Baie des Cochons.

Auteur : Stephen Rookes, Thèse en vue de l’Obtention du Doctorat de l’Université de Toulouse, présentée et soutenue le 16 octobre 2018.

Résumé (par l’auteur)

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, époque où l’Ancien Monde cède sa place au Nouveau Monde, les États-Unis se trouvent face de nouveaux défis qui les obligent à chercher une nouvelle orientation par rapport à ses politiques intérieures et extérieures. Sans doute le plus gros défi du début de la Guerre froide, une guerre combattue non pas directement en se servant d’armes, mais indirectement tout en développant les moyens de mener une guerre d’idéologies. Confronté, en effet, avec la réalisation que l’Union soviétique cherche à étendre son influence dans le monde, les États-Unis tourne le dos au système westphalien et cherche activement à intervenir dans les affaires internes d’un État-nation afin d’éloigner le communisme. Ils le font en soutenant les chefs d’États qui sont supporteurs de leur idéologie et, en cas de besoin, en fournissant des armes et matériaux nécessaires pour une lutte contre des forces armées soutenues par l’URSS. Dans l’optique de pouvoir opérer clandestinement dans un pays étranger, en 1947 le gouvernement américain renforce sa politique étrangère en créant la Central Intelligence Agency (CIA).

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Pendant les années 1940 et 1950 la CIA cherche à influencer la politique intérieure des pays européens tels que la France, l’Italie ou l’Albanie, des pays au Moyen-Orient tel que l’Iran ou le Liban, et des pays situés plus près des frontières des États-Unis comme le Guatemala. Si des interventions clandestines s’étendent dans les années 1960 et que la CIA tente, sans succès, de déposer Fidel Castro au Cuba, l’indépendance de plusieurs pays de l’Afrique subsahariennes après 1957 présente un nouveau défi. Effectivement, alors que des pays comme le Ghana ont pu effectuer la transition entre la colonisation et l’indépendance dans la paix, d’autres pays comme le Congo Belge connaissent un bouleversement politique et social énorme et celui-ci va mener le pays vers une période de sept ans d’instabilité et de guerre civile. Cette période est connue sous le nom de la crise congolaise. Pour les États-Unis sa politique extérieure réside sur la maintenance de la stabilité. Pour eux, l’instabilité telle que l’on trouvait dans le nouvellement renommé République Démocratique du Congo (RDC) ouvrait la porte aux Soviétiques. Croyant que si un pays tombait sous leur influence d’autres pays suivront – la théorie des dominos – les États-Unis se trouvent obligés d’intervenir de nouveau et le gouvernement se tourne vers la CIA afin que cette agence monte une opération clandestine.

Le titre que j’ai choisi pour cette thèse – De la Baie des Cochons au Lac Tanganyika : les acteurs non-étatiques dans la crise congolaise, 1960-1967; contient trois éléments qui ont pour objectif d’apporter une clarté à mon argument central et la méthodologie avec laquelle je compte mener ma recherche. En effet, l’inclusion de De la Baie des Cochons au Lac Tanganyika suggère qu’il y a un lien entre deux lieux géographiques qui n’ont, à première vue, aucun. Ce que cette thèse montrera c’est que ces deux lieux sont inextricablement liés par des événements qui ont eu lieux pendant la Guerre froide du fait qu’ils ont été la scène de deux opérations clandestines montées par la CIA.

Chacune des deux parties de cette étude contient trois chapitres. Intitulée De la décolonisation à la crise congolaise, le but de la première partie est de présenter la logique de l’intervention américaine. Nous évoquons des thèmes tels que la décolonisation de l’Afrique subsaharienne; la Guerre froide; l’intérêt stratégique du Congo pour les États-Unis; les différentes positions politiques des acteurs congolais, avant et après l’indépendance, et nous parlons de l’indépendance du Congo elle-même. Présentant le contexte de l’intervention, cette partie trouve son importance du fait qu’elle sert de plateforme d’étude. La première partie contient, aussi, une étude portant sur un contexte plus spécifique et la période entre 1960 et 1963. Nous voyons la position des États-Unis quant à la nomination de Patrice Lumumba en tant que premier ministre; le coup d’État qui le dépose; l’assassinat de Lumumba et, pour terminer le deuxième chapitre, nous étudions la réaction de l’Union soviétique et nous verrons comment une guerre civile qui est jusqu’alors limitée aux frontières du Congo devient un théâtre de la Guerre froide. Le troisième chapitre de cette première partie porte sur l’utilisation des acteurs armés non-étatiques et nous nous focalisons sur la période qui débute en janvier 1964. Différentes rebellions voient le jour pendant ce mois et il semble important de comprendre pourquoi ces rebellions ont eu lieu aussi bien que leur impacte sur la politique étrangère des États-Unis. En effet, nous verrons que la situation au Congo devient si grave et si menaçante pour cette politique et que le gouvernement américain décide de lancer une opération militaire clandestine. De 1960 jusqu’au début de 1964, les États-Unis se sont contentés d’intervenir politiquement ou en fournissant un entrainement aux forces nationales congolaises.

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Dans le premier chapitre de la deuxième partie, nous voyons comment les États-Unis ont pu être en mesure d’intervenir militairement. Pour cela, le deuxième chapitre de cette partie nous mène aux débuts de la CIA et le développement du dispositif conçu pour faire une guerre de façon clandestine. Nous voyons ce développement par le biais d’une étude qui porte sur l’intervention militaire américaine au Guatemala, une réussite, et une autre étude sur l’intervention ratée qui a eu lieu au Cuba en avril 1961. Ce chapitre est un élément essentiel à notre étude puisqu’il nous permet d’établir le lien entre l’Amérique centrale et l’Afrique. D’ailleurs, en créant ce lien, nous sommes en mesure de se rendre compte qu’il ne faut pas voir la crise congolaise comme une autre guerre africaine. Effectivement, la crise congolaise a fait partie d’une série d’interventions militaires américaines qui, certes, ont eu lieu dans différentes parties du monde mais qui, en même temps, sont liés intrinsèquement. Ensuite, nous retournons dans le Congo afin d’étudier les opérations militaires qui ont été organisées afin de mettre fin aux rebellions. Alors que cette partie nous permet de comprendre la coopération entre différents groupes d’acteurs armés non-étatiques, aussi verrons-nous combien ces groupes différents ont été efficaces sur le plan militaire. L’étude de ce thème continue dans le sixième chapitre où nous voyons l’arrivé de Che Guevara dans le Congo et les moyens mis en place pour lutter contre ce qui est perçu comme une nouvelle menace pour les forces soutenues et armées par les États-Unis. Notre conclusion consiste en une discussion qui porte sur les acteurs armés non-étatiques et leur utilisation éventuelle dans le contexte moderne.

Les doctrines de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui fut créé en 1946 renforcent la notion que les peuples vivant encore sous le joug colonial avaient le droit à l’auto-détermination. Alors que cette auto-détermination est accordée à certains pays encore colonisés dans des conditions paisibles et par la voie de la diplomatie, la réticence de quelques pays colonisateurs face aux demandes des nationalistes dans d’autres pays a pour conséquence que des mouvements nationaux se trouvent obligés de se tourner vers les armes afin de faire partir des administrations étrangères. C’est le cas en Malaisie où les forces armées britanniques luttent contre des insurgés communistes; en Indochine où la France est confrontée par un cas pareil; au Maroc, en Algérie et en Tunisie où, encore, la France va se battre contre des forces nationalistes; ou en Indonésie, pays dans lequel les forces néerlandaises restent jusqu’en 1949 et l’indépendance de ce pays dans le Pacifique.

C’est Harold Macmillan, le Premier ministre britannique, qui énonce en 1960 que les Vents du changement soufflent sur le continent africain. Trois ans plus tôt, en 1957, Macmillan a assisté à la cérémonie d’indépendance qui a vu le Gold Coast devenir le Ghana. Ce pays dans l’ouest de l’Afrique est le premier pays de l’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance. Le premier président de ce pays nouvellement indépendant est Kwame Nkrumah. L’un des fondateurs du mouvement nommé le panafricanisme, Nkrumah croit que les Africains en Afrique et ceux dont les ancêtres étaient des africains partageaient une Histoire commune bien différente de celle des Européens. Pour cette raison, Nkrumah proposait que les nations africaines nouvellement indépendantes devaient rejeter le modèle utilisé par ces mêmes Européens et se servir de cette Histoire commune pour en construire d’autres. L’idéologie qui est le panafricanisme s’est construite petit à petit depuis l’aube du 20ème siècle. Parmi ses adeptes nous trouvons Jomo Kenyatta, le Kenyan qui inspire le mouvement des Mau-Mau dans les années 1950 et, plus importante dans l’optique de notre étude, Patrice Lumumba. Ce jeune congolais issu d’une famille modeste reçoit une éducation dans des établissements scolaires et professionnels. Employé dans l’administration belge dans les années 1950 c’est à cette époque où il commence à s’intéresser à la politique. Créant en 1957 le Mouvement national congolais (MNC), Lumumba est très active dans les négociations sur l’indépendance du Congo (la Table ronde belge-congolaise) qui ont lieu entre les autorités belges et les représentants congolais à Bruxelles en 1960. Suite à l’indépendance, c’est Lumumba qui est nommé Premier ministre par le nouveau Président du Congo Joseph Kasavubu.

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Pour les États-Unis, cette nomination n’est pas forcement la bienvenue. Du fait que Lumumba s’est inspiré du panafricanisme et que les États-Unis voient cette idéologie comme une menace potentielle, ce nouveau chef politique est surveillé de très près par la CIA. Très tôt, le chef de station de la CIA au Congo, Larry Devlin, sera impliqué dans un complot qui vise à ôter le pouvoir des mains de Lumumba. Parmi les conspirateurs se trouve le chef des forces armées, Joseph Mobutu, homme qui, par la suite, joue un rôle crucial dans l’Histoire du Congo. La peur de la “menace rouge” et tout ce qui s’approche du communisme apparait aux États-Unis dès la fin de la Première Guerre mondiale. Depuis, les autorités américaines se sont relayées ayant pour objectif l’élimination de cette menace. Pour atteindre cet objectif, des administrations américaines successives renforcent le panorama législatif en créant et en impliquant des mesures de plus en plus anti-communistes. Un exemple est le Conseil de sécurité national (NSC) établi en 1947. La création de ce conseil suit un avertissement donné par George Kennan dans le Long Telegram, et un discours livré par le Président Truman qui expose l’intention des États-Unis de contenir la progression du communisme. La Doctrine Truman de 1947 servira de base pour toute future mesure américaine en matière de la politique étrangère dans les années 1950 et 1960. Pour empêcher la progression du communisme dans le monde, les États-Unis sont prêts à accepter la présence de régimes minoritaires blancs en Afrique du Sud et en Rhodésie de Sud car cette présence est la garantie que l’Union soviétique n’établira pas de base dans l’Afrique subsaharienne.

La même chose est vraie pour les pays colonisateurs comme la Belgique. Les relations entre les États-Unis et le Belgique commencent dès la Première Guerre mondiale. Extrêmement riche en minerais tels que le cuivre, ce métal jaune est exporté vers l’Europe en grande quantité et elle sert dans la fabrication des armements utilisés sur les champs de bataille du conflit mondial. Plus tard, dans les années 1930, c’est un autre minéral trouvé au Congo, l’uranium, qui sera prisé par les États-Unis. Une variété de ce minéral sera utilisée dans la fabrication des bombes atomiques larguées sur le Japon en 1945. La peur de ne plus avoir accès à ces minéraux congolais (ou la peur de voir les soviétiques s’en emparer) est une autre raison qui explique l’intervention américaine dans l’Afrique centrale. En effet, les États-Unis ont tout intérêt à ce que la stabilité règne dans le Congo. Pour eux, s’il y a cette stabilité et s’il y a un chef d’État congolais qui n’est pas hostile envers les Américains, ils peuvent continuer à maintenir cet accès. Sinon, il faudrait envisager d’autres solutions.

L’indépendance du Congo arrive le 30 juin 1960. Pourtant, pour les forces armées congolaises qui sont toujours commandées par des officiers belges, la décolonisation n’a rien changé. Bien qu’il y a eu des manifestations contre les Belges juste avant l’indépendance, la mutinerie qui commence début juillet 1960 ouvre la voie à une violence anti-Belge qui voit des milliers de Belges quitter le pays en catastrophe. La violence est si grave dans certaines zones que les autorités belges se trouvent obligé d’envoyer des avions afin d’évacuer leurs ressortissants et des parachutistes belges ouvrent le feu sur ceux qui cherchent à tuer ou à violer ces ressortissants. Bien que ces opérations sont, a priori, des mesures humanitaires, Lumumba les perçoit comme une forme de néocolonialisme et fait appel aux Nations unies afin de faire partir des forces que Lumumba considère des envahisseurs.

Bien que la question de ces forces soit rapidement résolue, vont surgir dans les prochains jours d’autres problèmes infiniment plus grave pour l’avenir du Congo. En effet, le Katanga et le Sud Kasaï, deux provinces congolaises, déclarent leur sécession. Dans une tentative faite pour restaurer l’ordre dans le Sud-Kasaï, Lumumba envoie des troupes congolaises. C’est une erreur. Des milliers de civils congolais sont massacrés par ces troupes qui sont, de plus, transporté dans des avions prêtés par l’Union soviétique. La notion tenue par les États-Unis que Lumumba est un communiste est, pour eux, confirmée en août 1960. On donne l’ordre à la CIA de chercher les moyens nécessaires pour éliminer Lumumba. En septembre Kasavubu qui est horrifié par le massacre vire son Premier ministre et quand celui-ci refuse de partir, c’est Mobutu qui ordonne la suspension du parlement congolais et il se sert de l’armée pour maintenir l’ordre dans Léopoldville, le capital du Congo. Ce n’est pas longtemps avant que Mobutu ordonne l’arrestation de Lumumba. A partir de la mi-septembre 1960 cet Premier ministre se trouve sous la garde des soldats des Nations unies, eux aussi envoyés au Congo un mois auparavant pour calmer la situation. En même temps, les supporteurs de Lumumba décident de partir vers le nord-est du pays où, à Stanleyville, ils créent un nouveau gouvernement en opposition à celui de Kasavubu. Pour ce nouveau régime, Kasavubu est sous les ordres des Etats-Unis et par conséquence les chefs du mouvement se tournent vers l’URSS pour qu’il vienne leur assistance.

Jusqu’au années 1950 et le début de la décolonisation de l’Afrique subsaharienne, les Soviétiques ne s’en intéressaient pas beaucoup : du fait de la présence coloniale, les analystes du Politburo considéraient que cette partie du monde était impénétrable et par conséquence l’URSS a concentré ses efforts ailleurs. C’est à partir de 1955 et la Conférence à Bandung en Indonésie que l’URSS développe une politique visant l’expansion de son influence en Afrique. La Chine, rival communiste de l’URSS, assiste à la Conférence et cet acte convainc les autorités russes que, dorénavant, il faudrait montrer aux mouvements nationalistes africains qu’ils avaient leur soutien. Sur les années à venir, l’Union soviétique va, donc, fournir des munitions à des pays tels que l’Egypte. Il établira des relations diplomatiques avec d’autres comme l’Algérie, le Mali ou le Ghana et, à partir de 1961 et la création du Bloc de Casablanca, va envoyer des conseillés afin qu’ils aident ces pays à établir des systèmes socialistes. Avant et après l’indépendance de la RDC, la présence de l’URSS s’accroit.

Lumumba lui demande des conseils en matière de propagande en 1959 et les autorités soviétiques sont présentes lors de la cérémonie d’indépendance en juin 1960. Comme nous avons vu dans le premier chapitre, les avions russes transportent des troupes congolaises vers le Sud-Kasaï, et c’est le sentiment que l’URSS cherchait à s’établir une base en Afrique que la CIA décide d’éloigner Lumumba. Lorsque Lumumba est viré en septembre 1960, Khrouchtchev se trouvait obligé de fournir une réponse. En fin septembre 1960, il arrive à New York et aux forums des Nations unies il dénoncera l’intervention des Etats-Unis. Le soutien donné par l’URSS aux supporteurs de Lumumba n’est pas simplement d’une nature diplomatique. Selon certaines sources, elle fournirait des avions de combat et des munitions au gouvernement de Stanleyville mené par Antoine Gizenga. L’assassinat de Lumumba en janvier 1961 provoque une vive réaction partout dans le pays (et dans le Monde, NDLR). Plusieurs rebellions saisissent le Congo en même temps et dans le viseur se trouvait le Katanga, province sécessionniste et province dans laquelle Lumumba est tué.

Depuis près de mille ans le Katanga est connu pour ses richesses en matière de minérales. Quand les Belges arrivent au Congo vers la fin du 19ème siècle, c’est dans le Katanga qu’ils vont ouvrir des mines afin de retirer ces richesses du sol et de les transporter vers l’Europe. Au début du 20ème siècle une société anglo-belge voit le jour. Appelée l’Union Minière du Haut-Katanga(UMHK), peu à peu cette société va devenir l’une des plus grandes au Congo belges et, de ce fait, elle a une influence significative dans la vie politique du pays. Cette influence ne va pas être diminuée par l’indépendance de la RDC : elle apporte un soutient financier à Moise Tshombe, le chef de CONAKAT, un parti politique pro-belge et pro-européen; et lors de la sécession de la province en août 1960 elle financera le recrutement d’une armée composée de mercenaires venus de l’Europe, l’Afrique du Sud et la Rhodésie du Sud.

Ne voulant pas céder les richesses du Katanga à Lumumba, le gouvernement belge a aussi joué un rôle très important dans la defence de Katanga. En juillet 1960, il établi le MISTEBEL, une mission technique, et c’est par le biais de cette mission que le Katanga va pouvoir se doter d’une force terrienne, la FTK, mais également d’une force aérienne, la FAK. A partir du début de 1961, ces forces katangaises composées en partie d’étrangers mais aussi de Congolais fidèles à Tshombe (la Gendarmerie katangaise) sont confrontées par un nombre de forces ennemies. Ayant pour rôle le maintien de la province, ces forces doivent faire face non seulement à des rebelles congolaises supporteurs de Lumumba, mais aussi à des forces armées envoyées par les Nations unies pour mettre fin à la sécession katangaise. Bien que les soldats de Tshombe arrivent à résister aux rebelles dans le nord de la province, ils n’arrivent pas à résister l’avance des forces des Nations unies. Au bout d’une guerre qui durera jusqu’en décembre 1962, Tshombe et son armée de mercenaires sont obligés de quitter le Katanga et le Congo retrouve son intégralité.

La fin de la sécession du Katanga apporte l’espoir que le Congo connaitrait, enfin, la paix. Cependant, cet espoir disparait très tôt, et dès juin 1963 un mouvement mené par Pierre Mulele menace de nouveau la stabilité politique et sociale du pays. C’est un mouvement radical basé sur les doctrines du Maoïsme et il trouve son soutien dans les zones rurales telles que le Kwilu, province située dans le centre du Congo. En général, les supporteurs de ce mouvement sont des paysans. Pour eux l’indépendance n’a rien changé en ce qui concerne leurs conditions de vie et ils considèrent que ceux qui ont bénéficié le plus du départ des Belges sont les évolués, l’élite congolaise qui maintenant dirige le pays. Ce n’est pas la première fois qu’il y a une protestation rurale au Congo. En effet, la période durant laquelle les Belges sont au Congo est ponctuée de révoltes rurales qui visent, généralement, à créer plus d’opportunité aux habitants de la campagne ou d’obtenir des prix justes pour les cultures récoltées. Naturellement, la production agricole est largement contrôlée par des Belges ou par des congolais éduqués (les évolués).

Des réformes mises en place par les autorités coloniales et la présence de missionnaires catholiques mènent dans les années 1920 et 1930 à la création d’un nombre d’écoles primaires secondaires ou professionnelles. Il y a eu même, en 1954, l’établissement d’une institution pour l’enseignement supérieur, l’Université Catholique du Louvain. Pierre Mulele est issu, lui-même, de l’une de ces écoles primaires. Ensuite, il poursuit son éducation dans un lycée professionnel à Leverville, et c’est ici où il va rencontrer un nombre de personnes qui seront très actives dans l’organisation de la révolution rurale de 1963-1965. C’est aussi à Leverville que Mulele se radicalise : ses convictions politiques sont renforcées par des écrivains congolais tels qu’Antoine-Roger Bolamba, écrivain avec lequel Mulele travaille lorsque ce dernier devient ministre de l’Education au sein du gouvernement de Lumumba.

En quittant l’école de Leverville Mulele s’engage dans les forces armées du Congo Belge, la Force Publique, et c’est ici qu’il apprend les rudiments de la vie de soldat. Aussi, à l’insu de ses supérieures, il a accès à un nombre de documents classifiés portant sur les tactiques employées par les forces armées pour la répression d’une révolte éventuelle. En 1952, Mulele quitte la Force Publique et avec Théodore Bengila, un ancien de l’école de Leverville, il établi l’Union des anciens élèves de la mission Leverville (Unamil) et se base dans la région de Kwango-Kwilu. En 1958, Mulele fait partie d’une délégation congolaise qui est invitée à l’Exposition Universelle à Bruxelles. C’est en Belgique où il a accès à une littérature qui est interdite dans le Congo Belge et il lit des ouvres de Staline ou de Mao Tsé-toung. Mulele s’intéresse de plus en plus à l’idéologie communiste, y compris l’étatisation de l’industrie, et c’est en 1959 qu’il crée le Parti Solidaire Africain (PSA), parti qui diffère d’un nombre d’autres parti politiques congolais dans la mesure où il accepte la diversité ethnique et tribale. De nature populiste, le parti vise, parmi d’autres mesures, l’établissement de plus d’écoles; l’éducation pour tous; et la création de collectivités paysannes. Le PSA a, donc, un programme qui ressemble aux doctrines appliquées en Chine ou dans l’URSS.

En 1961, Lumumba a été remplacé par Cyrille Adoula. Considérant qu’Adoula est à la tête d’un régime fantoche installé par les Etats-Unis, c’est en 1962 que Mulele part en Chine où, avec Bengila, il va apprendre les stratégies militaires développées par Mao Tsé-toung. Convaincu que le Congo est de plus en plus dirigé par une hégémonie capitaliste, à son retour au Congo en 1963, Mulele décide qu’il faut déposer le gouvernement de Léopoldville et il entame l’organisation d’une révolution populaire. Celle-ci sera menée en créant des milices, et ceux-là opéreront dans différentes zones géographiques du Congo. Ces partisans attaqueront des installations militaires isolées dans les zones rurales et, petit à petit, ils prendraient contrôle de zones plus larges. Le but final est d’avancer sur le capital et d’instaurer un régime populaire. Nombrant environ 5 000 partisans fin 1963, et connus sous le nom “La Jeunesse”, les premières incursions des rebelles de Mulele ont lieu dans les régions centrales du Congo.

Malgré des contre-attaques de l’Armée nationale congolaise (ANC), en janvier 1964 les partisans avancent sur Kikwit dans le nord-ouest du pays et contrôle un territoire d’une longueur de 300 kms et d’une largeur de quelques 120 kms. Bien que le régime de Léopoldville pense gagner la bataille, une autre révolte située cette fois-ci dans l’est du Congo, est entamée par des supporteurs de Christophe Gbenye et de Laurent Désiré-Kabila. Visant le contrôle des richesses du Katanga, c’est dans le nord de cette province que des attaques sont menées. Les Simbas, le nom adopté par ces forces, ont eux aussi identifié les Etats-Unis comme ennemi et ils ont juré de faire tomber Adoula et Kasa-Vubu. Officiellement, l’Armée populaire de libération (APL), cette force attaque des installations militaires et policières situées dans le Kivu, et imbibé d’une potion administrée par un docteur-sorcier et appelée une dawa, ils sèment la panique dans les rangs d’un ANC dont les membres croient fortement dans le pouvoir de la magie noire.

Portant des déguisements étranges comme des peaux de singes, des abat-jour, ou des culottes de femmes trouvées dans des maisons de Belges saccagées, les Simbas avancent rapidement sur le territoire et arrivent à Stanleyville en juillet 1964. L’avance est facilitée par le retrait des forces des Nations unies qui a vu son mandat finir ce même mois. La ville de Stanleyville est la deuxième du Congo. Située sur le fleuve du Congo, l’un des plus longs du monde, cette ville est depuis longtemps un centre commercial important. Un grand nombre de Belges et ressortissants d’autres nations européennes y habitent et ils mènent une vie plutôt paisible qui consiste à profiter des privilèges accordés aux blancs. Egalement, il y a avait eu des développements à Léopoldville ce juillet de 1964 : Adoula, considéré trop faible pour faire face à la rébellion populaire, est remplacé par Moise Tshombe. Après un bref séjour en Espagne, en effet, cet ex-leader politique de la province de Katanga rentre au Congo où il espère refaire une vie politique. D’ailleurs, il est très fortement soutenu par les Etats-Unis.

A Stanleyville la situation s’empire pour les autochtones : des centaines de noirs considérés comme des opposants à Lumumba sont massacrés au pied d’une statue érigée en son honneur et les blancs sont tabassés ou menacés de mort. Parmi les blancs qui résident dans la ville se trouve un petit nombre d’Américains. Personnel consulaire ou membre de famille de ce dernier, en début juillet 1964 une majorité quitte Stanleyville à bord des avions afin d’éviter l’arrivé des Simbas. Pourtant, Michael Hoyt, le consul américain, a décidé de rester. Quand le consulat est pris par les Simbas début août, avec quatre de ses collègues Hoyt sera capturé et retenu en otage. Au mois de septembre, il est rejoint par plus de mille autres étrangers qui sont détenus dans des hôtels situés dans la ville ou dans un camp militaire autrefois utilisé par l’ANC.

La détention de ces otages et le fait que leur situation s’aggrave de jour en jour inquiètent beaucoup les autorités belges, américaines et congolaises. Même si une opération de sauvetage a été envisagée pour libérer les Américains en début août, c’est maintenant des centaines de vies qui sont menacées et il faut envisager une attaque beaucoup plus conséquente. Le problème avec lequel les autorités sont confrontées c’est que les forces congolaises sont considérées nulles et incapables de monter une attaque efficace. Il ne reste qu’une seule solution : il va falloir importer des mercenaires et faire venir les forces belges. Comme nous avons vu, un dispositif qui a permis les Etats-Unis d’intervenir clandestinement a été conçu dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Actif sous d’autres formes avant cette guerre, la CIA se compose d’un réseau humain dont les tentacules s’étendent à travers le monde et d’un dispositif qui comprend des institutions financières secrètes; des marchands d’armes; des lignes aériennes et toutes sortes de contactes qui restent anonymes des yeux du publique. C’est en se servant de ce réseaux que les Etats-Unis ont pu monter des opérations clandestines en Chine durant la guerre civile dans ce pays et où ils soutiennent les forces de Tchang Kaï-chek; au Guatemala où, durant une tentative de déposer Jacobo Arbenz, ils fournissent le financement, la propagande, les avions, et les hommes; et au Cuba où la CIA organise l’entrainement d’une armée composée d’exilés Cubains opposants à Fidel Castro. Ces exilés vont participer à l’invasion qui a eu lieu à la Baie des Cochons en avril 1961.

C’est la peur de voir la porte s’ouvrir au communisme en Amérique centrale qui fait réagir les autorités américaines. Actionnaires dans des sociétés américaines telles que la United Fruit Company, certains membres du gouvernement américain s’inquiètent devant la possibilité que Arbenz procède à une étatisation de ces sociétés. Mais les considérations financières ne sont pas les seules raisons pour lesquelles le gouvernement d’Eisenhower décide de monter une opération clandestine courant 1954. La chasse aux communistes est entamée dans les années 1940 et elle prend de l’élan au début des années 1950. Considérant qu’il vaut mieux installé un non-communiste comme le Colonel Castillo Armas à la tête du régime guatémalien, la C.I.A conçoit l’Opération PBSUCCESS. Pour atteindre cet objectif, les Etats-Unis vont faire appel à leurs alliés en Amérique centrale et Trujillo de la République dominicaine et Anastasio Somoza du Nicaragua sont parmi les chefs d’Etats qui seront impliqués dans le complot. Le succès de cette opération convainc la C.I.A et le gouvernement américain qu’il est possible de remplacer n’importe quel chef d’Etat vu comme un opposant à l’idéologie prônée par le gouvernement des Etats-Unis à cette époque.

Pour cette raison, quand Fidel Castro s’empare du pouvoir au Cuba fin 1959, la C.I.A entame une série de manœuvres visant à discréditer le leader cubain aux yeux de la population. L’identifiant comme communiste aux débuts des années 1960, la C.I.A va ensuite chercher à développer des liens avec la communauté cubaine exilée dans des villes telles que Miami. Elle financera des opérations anti-Castro menées par ces exilés et, en 1961, la C.I.A organise des camps d’entrainement aux Etats-Unis et au Nicaragua, et fournissent des avions aux forces exilés. Durant l’invasion la Brigade 2506, le nom adopté par les forces exilées, est portée par des bateaux de guerre américains et certains des avions qui participent au bombardement des installations militaires cubaines sont pilotés par des membres de la National Guard. Deux de ces pilotes y laisseront la vie. Si l’invasion de la Baie des Cochons est un échec et des centaines de combattants du coté de la Brigade 2506 sont tués ou mis en prison, le désir de déposer Castro et de lutter contre le communisme est très fort chez les exilés. C’est le Président Kennedy qui offre à ces exilés la possibilité d’intégrer les forces américaines régulières en 1962.

Kennedy, qui redoute une expansion du communisme dans les Caraïbes est alerté par la possibilité que l’URSS installe des missiles sur le sol cubain.  Afin de contrer cette menace il va lui-même menacer d’entamer une guerre nucléaire contre l’Union soviétique. Cette Crise des missiles de Cuba met plus ou moins fin aux ambitions des exilés : bien qu’ils continuent de recevoir un financement qui leur permet des mener des attaques contre Castro, celles-ci ne sont rien de plus qu’un gêne sans importance pour un leader soutenu fortement pas les Soviétiques et vu comme un exemple à suivre pour d’autres mouvements radicaux. Si l’expansion de l’influence du communisme semblait s’arrêter aux frontières du Cuba, dans d’autres zones de la planète cette idéologie et ses dérivatifs montait en popularité : en Asie du sud est le Vietnam du Nord, le Cambodge et le Laos avaient tous les trois adopté le communisme comme modèle politique et en Afrique subsaharienne des pays comme la Tanzanie, le Sénégal ou le Mali s’inspiraient du marxisme afin de construire de nouvelles sociétés.

Dans l’objectif de pouvoir intervenir là où le communisme menaçait les intérêts américains, et là où il était impossible d’envoyer des forces régulières américaines, courant 1963 Kennedy, et ensuite Johnson, décide de créer une force aérienne capable d’intervenir clandestinement dans différentes zones géographiques, notamment le Congo. Ne voulant pas que l’identité de cette force soit découverte, la C.I.A se tourne de nouveau vers les exilés cubains : ils ne sont pas encore naturalisés et sont, a priori, toujours de nationalité cubaine. Bien que le contexte soit relativement calme au Congo fin 1962, le gouvernement congolais est à court de moyens dans la lutte contre les forces katangaises. En juillet 1962 le gouvernement américain tente d’apporter une assistance militaire au gouvernement congolais en envoyant le Colonel Greene. Son rôle est de mettre en place un programme d’entrainement pour l’ANC qui jusqu’alors ne s’est pas illustrée dans les combats contre les forces mercenaires au Katanga. Si l’inefficacité des forces terrestres congolaises est  adressée par cette initiative, dans les airs les Congolais sont totalement absents : certes, il possède certains avions de combat mais le problème est qu’il n’y a personne pour les piloter.

C’est le nouveau président des Etats-Unis et ses conseillers qui voient la solution à ce problème plutôt délicat : une présence aérienne américaine soulèverait sans doute des soupçons que les Etats-Unis cherchaient à augmenter leur influence en Afrique centrale et confirmerait d’autres soupçons qui voyaient les Américains contrôler les décisions militaires du gouvernement congolais. Fin 1962 les premiers pilotes cubains (de l’armée américaine, NDLR) arrivent au Congo. Recrutés clandestinement et envoyés à Léopoldville, leur rôle est de montrer à la population congolaise que son gouvernement est bien présent et qu’il s’inquiète du bien-être de son peuple. Malheureusement, ce n’est qu’une démonstration de force que de nom, la Force aérienne congolaise (FAC) puisque les avions ne sont pas armés. Alors que les avions de la FAC seront armés courant 1963 et participent dans des opérations contre les rebelles, le nombre de pilotes et d’avions restent une échelle réduite. Ce n’est qu’en août 1964 que cette force aérienne recevra des renforts et cette augmentation dans les effectifs coïncide avec l’avancé des rebelles sur Stanleyville.

Ce n’est pas que la force aérienne qui est renforcée : à partir de fin juillet 1964, le sol congolais voit l’arrivé la trace des bottes portées par des centaines de mercenaires européens et Sud-africains dont certains étaient déjà venus trois ans plus tôt. Cette fois-ci la différence est qu’ils se trouvent au Congo pour se battre pour le gouvernement congolais et non pas contre. L’Irlandais, et ex-officier de l’armée britannique, Mike Hoare est désigné comme commandant d’une une unité militaire appelée 5 Commando. Basée de nouveau dans le Katanga, ce groupe composé de centaines d’hommes sera bientôt rejoins par d’autres groupes parmi lesquels des mercenaires commandés par Jean Schramme, un Belge, et Bob Denard, un ancien de l’armée française. Tous les deux se trouvaient au Katanga entre 1960 et 1963.  Ces forces composées de mercenaires ne sont pas les seules qui se battront contre les forces rebelles à partir d’août 1964. Du fait que des centaines de ressortissants belges sont tenus en otage à Stanleyville, un officier de l’armée belge, le colonel Vandewalle arrive lui aussi fin août au Congo. Son rôle est de concevoir un plan militaire dont l’objectif est la libération des otages. Appelé l’Ommegang, ce plan sera mis à effet fin novembre. Entre temps, les différents groupes de mercenaires se battent contre les rebelles (nationalistes, NDLR) afin de reprendre le terrain qui a été cédé depuis janvier 1963. Se rapprochant progressivement vers Stanleyville, l’objectif de ces petits groupes qui se trouvent dans le nord-ouest, le nord-est et le centre du Congo; c’est de se regrouper autour de ville où ils rejoindront une force plus large mené par Hoare.

Dans la ville de Stanleyville la situation s’aggrave encore. Des rumeurs comme quoi une force de mercenaires est en route sème la panique parmi les Simbas : ils accélèrent le nombre d’exécutions de civils, le nombre de viols, et le nombre de menaces de mort contre les ressortissants étrangers. Le fait que Nicolas Olenga, le chef des forces rebelles à Stanleyville, croit que les forces ennemies sont composées d’Américains ne fait qu’empirer une situation déjà gravissime. Michael Hoyt, le consul américain qui est retenu en prison depuis près de trois mois se trouve maintenant menacer de mort. Alors que l’Ommegang composé de mercenaires avance dans les zones tenues auparavant par les rebelles, les menaces de mort lancées contre les otages font avancer le plan conçu pour la libération de Stanleyville. En effet, appelée l’Opération Dragon Rouge, ce plan consiste à faire parachuter des troupes belges sur l’aéroport Simi-Simi de Stanleyville pour qu’ensuite ils avancent à pied sur la ville elle-même.

Ce plan implique la coopération d’un nombre de pays différents. Montant à bord des avions militaires américains en Belgique avec une escale en Espagne pour se ravitailler en combustible, les parachutistes belges attendront sur les iles britanniques situées dans l’océan Atlantique jusqu’à l’ordre de sauter sur Stanleyville. Avant le parachutage de ces troupes, l’aéroport à Stanleyville et ses environs seront attaqués par des avions pilotés par les exilés cubains (américains, NDLR). Cette force qui a adopté le nom Makasi est très active depuis le mois d’août et elle a mené des opérations régulières contre les rebelles. L’opération qui est lancée le 24 novembre 1964 affole les rebelles qui se trouvent toujours à Stanleyville. Olenga et un grand nombre d’officiers quittent la ville dès que l’attaque commence et il ne reste que des Simbas avides de tuer les otages. Le massacre des otages débute dès que les Simbas entendent le bruit des avions.

Des Belges qui avaient été retenue dans des hôtels sont regroupés dans la rue et les Simbas les alignent avant d’ouvrir le feu avec des mitrailleuses. Femmes et enfants sont coupées en deux par les balles de ces armes et ceux qui ne sont pas encore morts sont tués à coup de machette. C’est une scène d’horreur qui accueille les soldats belges. Ils ont rapidement pris contrôle de l’aéroport et ils ont avancé quasiment sans résistance dans les rues de la ville. Après quelques accrochages avec les Simbas et après avoir sauver la vie de la majorité des otages, ces troupes se retireront vers l’aéroport à peine deux heures plus tard. A 11 heures du matin, 5 Commando arrive à Stanleyville. Sous l’ordre ne pas attaquer avant cette heure-ci, les mercenaires de Mike Hoare nettoient les zones périphériques de la ville. Eux aussi horrifié par ce qu’ils découvrent, ils n’épargnent pas les Simbas qui sont tués sans pitié. Dans les jours qui ont suivi l’Opération Dragon rouge, les Opérations Dragon vert, noir et blanc viseront elles aussi à libérer des ressortissants étrangers détenues otages dans des petites villes dans le nord-est du Congo.

Alors que la grande majorité des exilés cubains au Congo (devenus militaires américains, NDLR) pendant la crise congolaise servent au sein de la FAC, est aussi présente à Stanleyville une force terrestre d’exilés cubains composée de quelques seize hommes. Arrivant eux aussi pendant le mois d’août, il a été d’abord envisagé que ces hommes participent dans une opération américaine qui visait à libérer le consul à Stanleyville. Même si ce projet n’a pas vu le jour, ces hommes seront impliqués dans une opération de sauvetage dans une mission religieuse dénommé Kilometre 8. Ici, le même jour que les opérations dans Stanleyville, ils montent dans deux jeeps et traverse la brousse congolaise pour venir au secours de trois missionnaires chrétiens et leurs familles. Si les opérations de sauvetage et la libération de Stanleyville ont été bien accueillies par les nations concernées directement par la prise de ses ressortissants en otage, les pays radicaux africains ainsi que l’URSS et le Cuba s’en réjouissaient bien moins. Pour les pays comme l’Algérie, l’Egypte, le Ghana ou la Tanzanie, l’intervention ne consistait pas à une opération humanitaire mais à une invasion poussée par des considérations néocolonialistes.

D’ailleurs, le président algérien Ben Bella a déclaré qu’il continuerait à fournir des armes aux mouvements rebelles congolais afin qu’ils puissent poursuivre la lutte. Pendant que les récriminations politiques et diplomatiques occupaient les gouvernements de chaque côté de l’Atlantique, au Congo les rebelles menés par Laurent Kabila concentraient leurs efforts dans la zone nord-est de Baraka-Fizi. Recevant des renforts en hommes du Rwanda et recevant des armes de l’Algérie et de la Chine, le Département de l’Etat américain estimait que si les rebelles ne sont pas dénichés de cette zone et qu’ils reçoivent le même genre de soutien des Etats radicaux, il y avait la possibilité qu’ils lancent une contre-attaque qui les mènera aux portes de la capitale congolaise. En dépit de l’indignation autour de l’usage de mercenaires, et dans la mesure que l’ANC se montrait aussi inefficace contre les attaques, le Directeur de la CIA, John McClone, ne voyait pas d’autres solutions que de continuer à utiliser des soldats de fortune.

Un objectif majeur dans la lutte contre les rebelles consiste à limiter la circulation d’armes qui arrive dans le port tanzanien de Dar-Es-Salaam et qui sont acheminées vers les positions rebelles. Traversant le Lac Tanganyika, des bateaux affrètent non seulement des armes mais aussi des vives nécessaires pour nourrir les forces rebelles quasiment coupées du reste du Congo. A cette époque, comme cela a été avec une forceaérienne, le Congo est totalement dépourvu d’une marine. De ce fait, durant les premiers mois de 1965, la CIA tente d’établir une force navale qui opérait sur le lac afin d’empêcher l’acheminement des provisions depuis la Tanzanie. Se dotant de deux vieuxbateaux de pêche congolais et recrutant un équipage composé de membres de 5 Commando, les deux vaisseaux seront ensuite armés de mitrailleuses et de canons.

La Force navale congolaise (FNC) sera ensuite renforcée par l’arrivé de six bateaux de patrouille fournis par les Etats-Unis. Le rôle des deux anciens bateaux de pêche est de transporter les mercenaires le long de la cote du lac afin de monter des attaques sur les positions rebelles et portés vers Baraka en avril 1965 les mercenaires de Mike Hoare ont pu avancer vers l’intérieur du Congo. Vers la fin de mai 1965, ces mercenaires ont pris la ville de Watsa et de Dungu et ils ont capturé une mine d’or situé à Durba dans le nord-est. La vente d’or de cette mine servait aux rebelles pour acheter encore plusd’armes. Avant août 1965, Hoare a quasiment atteint tous ses objectifs militaires : aidé encore par les avions pilotés par des exilés cubains du Makasi, dans une opération nommée “Banzi”, Hoare arrive à nettoyer la zone située jusqu’au nord de Katanga. Sice nettoyage continu sans beaucoup d’accrocs, il a remarqué que certains soldats des ennemies semblent mieux entrainés qu’auparavant. Il en déduit que ces soldats reçoivent un entrainement donné par une armée beaucoup professionnel. Ses soupçons seront confirmés après une attaque rebelle sur le fort militaire de Bendera dans le Sud-Kivu.

L’un des mort du coté des rebelles porte un passeport cubain et à l’intérieur de celui-ci des traces que ce rebelle est passé par la Tchécoslovaquie et par le Pékin. En fait, cette présence cubaine a été détectée par un bateau espion américain qui sillonne la côte de l’Océan Indien depuis quelques temps. Chaque jour, à la même heure, l’opérateur de radio d’une force cubaine transmet des messages vers la Havane afin d’informer Fidel Castro des développements militaires et de demander plus d’armes ou de vives en cas de besoin. Depuis quelques années le Cuba de Fidel Castro fournit des armes aux mouvements révolutionnaires en Afrique. A partir de décembre 1961, l’Algérie en bénéficie de ces armes et celles-ci seront utilisées dans les luttes contre les forces françaises pendant la guerre d’Algérie ou elles seront acheminées vers la Tanzanie en 1965.

L’un des plus grands supporteurs des mouvements radicaux en Afrique c’est Che Guevara. Il critique de façon très virulent les opérations de sauvetage à Stanleyville et dans un discours prononcé à Santiago de Cuba fin novembre 1964 où il dénonce ce qu’il voit comme la “bestialité de l’impérialisme”. Un discours pareil est donné auxreprésentants qui assistent à un forum des Nations unies en décembre 1964 où Guevara parle de la lutte de différentes nations africaines et les peuples du pays tels que l’Afrique du Sud ou la Rhodésie. Il rêve de former une alliance avec ces peuples et pense que dans le Congo peut être le centre et le point de départ d’une révolution à l’échelle mondiale. En janvier 1965, Guevara part sur un trajet qui le voit visiter un nombre de pays africains. En février, il rencontre un nombre de chef d’Etats qui ont adopté le socialisme radical comme modèle politique et, le même mois, il expose devant la Conférence Afro-asiatique à Alger un projet qui consiste à aider tous pays qui lutte contre “l’ennemi impérialiste”. Lors de sa tournée en Afrique Guevara a pu rencontrer Laurent Kabila à Dar Es Salam.

Impressionné par ce dit jeune révolutionnaire, Guevara lui promet d’envoyer une trentaine d’hommes dont le rôle serait de former ses forces. C’est vers la fin de janvier 1965 que des hommes de l’Armée Révolutionnaire Cubaine (ARC) seront sélectionnés et informés qu’ils vont bientôt partir vers l’Angola (pour se battre contre les Portugais) ou vers le Congo. A la fin du mois de mars 1965, Guevara lui se prête à partir, lui aussi, vers le Congo et, dans l’intérêt de rester caché des yeux de la CIA, il se déguise en hommes d’affaires. Guevara arrive en Tanzanie le 19 avril 1965. Kabila n’est pas au pays mais doit être de retour d’ici peu. L’une des fondations sur lesquelles Guevara espère monter sa révolution en Afrique réside en ses recrues se portant comme des professionnels. Cependant, il n’est pas longtemps avant que Guevara découvre que ses troupes s’intéressent plus à boire de la bière ou de voler les maigres vives des paysans ils sont censés représenter. Il découvre également qu’il y a un manque d’unité parmi des recrues venus du Rwanda et les Congolais. Cela rendait la tache de former une armée ayant un objectif commun plus difficile ; son commandant en second Victor Dreke estimant même qu’il était impossible de réunifier des Africains de nations différentes tellement il y avait de l’animosité entre eux.Alors que les attaques des rebelles et les Cubains n’étaient pas d’une grande efficacité, le Département d’Etat américain s’inquiéter toujours car les armes à l’intention des rebelles continuaient à être transportées à travers le Lac Tanganyika.

Fin août, alors, la CIA décide de renforcer sa présence sur le lac en recrutant un équipage plus expérimenté en matière de la guerre navale. En effet, les membres de 5 Commando recrutés à cet effet quelques mois plus tôt manquent sérieusement d’expérience dans ce domaine.Tout en gardant les mêmes vaisseaux navals, la CIA se tourne de nouveau vers la communauté d’exilés cubains àMiami. Depuis l’invasion à la Baie des Cochons, cette communauté continue à lancer des attaques contre le Cuba et une force de choc s’entraine au Nicaragua pour une éventuelle invasion du pays de Castro. Cette force possède deux bateaux appelés des Swift boats. Rapides et solides, ils sont parfaitement adaptés aux besoins de la CIA et la décision est prise de les faire naviguer à la Louisiane où ils seront découpés en morceaux puis acheminés vers le Congo à bord des avions de transport américains.

L’équipage choisi pour cette mission est composé lui aussi d’exilés cubains. La majorité est composée de vétérans de l’invasion ratée d’avril 1961 et au moins deux d’entre eux avaient été emprisonnés suite à leur capture par les forces de Castro. Se portant volontaires pour la mission, les membres d’équipage savent très bien que Guevara se trouve au Congo. Ils n’attendent que l’occasion de prendre une revanche et sont des anti-communistes fervents. La mission de ces marins ne durera que l’espace de quelques semaines. Empêchant très efficacement le transport des armes vers le Congo et capturant une large quantité de ces armes et de renforts en hommes, ils arrivent à convaincre Guevara que jamais sa révolution au cœur de l’Afrique verra le jour. Guevara quitte le Congo début novembre ; se réfugie en Bolivie ; et trouve la mort quand il est fusillé en 1967 sous les ordres de la CIA. Quand un coup d’Etat permet à Joseph Mobutu de prendre la tête du pays en 1965, le Congo semble être sur la voie de la stabilité.

Mobutu est un homme fort ; il a le respect de l’ANC ; et même si depuis des années il est vu comme un ami (agent, NDLR) des Etats-Unis, il a envie de voir le Congo indépendant et a envie que le pays retrouve “une authenticité”. C’est à dire que le pays devient “plus africain”. Pour cette raison, Mobutu promeut ce qu’il appelle le Mobutuism. Cette idéologie qui rend aux Congolais une identité forte n’est pas au gout de tous. Face à l’instabilité économique qui saisi le Congo, en juin 1966 Mobutu édicte la Loi Bakajika. Elle prévoit de retirer tous les droits accordés aux sociétés étrangères en matière de l’exploitation des forêts et des mines. Dans le viseur de cette reforme sont des sociétés telles que l’UMHK. Ce n’est pas que l’instauration de nouvelles lois qui fait que Mobutu se trouve malaimé. Jean Schramme, un mercenaire qui s’est battu aux cotés de Tshombe au Katanga puis aux cotés de Mike Hoare se trouve dans une position où il risque la perte de ses terres dans la province du Kivu. D’autres opposants à Mobutu sont les forces katangaises. S’étant battues contre les forces gouvernementales lors de la sécession de la province de Katanga quelques années auparavant, les reformes de l’armée nationales mises en place par Mobutu font que maintenant ces Katangais doivent perdre une partie de l’identité en étant intégrés dans l’ANC. Avec la complicité de mercenaires français, y compris Bob Denard ; de mercenaires belges ; et de 2 000 hommes de l’armée katangaise, en juin 1967 ces forces attaquent celles de l’ANC dans un épisode de la crise congolaise appelé “la Révolte des mercenaires”. Concentrée dans le nord-ouest du Congo et autour de Stanleyville, la révolte ne durera que l’espace de quelques semaines. L’ANC assisté par le Makasi arrive à supprimer cette nouvelle menace.

L’usage de mercenaires dans les conflits armés est un sujet qui est bien contesté car depuis longtemps ce type de combattant est vu comme un intrus qui n’a pas sa place sur les champs de bataille. Il ne s’intéresse qu’à l’argent ; ne respecte pas les “règles” deguerre ; et, il peut commettre des atrocités. Pour éviter ce genre de jugement le terme “acteur armé non-étatique” est utilisé dans cette thèse. Comme les éléments du terme indiquent, le terme fait référence à toute personne qui a porté des armes au Congo et qui ne représente pas l’autorité de l’Etat. Ce terme fait référence, alors, aux mercenaires qui se trouvaient au Katanga de 1960 à 1963 ; aux différents groupes de rebelles, y compris celui mené par Che Guevara ; les parachutistes belge déployés dans la libération de Stanleyville ; et, surtout, les exilés cubains qui ont constitués la FAC, la FNC, et un groupe de commandos aussi présent à Stanleyville.

Comme j’indique ci-dessus, ce terme est employé dans le but de porter et de garder une objectivité quant à la question des mercenaires dans les conflits armés. La méthodologie choisie est celle de la description des événements ; de les présenter en évitant tout commentaire personnel ; et de présenter les événements en se servant d’un grand nombre de documents de source primaire. Le lecteur peut alors procéder à la formulation de ses propres conclusions sans l’intervention de l’auteur de cette thèse. Pour présenter l’argument qu’il ne faut pas automatiquement voir les mercenaires d’un mauvais œil, le contexte choisi est celui de la crise congolaise de 1960 à 1967.

La thèse est divisée et deux parties et en six chapitres dans lesquelles des aspects tels que la décolonisation, le néocolonialisme, la Guerre froide et la guerre clandestine, sont examinés. Alors que cette thèse observe la composition et les activités de différents groupes d’acteurs armés non-étatiques, ce sont les exilés cubains qui reçoivent une attention particulière. La raison pour laquelle cette thèse focalise sur ce groupe en particulier est que, comme Che Guevara, il s’est battu au Congo non pas pour l’argent mais pour une idéologie. Nous nous éloignons, donc, du concept populaire. Dans l’optique de présenter les mercenaires d’un autre point de vue, en se servant du contexte de la crise congolaise, cette thèse peut aussi se pencher sur la question de l’efficacité militaire.  En effet, en montrant que l’ANC n’était pas en mesure d’assurer son rôle est d’apporter une stabilité nous avons vu que le seul recours est l’utilisation d’une force étrangère composée de soldats qui, pour la grande majorité entre eux, avaient reçu un entrainement militaire dans des armées beaucoup plus professionnelles.

Cette démonstration se sert de base pour la question que nous posons dans la conclusion : dans le cas où l’armée d’un État n’est pas apte à assurer la sécurité de ses frontières où n’est pas en mesure d’assurer la sécurité intérieure d’un pays, peut-on imaginer que cet État embauche une Société militaire privée (SMP) ? Un nombre d’États africains sont actuellement menacés par les activités militaires de groupes radicaux tels que le Boko Haram, l’Al Shabaab, ou l’Al-Qaïda au Maghreb. Ces groupes terrorisent des pays comme le Mali, le Cameroun, le Niger et le Nigéria et face aux attaques menées par ces groupes et face à l’incapacité de ses troupes de les opposer, le Président Ali Bongo Ondimba du Gabon a lancé un appel aux nations de l’ouest demandant qu’elles interviennent.

Par conséquent, tout comme dans la Syrie ou dans le Kurdistan, des forces spéciales américaines, britanniques ou françaises ont été déployées dans certaines zones menacées de terrorisme afin d’apporter une assistance aux armées locales.  Ces mesures sont bien coûteuses aux nations qui fournissent ces forces spéciales et la question est de savoir si les nations de l’ouest peuvent continuer à fournir ce genre d’aide sur le long terme. Une autre solution serait de déployer les forces des Nations unies, mais, comme les armées africaines, ce type de force est souvent vu par les populations locales comme une force d’invasion. Dans la République centrafricaine on a constaté de nombreux cas de viols sur la population commis par les forces de l’ONU.

Plutôt que de voir un conflit se prolonger sans la possibilité d’une résolution, ne serait -il pas envisageable d’utiliser une SMP comme Executive Outcomes ? Une SMP sud-africaine, elle a résolu un conflit au Sierra Léone en neuf jours. Le conflit sierra léonaise a duré des années avant l’arrivé de ce SMP et il a repris après son départ …

Texte intégral : De la baie des cochons au Lac Tanganyika – les acteurs armés non étatiques dans la crise du Congo, 1960-1967.

Citation : Stephen Rookes. From the Bay of Pigs to Lake Tanganyika : non-state armed actors in the Congo crisis, 1960-1967. History. Université Toulouse le Mirail – Toulouse II, 2018. English. ⟨NNT : 2018TOU20021⟩. ⟨tel-02969905⟩

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