Grève dans les hôpitaux publics : le Ministre de la santé promet d’accompagner les syndicalistes

En RDC, la grogne sociale dans le secteur médical s’accentue. Les médecins membres des trois principaux syndicats du secteur public ont décidé de radicaliser la grève. Ils ne sont pas satisfaits des réponses du gouvernement par rapport à leurs revendications. Ils réclament la régularisation de la situation administrative d’environ 5 000 de leurs collègues, en plus d’une augmentation des salaires pour d’autres. Le Ministre de la Santé Jean-Jacques Mbungani promet d’accompagner les syndicalistes pour une solution rapide au niveau du gouvernement.


«J’ai lu et j’ai entendu les différents rapports, concernant vos revendications. Nous allons ensemble dégager les pistes de solution. La recherche de toute solution commence par le dialogue. J’avais voulu vous écouter personnellement et partager avec vous ma vision afin de résoudre vos différentes revendications. Oui ! Vos revendications sont de haute facture et d’intérêt commun». C’est en ces termes que s’est exprimé le Dr MBUNGANI Jean –Jacques, Ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, devant la délégation du Syndicat National des Professionnels de la Santé (SYNAPS), au cours d’une séance de travail, le 9 juin 2021, en son cabinet de travail. Il était question pour le Ministre de la Santé de s’enquérir des informations et comprendre les motivations réelles du mouvement de grève qui vient d’être déclenché dans les différents hôpitaux publics à Kinshasa.

En effet, Dr. MBUNGANI a rassuré à la délégation syndicale que toutes leurs revendications sont prises en compte et seront soumises au Chef du gouvernement qui va convoquer incessamment une réunion avec les ministères en charge des finances et du Budget. Et ce, en attendant, que cette question soit profondément débattue au prochain Conseil des ministres. «Avec la 3ème vague de Covid-19 qui secoue le pays et surtout la situation humanitaire à Goma, nous pensons que le moment n’est pas favorable pour abandonner seuls nos populations, nos frères et sœurs, nos enfants malades sur les lits des hôpitaux. Il est de notre devoir de répondre urgemment à vos droits », a souligné le ministre. Parmi les revendications, renseigne-t-on, les syndicalistes réclament, entre autres, l’alignement de non primés et la réduction d’écart par rapport à leur rémunération ainsi que les primes des professionnels de santé (médecins, infirmiers et personnels paramédicaux…).

« (…) Nous sommes contents du message du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention. Concrètement, on a compris que la solution directe à nos préoccupations implique et dépend surtout du Ministère des Finances. Parce qu’il s’agit d’une question financière. Donc, c’est de la compétence des ministres des Finances et du Budget», a déclaré Jean –Fidèle BOYOO, Président national du SYNAPS. Et d’ajouter : «Nous n’attendons que notre Ministre de tutelle présente nos problèmes au gouvernement et, en même temps, nous l’accompagnera dans l’organisation d’un cadre de concertation. Mais, nous n’allons pas encore demander à la base de désactiver la grève jusqu’à ce qu’on verra le bout du tunnel».

Pour le SYNAPS, l’effet de maintenir la grève constitue aussi une manière d’accompagner le ministre de la Sante publique, Hygiène et Prévention pour réussir sa mission. «Nous sommes d’accord avec l’excellence Dr. MBUNGANI qui a été chargé de défendre notre cause devant le gouvernement de la République», a renchéri le Président du SYNAPS.
Il faut rappeler que cette problématique des listes de personnels de santé non alignés a été posée depuis l’année dernière, à l’époque du gouvernement ILUNKAMBA. Son exécution a connu un retard suite à la situation de Covid-19, a expliqué le SYNAPS, en confirmant que les listes sont déjà au niveau de la direction de la paie depuis 2020. «Nous croyons aux tractations pour que le problème soit vite résolu, cette fois-ci. Nous sommes très satisfaits par rapport à l’assurance du ministre de la Santé qui a décidé de nous accompagner jusqu’à ce que le gouvernement prenne une décision politique», a conclu Jean-Fidèle, Chef de la Délégation syndicale.

Aller plus loin :

Le Sud global face aux « Lumières sombres »

Comment l'Afrique subsaharienne doit-elle comprendre et affronter la montée de l'idéologie techno-impériale, idéologie qui combine techno-autoritarisme, transhumanisme, darwinisme social, eugénisme latent, militarisation de l'intelligence artificielle et néomalthusianisme recyclé, tout...

Palantir et la République technologique

Palantir occupe aujourd'hui une place singulière dans l'économie politique du capitalisme numérique. L'entreprise n'est pas seulement un fournisseur de logiciels d'analyse de données pour les entreprises, les administrations, les...

La résilience paradoxale du capitalisme

Depuis la crise financière mondiale de 2008, le capitalisme global traverse une séquence d'instabilité permanente : crises financières, stagnation relative, explosion des dettes, montée des inégalités, précarisation du travail,...

Technofordisme et technototalitarisme,  reconstruction hégémonique du capital après l’épuisement du néolibéralisme

Le technofordisme et le technototalitarisme constituent la tentative contemporaine de reconstruction hégémonique du capital après l’épuisement historique du paradigme néolibéral. Comme le marginalisme face au socialisme du XIXe siècle...

Le retour du nationalisme économique et l’Afrique au carrefour de l’histoire

Entre Washington et Pékin, le monde se fracture : la rivalité technologique et industrielle redessine les cartes du pouvoir. Au centre de cette confrontation,...

Le rôle discutable des méthodes quantitatives en économie

La plupart des économistes s'accordent à dire que, grâce à des méthodes statistiques et mathématiques, il est possible d'organiser les données historiques en un...

Le virus né orphelin : l’origine du SARS-CoV-2 et le silence des institutions

Lors de toute épidémie infectieuse, l'une des premières étapes de la réponse épidémiologique consiste à localiser le cas numéro un (patient zéro), le premier...

Congo, la patrie vampirisée : de Mobutu aux Tshisekedi

Qui, en son âme et conscience, oserait croire que cette effroyable tragédie des carnages à l’Est du pays aurait perduré si la République démocratique...