«Chine, le grand prédateur» : comment le régime chinois a trahi le monde

Bien que sévèrement touchée par la pandémie du Covid-19 apparue dans la ville de Wuhan, la Chine a été la seule grande économie du monde à afficher une croissance insolente en 2020. Bientôt première puissance économique du globe, l’empire du Milieu représente un défi majeur pour les prochaines générations de Terriens, que ce soit en termes de réchauffement climatique, de  transition écologique, d’hyper-développement économique, d’innovation technologique et de bouleversements politiques engendrés par son modèle de développement, unique en son genre. Après la colonisation menée dans le monde par l’Europe au XIXe siècle, suivie de la domination planétaire américaine au XXe siècle, la Chine serait-elle devenue le grand prédateur environnemental, politique et économique du XXIe siècle ? Dans « Chine, le grand prédateur : Un défi pour la planète », paru le 19 août 2021, Pierre-Antoine Donnet donne quelques éléments de réponse.


Dès l’introduction de son livre « Chine, le grand prédateur : Un défi pour la planète », Pierre-Antoine Donnet donne le ton : « Je pensais qu’en fin de compte, je n’avais d’autre choix que d’ajouter ma voix aux voix déjà nombreuses qui témoignent aujourd’hui d’une Chine devenue, à bien des égards, terrifiante », dit-il. Malgré son amour et sa passion pour la Chine, qu’il observe depuis plus de trois décennies, cet ancien correspondant à Pékin de l’Agence France-Presse n’a pas écrit d’ode à la «Chine éternelle», sa civilisation unique et sa culture millénaire… Il aurait sûrement préféré, mais, pour lui, « La situation actuelle dans ce pays est une larme incandescente ».

Dans ce livre, ce journaliste professionnel ne règle aucun compte avec la Chine. «Les faits, rien que les faits», insiste-t-il. Et au fil des centaines de pages d’une enquête approfondie et très détaillée, nourrie de dizaines de témoignages des plus grands spécialistes, journalistes, universitaires, diplomates… Pierre-Antoine Donnet dresse un bilan déchirant du régime chinois actuel qui représente un défi pour le monde et qui menace les valeurs les plus fondamentales sur lesquelles reposent les démocraties libérales occidentales. Le résultat, chirurgical, est impitoyable : la Chine piétine les droits de l’homme, opprime sa population contrôlée par 2.0, envoie plus d’un million de Ouïghours dans des camps, écrase les Hongkongais, sans parler des Tibétains pionniers de la stratégie de terre brûlée de la Chine. Bien au-delà de ses frontières, poursuit Pierre-Antoine Donnet, la «Chine secoue la planète Terre» en polluant l’atmosphère, les terres et les fleuves, chez elle et sur d’autres continents, pour son propre bénéfice.

Deuxième puissance mondiale, la Chine a méthodiquement volé et volé pendant des décennies les technologies de pointe des puissances occidentales, mi-naïves et mi-complices. Enfin, pour ne pas oublier pourquoi la planète entière est aujourd’hui victime d’une pandémie due au coronavirus, il est clairement rappelé que c’est le système politique chinois qui en est responsable. Un système basé sur la censure, le mensonge et la manipulation.

Page après page, le désarroi s’empare de vous. Comment en sommes-nous arrivés là? Comment la Chine a-t-elle réussi à réaliser sous nos yeux le plus grand hold-up de l’histoire contemporaine, sans que personne, ou très peu, n’alerte le monde du danger? Ce livre fondamental nous offre des réponses éclairantes et nous fait aussi comprendre que rien n’est perdu. Malgré un ton dramatique général, Pierre-Antoine Donnet estime toujours que «rien n’est perdu». Certes, la Chine a trompé tout le monde et trahi ses engagements initiaux envers la planète, mais l’auteur est convaincu qu’elle devra un jour rendre des comptes. «En fin de compte», écrit-il dans une magnifique conclusion, «La vérité triomphera du mensonge, et la lumière des ténèbres». Un livre de conviction profonde. Indispensable.

Aller plus loin :

Palantir et la République technologique

Palantir occupe aujourd'hui une place singulière dans l'économie politique du capitalisme numérique. L'entreprise n'est pas seulement un fournisseur de logiciels d'analyse de données pour les entreprises, les administrations, les...

La résilience paradoxale du capitalisme

Depuis la crise financière mondiale de 2008, le capitalisme global traverse une séquence d'instabilité permanente : crises financières, stagnation relative, explosion des dettes, montée des inégalités, précarisation du travail,...

Technofordisme et technototalitarisme,  reconstruction hégémonique du capital après l’épuisement du néolibéralisme

Le technofordisme et le technototalitarisme constituent la tentative contemporaine de reconstruction hégémonique du capital après l’épuisement historique du paradigme néolibéral. Comme le marginalisme face au socialisme du XIXe siècle...

« Impérialisme et classes sociales » de Joseph Schumpeter

Joseph Schumpeter, contemporain et parfois rival de Ludwig von Mises, est d’accord avec lui sur le fait que le capitalisme mène à la paix et non à l’expansion territoriale....

L’Afrique et la nouvelle guerre froide: le développement de l’Afrique dépend de la propriété régionale de sa sécurité

Article de Hippolyte Fofack. Source: The Brookings Institution.   Les conséquences dévastatrices de la crise de l'Ukraine continuent de mettre en évidence la nécessité de livrer...

Pourquoi le yuan chinois ne tuera pas le dollar américain

Seul le gouvernement des États-Unis, avec l'aide de la Réserve fédérale, peut détrôner le dollar. Comment? En gonflant le déficit et la dette à des niveaux incontrôlables et les monétariser.

L’inhumanité du programme écologiste : le régime de la «durabilité» appauvrit le monde !

Source : Joel Kotkin, The inhumanity of the green agenda - The 'sustainability' regime is impoverishing the world, Spiked, 24th April 2023 | Traduction...

Le Congo (RDC) entre guerre et pillage

Si les forces qui dominent le monde continuent à être complices, actives ou passives, de l'exploitation illicite de ses ressources du Congo, tout est à craindre pour son avenir. Car aucune paix n'est possible sans l'arrêt des pillages.