Qu’est-ce que l’intégration régionale ?

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L’intégration régionale est le processus par lequel deux ou plusieurs États-nations conviennent de coopérer et de travailler en étroite collaboration pour parvenir à la paix, à la stabilité et à la richesse. Habituellement, l’intégration implique un ou plusieurs accords écrits décrivant en détail les domaines de coopération, ainsi que des organes de coordination représentant les pays concernés. Cette coopération commence généralement par l’intégration économique et, à mesure qu’elle se poursuit, en vient à inclure l’intégration politique. La théorie de l’intégration régionale cherche à expliquer la création et le développement des organisations internationales régionales. Les questions clés sont pourquoi et sous quelles conditions les États décident de transférer l’autorité politique aux organisations régionales ; comment les organisations régionales élargissent leurs tâches, leurs compétences et leurs membres ; et quel impact ils ont sur les États et les sociétés de leurs régions.

Les processus d’intégration économique régionale (IER) se différencient par leurs degrés d’institutionnalisation, par leurs rythmes, par leur approfondissement et/ou par leur élargissement. Ils vont des coopérations sectorielles jusqu’aux unions politiques avec transferts de compétences et de souveraineté. Le régionalisme de jure est porté par des institutions et par des arrangements commerciaux. La régionalisation de facto résulte de pratiques d’acteurs constituant des réseaux commerciaux, financiers, culturels, technologiques sur des territoires régionaux (Baldwin & Venables, 1995 ; Baldwin et al., 1997 ; Hugon, 1999 et 2003).

Alors que la théorie de l’intégration régionale a commencé dans les années 1950 et 1960 avec une large portée comparative régionale et organisationnelle, elle s’est depuis concentrée sur l’intégration européenne et l’Union européenne. Les débats clés de la théorie de l’intégration régionale ont eu lieu entre les variantes de la théorie de l’intégration intergouvernementaliste et néofonctionnaliste. L’intergouvernementalisme suppose que les gouvernements nationaux sont les acteurs clés de l’intégration régionale. Les gouvernements utilisent l’intégration régionale pour maximiser leur sécurité nationale et leurs intérêts économiques dans le contexte de l’interdépendance régionale. Les résultats de l’intégration résultent de la négociation intergouvernementale et reflètent les préférences régionales et les constellations de pouvoir. Les gouvernements délèguent le pouvoir aux organisations régionales de garantir les résultats de leurs négociations, mais gardent le contrôle des organisations régionales et du processus d’intégration. En revanche, le néofonctionnalisme conteste que les gouvernements soient capables de contrôler le processus d’intégration.

Les sociétés transnationales et les groupes d’intérêt ainsi que les acteurs supranationaux sont habilités par le processus d’intégration et le façonnent dans leur propre intérêt. De plus, l’intégration crée une variété de «retombées» et de dépendances de chemin qui poussent l’intégration au-delà du marché intergouvernemental. Plus récemment, le postfonctionnalisme a enrichi et remis en question le débat théorique sur l’intégration régionale. Contrairement au néofonctionnalisme, le postfonctionnalisme suppose un mécanisme d’intégration par contrecoup. Au fur et à mesure que l’intégration régionale progresse et sape la souveraineté nationale et la communauté, elle crée des perdants économiques et culturels qui sont mobilisés par les parties sceptiques de l’intégration. La politisation de masse populiste et identitaire limite l’intégration régionale et peut même provoquer une désintégration.

Mots clés

L’intégration économique est le processus par lequel différents pays acceptent de supprimer les barrières commerciales entre eux. Les barrières commerciales peuvent être des droits de douane (taxes imposées sur les importations dans un pays), des quotas (une limite à la quantité d’un produit pouvant être importée) et des restrictions aux frontières. Par exemple, le Canada, le Mexique et les États-Unis ont conclu l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui réduit les barrières commerciales entre les trois pays. Sur l’échelle d’intégration de l’ALENA, se situerait à environ 2, puisque le Canada, les États-Unis et le Mexique sont toujours libres d’établir leurs propres barrières commerciales sur les marchandises en provenance d’autres pays.

Le marché unique est le point médian de l’échelle d’intégration entre l’intégration politique et économique. C’est le moment où les économies des États coopérants deviennent si intégrées que toutes les barrières aux mouvements de la main-d’œuvre, des biens et des capitaux sont supprimées. À ce stade, les États en voie d’intégration établissent un tarif extérieur commun sur les marchandises en provenance d’autres pays – c’est ce qu’on appelle une union douanière. Une étape supplémentaire dans le processus d’intégration économique pourrait être l’adoption d’une monnaie commune, avec une politique monétaire réglementée par une banque centrale unique.

Intégration politique : Alors que les économies des pays coopérants s’intègrent complètement dans un marché unique, il apparaît nécessaire de disposer de politiques sociales communes (éducation, soins de santé, allocations chômage et pensions) et d’institutions politiques communes. C’est l’intégration politique et son point culminant se produit lorsque les pays coopérants sont tellement intégrés qu’ils partagent les mêmes politiques étrangères et fusionnent leurs armées. En effet, ils forment un nouveau pays.

Les théories de l’intégration régionale ont suivi de près et se sont adaptées au développement de l’intégration européenne. Ils couvrent la mise en place et l’évolution des politiques et institutions supranationales.

Sources :

  1. John McCormick. The European Union: Politics and Policies. Westview Press : Boulder Colorado, 1999.
  2. Hugon, Philippe. L’intégration régionale et les trappes à vulnérabilité. Revue Tiers Monde, vol. 222, no. 2, 2015, pp. 123-140.
  3. Grimwade N. (2013). Theory of Economic Integration: A Review. In: Palgrave Macmillan (eds) The New Palgrave Dictionary of Economics. Palgrave Macmillan, London.
  4. Frank Schimmelfennig. Regional Integration Theory. Oxford University Press, 26 February 2018

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