Le Président Félix Tshisekedi a lancé la conférence sur le projet “Grand Inga”

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Le Chef de l’État, S.E.M Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a procédé, lundi 22 juin 2020 par vidéoconférence, à l’ouverture de la conférence panafricaine sur le projet Grand Inga et l’hydroélectricité en RDC. Ont pris part à ces travaux M. Raila Odinga, Haut représentant de l’Union africaine pour le développement des infrastructures en Afrique, des représentants des partenaires de la RDC et des experts. Le Chef de l’État a déclaré que le projet Grand Inga est porteur de nombreux enjeux et d’opportunités pour la RDC mais aussi pour l’Afrique et le monde. Pour le chef de l’État, la tenue de cette conférence s’inscrit dans le cadre de la coopération régionale pour accélérer l’accès à une énergie durable, propre, abordable et fiable qui est le passeport de la transformation économique et l’un des piliers des services de l’éducation et de la santé.

Projet de l’emphythéose Moanda, Barrage d’Inga, situation future. Ph © Sémhur/Wikimedia Commons.

Inga, Atout majeur pour le développement d’intégration régionale

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La RDC abrite le plus grand potentiel hydroélectrique en Afrique avec plus de 110 GW et la plus grande concentration d’hydroélectricité au monde sur un site, derrière la Chine et la Russie aux chutes d’Inga avec au moins 44 GW. Le pays possède aussi plus de 60 GW de potentiel hydroélectrique réparti sur environ 800 sites. Cette réunion avait pour objectifs principaux de présenter les opportunités actuelles et futures du projet Grand Inga et d’autres activités d’investissements dans le secteur de l’énergie électrique en RDC; d’encourager des appels à manifestation d’intérêts de la part des participants pour l’achat de l’énergie à produire au cours des phases subséquentes du projet Grand Inga; d’encourager un dialogue approfondi et une collaboration d’investissements entre les entrepreneurs publics et privés et les plus hautes instances politiques et économiques, aussi bien au niveau de la RDC localement qu’au niveau continental et recommander un cadre de base pour guider la RDC dans la préparation d’une conférence des chefs d’État africains.

Le Haut représentant de l’Union africaine pour le développement des Infrastructures en Afrique, Raila Odinga a mis en exergue l’importance du barrage hydroélectrique d’Inga pour l’Afrique, qui présente une opportunité énorme pour le continent. Il a ainsi émis le vœu de voir le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo annoncer, à l’occasion des 60 ans d’indépendance de la RDC, la mise en œuvre du projet Grand Inga. Dans sa modération au cours de ce télétravail, le conseiller spécial du Chef de l’État en matière d’infrastructures, M. Alexandre Kayembe a fait intervenir M. Wang Yu de la société China three George international, qui a remercié le chef de l’État pour la confiance qu’il accorde à la coopération chinoise, avant de parler des potentialités du consortium chinois qui s’attèle aujourd’hui à la phase de la construction de l’usine hydroélectrique du Grand Inga.

Les principaux enjeux

S’il est rationnellement et progressivement mis en œuvre, le site d’Inga devrait pouvoir produire en grandes quantité une énergie propre renouvelable et la moins chère au monde, l’impact qu’il aura finalement au niveau de la RDC et du reste de l’Afrique va dépendre fortement des options stratégiques et des politiques tarifaires qui seront pratiquées au niveau local, sous-régional, continental et sectoriel. Ce sont ces stratégies tarifaires qui vont déterminer où vont en final se localiser les avantages comparatifs décisifs de pouvoir disposer d’une énergie propre, abondante, renouvelable et à très bon marché (le coût ex-usine du Kw est estimé en $ à 0,03cent). Un arbitrage neutre sur base d’études stratégiques comparatives entre les intérêts à moyen et à long terme du Congo et ceux de ses partenaires extérieurs potentiels serait sans doute souhaitable.

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Si l’atout d’Inga est énorme, il a en effet l’inconvénient d’être très convoité au niveau international tant au niveau des pays fournisseurs d’équipements et services qu’au niveau des clients potentiels; ce qui a mis plusieurs fois le Congo en situation chronique de vulnérabilité et amené de multiples changements dans les approches retenues. Pendant longtemps, les choix ont été peu transparents et rendus difficiles, faute d’études actualisées sur les avantages et inconvénients des divers scénarios de développement possibles au niveau du Continent, notamment dans la perspective du réchauffement climatique et de l’impact sur les scenarii d’intégration régionale au niveau continental. Manquent encore ou sont à réactualiser des études stratégiques cohérentes sur :

  1. Les politiques tarifaires à mener aux niveaux sectoriel et régional, pour maximiser l’impact d’Inga en matière de développement au niveau Congolais, de l’Afrique centrale, australe et de l’ouest;
  2. Les conditions des interconnexions des différents réseaux africains et les rôles et avantages comparatifs créés par les autres grands projets hydro électriques envisagés sur le continent ;
  3. Les moyens d’assurer la mobilisation des financements requis et une répartition équitable des risques au niveau international.

A titre indicatif le coût des investissements requis pour la réalisation du grand Inga a été évalué dans un premier temps aux alentours de 12Md de $ pour la première des 7 nouvelles étapes prévues, à savoir Inga 3BC, et pour les interconnexions associées d’une capacité 
de 4.800 MW. Pour une grande part, le coût final va dépendre des lignes de transmissions qui vont s’avérer nécessaires en fonction des options stratégiques et géographiques qui seront finalement retenues.

Parmi les partenaires africains les plus intéressés par le développement d’Inga figurent les pays rassemblés dans le Pool Energétique de l’Afrique Centrale, le Nigéria, l’Egypte et surtout l’Afrique du Sud. Cette dernière, fortement dépendante du charbon, énergie polluante, lorgne depuis une quinzaine d’année l’énorme potentiel d’énergie propre et renouvelable d’Inga. Elle a notamment été durant la première décennie du XXIe siècle le fer de lance du projet du projet WESTCOR avec la création d’une société internationale « offshore » dominée par les pays consommateurs d’Afrique australe où le Congo était très minoritaire. Les conditions de réalisation peu réalistes d’Inga 3 prévues dans ce cadre et l’abandon par la société BHP Billiton de son important projet de fonderie d’aluminium à Moanda amenèrent la dissolution du Consortium en question.

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Rappelons que le barrage Grand Inga est un projet hydroélectrique sur le fleuve Congo. Il serait établi à proximité du site des chutes d’Inga dans la province du Bas-Congo, à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Matadi. Deux barrages, Inga I et Inga II existent déjà sur le site. Il existe un autre projet pour un troisième barrage, dénommé projet Inga III, qui profiterait du site des barrages Inga I et Inga II. Le projet Grand Inga est d’une autre nature, puisque nécessitant d’importants travaux et investissements complémentaires à Inga I, II, et III.

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