La résilience paradoxale du capitalisme

Cet article interroge une énigme centrale de l’économie politique contemporaine: pourquoi la polycrise ne détruit-elle pas le capitalisme, et comment celui-ci convertit-il ses contradictions en mécanismes renouvelés de reproduction? Loin de s’effondrer mécaniquement sous le poids de ses crises financières, sociales, écologiques, technologiques, géopolitiques et démocratiques, le capitalisme contemporain semble manifester une capacité remarquable d’absorption, de déplacement et de reconfiguration. Cette résilience ne signifie pas que ses contradictions seraient résolues. Elle indique plutôt que le capitalisme possède une capacité historique à transformer ses propres crises en occasions de restructuration, de concentration, d’innovation institutionnelle, de financiarisation, de marchandisation et de gouvernement renforcé. La crise devient ainsi moins un extérieur du capital qu’un moment interne de son développement. Après avoir montré les limites des théories de l’effondrement automatique, l’article analyse les grands opérateurs de conversion des crises en reproduction: financiarisation, intervention étatique, endettement, capitalisme de catastrophe, capitalisme vert, économie de plateforme, technofordisme et technototalitarisme. Il soutient finalement que la résilience du capitalisme est une résilience entropique: elle maintient localement l’ordre du capital, mais au prix d’un désordre croissant pour les sociétés, les écosystèmes et les souverainetés collectives.

Depuis la crise financière mondiale de 2008, le capitalisme global traverse une séquence d’instabilité permanente : crises financières, stagnation relative, explosion des dettes, montée des inégalités, précarisation du travail, crise écologique, tensions géopolitiques, recomposition des chaînes de valeur, fragilisation démocratique, numérisation accélérée du pouvoir économique et montée des dispositifs de surveillance. Pourtant, le capitalisme ne s’est pas effondré. Au contraire, il semble avoir transformé plusieurs de ces crises en occasions de restructuration. La crise financière de 2008 n’a pas aboli la finance globalisée. Elle a renforcé le rôle des banques centrales, accéléré la concentration financière et consolidé la centralité des marchés d’actifs. La crise écologique n’a pas encore produit une rupture avec l’accumulation, mais une prolifération de marchés carbone, de finance verte, de technologies propres, de stratégies de compensation et de nouveaux secteurs d’investissement. La crise du travail n’a pas restauré durablement le compromis salarial, mais a favorisé la flexibilisation, l’économie de plateforme et la gestion algorithmique. La crise démocratique n’a pas mécaniquement réhabilité la souveraineté populaire, mais a souvent renforcé les dispositifs sécuritaires, numériques et prédictifs. La conjoncture actuelle confirme ce paradoxe. L’économie mondiale reste travaillée par des chocs multiples: le FMI souligne en 2026 la persistance d’une croissance mondiale inférieure aux moyennes prépandémiques dans un contexte de guerre, de tensions sur les prix des matières premières, d’inflation plus ferme et de conditions financières plus strictes. La Banque mondiale décrit également une économie mondiale résiliente mais fragilisée par les tensions commerciales, l’incertitude et l’affaiblissement de la dynamique d’investissement. Sur le plan écologique, le Programme des Nations unies pour l’environnement indique que les engagements écologiques restent insuffisants pour éviter une forte aggravation des risques liés au réchauffement.  Le paradoxe est donc le suivant: plus les contradictions du capitalisme deviennent visibles, plus le système semble capable de les intégrer comme conditions de sa propre reproduction. La crise n’apparaît plus seulement comme un moment de rupture. Elle devient un milieu de transformation, de sélection, de discipline et d’innovation capitaliste. La thèse défendue ici est que le capitalisme contemporain ne survit pas malgré ses crises, mais largement par sa capacité à les absorber, les déplacer, les administrer et les convertir en dispositifs renouvelés d’accumulation et de gouvernement. Cette thèse ne nie pas la profondeur des contradictions du capital. Elle refuse seulement l’idée selon laquelle ces contradictions conduiraient mécaniquement à l’effondrement du système. Entre contradiction et effondrement s’intercale une vaste zone historique de médiations: institutions, États, banques centrales, innovations techniques, guerres, dettes, idéologies, plateformes, dispositifs de surveillance, politiques industrielles, marchés financiers et transformations culturelles. L’objet de cet article est donc de comprendre cette zone de médiation. Comment la crise devient-elle productive pour le capital? Comment le désordre systémique devient-il occasion de restructuration? Comment la destruction sociale, écologique ou financière peut-elle être reconvertie en opportunité d’investissement, de contrôle ou de concentration? Et pourquoi cette résilience ne doit-elle pas être confondue avec une véritable résolution des contradictions?

La crise n’est pas un accident extérieur au capitalisme

La première erreur serait de considérer la crise comme un accident extérieur au capitalisme. Dans les traditions critiques, de Marx à Minsky, de Schumpeter à Polanyi, la crise apparaît plutôt comme une dimension interne du développement capitaliste. Elle n’est pas une anomalie qui viendrait perturber un système naturellement équilibré. Elle est une forme récurrente de son mouvement. Chez Marx, la crise exprime la contradiction entre le développement des forces productives, la valorisation du capital, l’exploitation du travail, la concurrence et la tendance à la suraccumulation. Le capitalisme est dynamique précisément parce qu’il est contradictoire. Il révolutionne continuellement les moyens de production, étend les marchés, transforme les rapports sociaux, détruit les anciennes formes de vie et produit des déséquilibres qu’il doit ensuite surmonter par de nouvelles phases d’accumulation. Schumpeter, dans une perspective différente, a décrit le capitalisme comme un processus de destruction créatrice. L’innovation ne se contente pas d’ajouter du nouveau à l’ancien. Elle détruit des secteurs, des compétences, des firmes, des territoires et des équilibres sociaux. Le capitalisme se reproduit par mutation permanente. Sa stabilité n’est pas celle d’un ordre immobile, mais celle d’un désordre organisé. Minsky a montré, quant à lui, que la stabilité financière elle-même peut engendrer l’instabilité. Les périodes de calme encouragent l’endettement, la prise de risque, la spéculation et la fragilisation progressive des bilans. La crise ne vient donc pas simplement d’un choc externe. Elle peut être produite de l’intérieur par le fonctionnement normal du système financier. La littérature minskienne insiste précisément sur ce caractère endogène de l’instabilité capitaliste. Polanyi ajoute une dimension institutionnelle décisive et montre que lorsque le marché prétend s’autonomiser de la société, il provoque des destructions sociales qui appellent des contre-mouvements protecteurs. Le capitalisme libéral n’est donc pas seulement instable économiquement. Il est instable socialement, parce qu’il tend à marchandiser des réalités qui ne peuvent être intégralement soumises au marché sans détruire les conditions mêmes de la vie collective. Ces traditions convergent sur un point essentiel que la crise n’est pas un simple dysfonctionnement. Elle est une forme de manifestation des contradictions internes du capitalisme. Mais cette idée doit être complétée. Si la crise est interne au capitalisme, elle peut aussi devenir un instrument de sa transformation. Elle peut détruire des formes anciennes du capital, discipliner le travail, concentrer les actifs, légitimer des réformes, ouvrir de nouveaux marchés, renforcer l’État disciplinaire ou accélérer l’innovation technique. La crise n’est donc pas seulement ce qui menace le capitalisme. Elle est aussi ce par quoi il se recompose.

Les limites de l’hypothèse de l’effondrement automatique

Une partie des traditions critiques a parfois cédé à la tentation de l’effondrement automatique. Puisque le capitalisme est contradictoire, il devrait nécessairement s’autodétruire. Puisqu’il produit des crises, celles-ci devraient finir par le rendre historiquement impossible. Puisqu’il dégrade le travail, la nature et la démocratie, il devrait produire les conditions de sa propre abolition. Cette hypothèse est politiquement séduisante, mais historiquement insuffisante. Les contradictions du capitalisme ne conduisent pas mécaniquement à sa disparition. Elles ouvrent des bifurcations. Elles peuvent produire des révoltes, des réformes, des guerres, des autoritarismes, des compromis sociaux, des régressions, des innovations ou des restructurations. La crise ne contient pas en elle-même son issue. Son issue dépend des rapports de force, des institutions, des organisations collectives, des capacités politiques, des imaginaires disponibles et des formes de souveraineté. Le capitalisme a déjà traversé plusieurs crises majeures sans disparaître. Les crises du XIXe siècle n’ont pas aboli le capitalisme industriel. Elles ont accompagné l’extension du salariat, de l’impérialisme et de la concentration industrielle. La Grande Dépression n’a pas mécaniquement produit le socialisme. Elle a ouvert des voies contradictoires : New Deal, fascismes, économie de guerre, compromis keynésien, régulations nationales. La crise des années 1970 n’a pas aboli le capitalisme fordiste au profit d’une société postcapitaliste. Elle a débouché sur le néolibéralisme, la financiarisation, la mondialisation productive et la défaite historique de nombreuses protections sociales.

La crise financière de 2008 est particulièrement instructive. Elle aurait pu délégitimer durablement le néolibéralisme financier. Elle a effectivement ébranlé son autorité morale. Mais elle n’a pas suffi à détruire ses structures. Philip Mirowski a montré que le néolibéralisme a largement survécu à la crise financière en réorganisant son discours et en évitant que l’échec des marchés soit interprété comme une réfutation radicale de l’ordre existant. La leçon est décisive est alors qu’une crise ne devient révolutionnaire que si elle rencontre une force historique capable de la transformer en rupture. À défaut, elle devient matière première de restructuration pour les forces déjà dominantes. Le capital ne se contente pas de subir les crises. Il les interprète, les exploite, les oriente et les institutionnalise. Il faut donc distinguer trois niveaux. Premièrement, la contradiction objective: le capitalisme produit des tensions réelles dans le travail, la nature, la finance, la démocratie et la souveraineté. Deuxièmement, la crise manifeste: ces tensions deviennent visibles sous forme de krach, chômage, inflation, dette, catastrophe écologique, guerre, pandémie ou instabilité politique. Troisièmement, la résolution historique: la crise débouche soit sur une transformation émancipatrice, soit sur une restauration autoritaire, soit sur une recomposition capitaliste. Rien ne garantit que le troisième niveau suive mécaniquement la direction espérée par la critique sociale. C’est pourquoi l’analyse de la résilience du capitalisme est indispensable.

La crise comme opérateur de sélection, de concentration et de discipline

La crise détruit, mais elle ne détruit pas tout de manière égale. Elle sélectionne. Elle élimine les acteurs fragiles, affaiblit les travailleurs, dévalorise certains actifs, concentre les marchés, justifie des interventions publiques et permet aux acteurs les plus puissants d’acquérir des ressources à moindre coût. Elle fonctionne ainsi comme un opérateur de sélection systémique. Dans une crise financière, les entreprises faibles disparaissent, les ménages surendettés perdent leurs biens, les États fragiles subissent la pression des créanciers, tandis que les grandes institutions financières bénéficient souvent d’un soutien public massif au nom de la stabilité systémique. La crise devient alors un mécanisme de transfert: les pertes sont socialisées, les actifs sont rachetés, les positions dominantes sont renforcées. Dans une crise sociale, la peur du chômage discipline le travail. L’incertitude affaiblit la capacité de négociation salariale. La précarité est présentée comme une adaptation nécessaire. La crise devient un argument pour flexibiliser davantage, réduire les protections, individualiser les risques et intensifier la productivité. Dans une crise géopolitique, la sécurité devient prioritaire. Les États réorientent les budgets, protègent certains secteurs stratégiques, subventionnent des industries, militarisent des technologies, restreignent certaines libertés et renforcent les dispositifs de contrôle. La crise devient occasion de reconfiguration industrielle et sécuritaire. Dans une crise écologique, les catastrophes ouvrent des marchés de reconstruction, d’assurance, d’adaptation, de compensation, de technologies vertes et de financiarisation de la nature. La crise devient un espace d’investissement. C’est ici que la résilience du capitalisme doit être comprise non comme une harmonie retrouvée, mais comme une capacité de conversion. Le capitalisme convertit le désordre en hiérarchie, la destruction en opportunité, l’urgence en réforme, la peur en discipline et l’incertitude en demande de contrôle. Naomi Klein a donné à cette dynamique le nom de capitalisme du désastre. Sa thèse est que les moments de choc, qu’ils soient produits par des guerres, des catastrophes naturelles ou des crises politiques, peuvent être utilisés pour imposer des privatisations, des réformes de marché et des dispositifs d’accumulation qui auraient rencontré plus de résistance en temps normal.  L’apport de Klein est central, mais il faut l’élargir. La conversion capitaliste de la crise ne se limite pas aux privatisations brutales. Elle prend aujourd’hui des formes plus sophistiquées: sauvetages financiers, marchés carbone, plateformes numériques, sécurisation algorithmique, dette publique, IA, infrastructures critiques, finance verte, militarisation technologique, gestion prédictive des populations. Le capitalisme du désastre devient un capitalisme de la polycrise.

La financiarisation ou l’art de déplacer la crise dans le temps

La financiarisation est l’un des principaux mécanismes par lesquels le capitalisme convertit ses contradictions en reproduction. Elle permet de déplacer les tensions présentes vers le futur. Dette, crédit, titrisation, dérivés, valorisation boursière, politiques monétaires, rachats d’actifs et liquidité transforment des limites immédiates en promesses différées. Lorsque les salaires stagnent, le crédit soutient la consommation. Lorsque les profits industriels ralentissent, la finance promet des rendements par effet de levier, spéculation et valorisation d’actifs. Lorsque les États manquent de ressources, l’endettement permet de différer les contradictions fiscales. Lorsque les marchés s’effondrent, les banques centrales interviennent pour stabiliser les prix des actifs et restaurer la confiance. La finance devient ainsi une technologie temporelle: elle achète du temps. Wolfgang Streeck a précisément analysé cette dynamique comme une succession de stratégies de report des crises démocratiques du capitalisme: inflation, dette publique, dette privée, politiques monétaires expansionnistes. Le capitalisme ne résout pas la contradiction entre accumulation et légitimation sociale; il la déplace dans le temps. La dette devient la forme temporelle de la non-résolution.

La période post-2008 a radicalisé cette dynamique. Les politiques de taux bas, l’assouplissement quantitatif, les sauvetages bancaires et la croissance des marchés d’actifs ont permis d’éviter une dépression générale, mais au prix d’une dépendance accrue à la liquidité, d’une inflation des patrimoines financiers et immobiliers, et d’une fragilisation durable de la frontière entre stabilité publique et intérêts privés. Cette fonction de déplacement temporel reste visible aujourd’hui. Le FMI note que la résilience économique récente s’accompagne d’une exposition à des chocs géopolitiques, à l’inflation, aux conditions financières et à des perspectives de croissance inférieures aux moyennes prépandémiques. La résilience n’est donc pas retour à la stabilité structurelle. Elle est maintien sous tension. La financiarisation ne supprime pas les contradictions. Elle les capitalise. Elle les transforme en actifs, en risques tarifés, en flux de revenus, en dettes, en obligations, en assurances, en produits dérivés et en promesses de rendement. Elle convertit l’incertitude sociale en instrument financier. C’est pourquoi elle est l’un des principaux opérateurs de la résilience paradoxale du capitalisme: elle permet au système de survivre à court terme en approfondissant ses vulnérabilités de long terme.

L’État comme absorbeur de crise et garant ultime du capital

L’autre grande illusion néolibérale consiste à croire que le capitalisme contemporain fonctionnerait contre l’État. En réalité, le capitalisme dépend structurellement de l’État, surtout en période de crise. Lorsque les marchés sont prospères, l’État est sommé de se retirer. Lorsque les marchés s’effondrent, l’État redevient garant ultime. L’État absorbe les pertes, garantit les dépôts, sauve les banques, soutient les entreprises stratégiques, finance la recherche, construit les infrastructures, sécurise les chaînes d’approvisionnement, réprime les désordres, discipline le travail, produit le droit de propriété et stabilise la monnaie. Le néolibéralisme n’a jamais aboli l’État. Il l’a redéployé au service de la concurrence, de la finance, de la discipline budgétaire et de l’ouverture des marchés. Quinn Slobodian a montré que le néolibéralisme historique n’était pas un simple projet de retrait de l’État, mais une tentative de protéger l’ordre du marché mondial contre les revendications démocratiques et souveraines, notamment dans le contexte de la décolonisation et des revendications du Sud global.  Dans la polycrise contemporaine, cette fonction étatique se transforme. L’État ne se contente plus de déréguler. Il sécurise. Il ne se contente plus de privatiser. Il subventionne. Il ne se contente plus d’ouvrir les marchés. Il organise la résilience des chaînes de valeur. Il ne se contente plus de protéger la propriété. Il protège les infrastructures critiques. Il ne se contente plus de discipliner le travail. Il intègre les données, les plateformes et l’intelligence artificielle dans ses modes de gouvernement. La résilience contemporaine du capitalisme est donc impossible sans l’État. Mais cet État n’est pas nécessairement un État social. Il est souvent un État garantiel, sécuritaire, financier, infrastructurel et technologique. Il garantit la continuité de l’accumulation sous conditions de crise. Ce point est crucial pour éviter une mauvaise lecture de la polycrise. L’instabilité n’affaiblit pas toujours l’État. Elle peut le renforcer, mais dans une direction autoritaire ou techno-économique. Les crises justifient l’urgence. L’urgence justifie l’exception. L’exception justifie la concentration du pouvoir. La concentration du pouvoir peut ensuite être mise au service de la reproduction du capital.

Le capitalisme vert ou la conversion de la limite écologique en champ d’accumulation

La crise écologique constitue la contradiction la plus profonde du capitalisme contemporain, car elle touche aux conditions matérielles de la vie. Elle révèle l’impossibilité d’une accumulation indéfinie dans un monde biophysiquement limité. Pourtant, cette contradiction n’a pas encore produit une sortie générale du capitalisme. Elle a aussi produit une nouvelle phase de marchandisation écologique. Le capitalisme vert transforme la crise écologique en champ d’innovation, d’investissement et de valorisation: énergies renouvelables, véhicules électriques, marchés carbone, finance verte, obligations durables, technologies de capture du carbone, compensation, assurance écologique, infrastructures d’adaptation, agriculture intelligente, mesure d’empreinte, plateformes de reporting ESG. Il serait simpliste de rejeter toutes ces transformations. Certaines technologies bas carbone sont indispensables. Certaines politiques de transition sont nécessaires. Mais la question critique est ailleurs: la crise écologique est-elle traitée comme une limite imposant une transformation des finalités économiques, ou comme une nouvelle frontière d’accumulation? Le rapport 2025 du PNUE sur l’écart d’émissions rappelle que les engagements actuels demeurent insuffisants et que limiter le dépassement du seuil de 1,5°C exigera des réductions plus rapides et plus importantes, avec moins de dépendance à des techniques incertaines de retrait du carbone. Cela signifie que la prolifération des discours de transition ne garantit pas une transformation effective du régime d’accumulation. Nancy Fraser a proposé une lecture particulièrement forte de cette contradiction en décrivant le capitalisme comme cannibale: il se nourrit de conditions qu’il ne peut pas produire durablement lui-même, notamment le travail social reproductif, la nature, les biens publics et les capacités démocratiques.

Dans cette perspective, le capitalisme vert peut devenir une forme de cannibalisme régulé: il reconnaît la crise écologique, mais tente de l’intégrer dans des circuits de valorisation qui ne remettent pas fondamentalement en cause la logique expansive du capital. La nature détruite devient marché de réparation. Le carbone devient actif. Le risque écologique devient produit financier. La catastrophe devient secteur d’assurance. L’adaptation devient opportunité d’investissement. La contradiction écologique est donc déplacée. Elle n’est plus formulée comme contradiction entre accumulation et conditions de vie, mais comme problème de technologie, de prix du carbone, de compensation, de reporting et d’investissement. Cette translation est une forme de résilience du capital, mais elle est profondément entropique: elle maintient la valorisation tout en différant la transformation systémique.

La crise sociale transformée en flexibilisation permanente

Le capitalisme contemporain convertit également la crise sociale en mécanisme de reproduction. La précarité, le chômage, l’insécurité économique et l’affaiblissement des protections collectives ne sont pas seulement des effets indésirables. Ils deviennent des instruments de discipline. Le travailleur précaire accepte davantage de contraintes. Le travailleur endetté dispose de moins de marge de refus. Le travailleur évalué en permanence intériorise la norme de performance. Le travailleur de plateforme est formellement autonome, mais matériellement dépendant de l’algorithme, de la notation, de la demande instantanée et de l’accès à l’application. L’insécurité devient un mode de gouvernement. L’Organisation internationale du Travail souligne que les déséquilibres fondamentaux persistent dans les marchés du travail mondiaux et que le ralentissement de la croissance limite les possibilités de reprise complète. Elle attire aussi l’attention sur les enjeux du travail de plateforme et la nécessité de normes garantissant le travail décent.  La crise sociale est ainsi convertie en flexibilisation permanente. Ce qui était autrefois présenté comme exception devient norme. L’adaptation devient obligation. La mobilité devient contrainte. La formation continue devient responsabilité individuelle face à des transformations structurelles. L’employabilité remplace le droit au travail stable. La performance remplace la protection. Le score remplace la qualification reconnue. Cette dynamique prolonge le néolibéralisme, mais elle le dépasse par l’intégration numérique. Le travail n’est plus seulement flexibilisé juridiquement. Il est modulé algorithmiquement. Les plateformes peuvent ajuster la demande, les prix, les trajets, les évaluations et l’accès au revenu en temps réel. Le contrôle devient immanent à l’interface. La contradiction entre capital et travail est donc déplacée. Elle ne disparaît pas. Elle est traduite en problèmes de compétences, d’adaptation, d’innovation, de productivité et de notation. Le conflit sur la répartition de la valeur devient conflit individualisé autour de la performance.

Le technofordisme comme conversion algorithmique du désordre social

C’est ici que le technofordisme intervient comme l’une des formes avancées de la résilience contemporaine du capital. Dans l’article précédent, le technofordisme a été défini comme l’organisation algorithmique de la production sociale après l’épuisement du néolibéralisme. Ici, il faut le comprendre comme un mécanisme de conversion des crises en ordre exploitable. Le technofordisme transforme les comportements, les données, l’attention, les mobilités, les interactions, les préférences et les subjectivités en flux mesurables et valorisables. Il ne se contente pas d’automatiser la production. Il rend la société elle-même productrice de données et de signaux. Il convertit l’incertitude sociale en information exploitable. Les plateformes jouent ici un rôle central. Srnicek a montré que le capitalisme de plateforme doit être compris comme une forme économique spécifique dans laquelle les données, les effets de réseau et les infrastructures numériques deviennent des conditions majeures d’accumulation. Zuboff a radicalisé cette analyse en montrant que le capitalisme de surveillance transforme l’expérience humaine en matière première pour des marchés de prédiction comportementale. Son apport essentiel est de montrer que la donnée n’est pas simplement enregistrée: elle sert à anticiper, influencer et orienter les conduites. Le technofordisme est donc une réponse à la crise de gouvernabilité des sociétés contemporaines. Lorsque les sociétés deviennent instables, fragmentées, précaires, rapides et incertaines, le capital ne cherche pas seulement à les stabiliser politiquement. Il cherche à les rendre calculables. Il extrait des données de leur désordre. Il mesure leurs comportements. Il anticipe leurs réactions. Il transforme leur instabilité en signaux de marché. La crise de l’attention devient marché publicitaire. La crise de la mobilité devient marché logistique. La crise du commerce devient plateforme. La crise de la confiance devient notation. La crise du travail devient gestion algorithmique. La crise de l’information devient infrastructure de recommandation. La crise de la consommation devient personnalisation prédictive. Le technofordisme n’est donc pas simplement une nouvelle forme de production. Il est une méthode de traitement capitaliste du désordre social.

Le technototalitarisme comme conversion politique de l’instabilité

Si le technofordisme convertit le désordre social en flux productifs, le technototalitarisme convertit l’instabilité politique en dispositifs de contrôle prédictif. La polycrise produit peur, incertitude, colère, défiance démocratique, mouvements sociaux, migrations, insécurité, désinformation et fragmentation des espaces publics. Le technototalitarisme répond à cette instabilité par la surveillance, la notation, la classification, la biométrie, la détection de risques, la modération automatisée, la police prédictive, la cybersécurité, les identités numériques et la gestion algorithmique des populations. Il ne s’agit pas nécessairement d’un totalitarisme classique, centralisé et idéologique. Il s’agit d’une tendance diffuse à remplacer la conflictualité politique par l’administration technique des risques. Le social devient population à gérer. Le citoyen devient profil. Le conflit devient anomalie. La contestation devient menace. La pauvreté devient catégorie de ciblage. La mobilité devient problème de traçabilité. Rouvroy et Berns ont donné à cette dynamique le nom de gouvernementalité algorithmique: un mode de gouvernement fondé sur les données massives, les corrélations, la production de profils et l’intervention anticipatrice sur les possibles. Pasquale a montré que les systèmes algorithmiques peuvent devenir des boîtes noires lorsqu’ils déterminent l’accès au crédit, à l’information ou à la réputation. Eubanks a montré comment l’automatisation administrative peut renforcer le contrôle des pauvres sous couvert de rationalisation. Le technototalitarisme est donc une forme politique de la résilience capitaliste. Il permet au système de gouverner les effets sociaux de ses propres contradictions sans transformer les causes profondes de ces contradictions. Plutôt que de résoudre la pauvreté, on la cible. Plutôt que de résoudre la crise démocratique, on modère les flux informationnels. Plutôt que de résoudre la précarité, on mesure l’employabilité. Plutôt que de résoudre l’insécurité sociale, on sécurise les comportements. Le technototalitarisme est ainsi l’autre face du technofordisme. Le premier organise les conduites pour les rendre productives. Le second les surveille pour les rendre gouvernables.

La polycrise comme milieu historique de reproduction du capital

La conclusion intermédiaire de cette analyse est que la polycrise n’est pas seulement une menace pour le capitalisme. Elle devient aussi son milieu historique de reproduction. Cela ne signifie pas que le capitalisme contrôle parfaitement les crises. Il peut être débordé par elles. Les guerres, les catastrophes écologiques, les pandémies, les effondrements financiers, les ruptures énergétiques ou les révoltes sociales peuvent produire des bifurcations imprévisibles. Mais tant qu’aucune force sociale, politique et institutionnelle ne parvient à transformer ces bifurcations en rupture systémique, le capitalisme tend à les absorber. La polycrise devient alors un régime de gouvernement permanent. L’urgence devient normale. L’exception devient méthode. L’incertitude devient marché. La sécurité devient industrie. La dette devient horizon. La surveillance devient infrastructure. L’adaptation devient morale. La résilience devient injonction. Le mot « résilience » doit ici être critiqué. Dans son usage dominant, il suggère une capacité positive à supporter les chocs. Mais dans le capitalisme contemporain, la résilience signifie souvent que les sociétés doivent s’adapter à des crises que le système continue de produire. On demande aux travailleurs d’être résilients face à la précarité. Aux États d’être résilients face aux marchés. Aux villes d’être résilientes face au climat. Aux individus d’être résilients face à l’insécurité sociale. Aux démocraties d’être résilientes face à la désinformation. Mais on transforme rarement les structures qui produisent cette exposition permanente aux chocs. La résilience devient ainsi une idéologie de l’adaptation au désordre. Elle remplace l’exigence de transformation par l’exigence d’endurance. Le capitalisme contemporain ne promet plus nécessairement un avenir harmonieux. Il promet la gestion du chaos. Il ne dit plus toujours que la crise disparaîtra. Il dit qu’il fournira les technologies, les assurances, les crédits, les plateformes, les infrastructures, les outils de sécurité et les modèles prédictifs permettant de vivre dans la crise. C’est peut-être là sa mutation la plus profonde: le capitalisme ne cherche plus seulement à vendre la prospérité. Il vend la survie sous conditions de crise.

Résilience du capital et entropie sociale

La résilience du capitalisme doit donc être distinguée de la viabilité des sociétés. Un système peut être résilient pour ses acteurs dominants tout en étant destructeur pour son environnement social et écologique. Il peut maintenir ses circuits de valorisation tout en dégradant les conditions de vie. Il peut produire de l’ordre local pour le capital tout en produisant du désordre global pour la société. Dans une perspective néguentropique, cette distinction est décisive. Le capitalisme contemporain produit de l’ordre pour certaines structures: plateformes, marchés financiers, firmes dominantes, infrastructures de surveillance, chaînes logistiques, systèmes de données. Mais cet ordre peut s’accompagner d’une entropie sociale croissante: précarité, fragmentation, dépendance, perte de souveraineté, épuisement écologique, opacité décisionnelle, affaiblissement démocratique, dégradation du travail, capture de l’attention. La résilience du capital est donc souvent obtenue par externalisation de l’entropie. Les coûts sont déplacés vers les travailleurs, les ménages, les États périphériques, les générations futures, les écosystèmes, les infrastructures publiques et les subjectivités humaines. Le capital conserve sa capacité d’accumulation parce qu’il rejette une partie de ses désordres sur d’autres systèmes. Cette logique éclaire la différence entre reproduction du capital et reproduction sociale. Le capital peut se reproduire tout en détruisant les conditions de reproduction sociale. Il peut maintenir ses profits tout en affaiblissant les familles, les communautés, les institutions publiques, les écosystèmes et les souverainetés. Il peut prospérer localement en produisant globalement de l’instabilité. La question n’est donc pas seulement: pourquoi le capitalisme survit-il? La question plus profonde est: qui paie le prix de sa survie?

Rejeter l’effondrisme sans renoncer à la critique radicale

L’analyse de la résilience paradoxale du capitalisme implique une double correction théorique. Premièrement, elle oblige à abandonner l’effondrisme mécanique. Le capitalisme ne disparaîtra pas simplement parce qu’il est contradictoire. Ses contradictions peuvent être déplacées, différées, financiarisées, technicisées, militarisées, écologisées, numérisées ou sécurisées. L’histoire ne garantit aucune issue émancipatrice. Deuxièmement, cette analyse ne conduit pas à conclure que le capitalisme serait invincible. Sa résilience est coûteuse, instable et entropique. Plus il absorbe ses contradictions sans les résoudre, plus il augmente la complexité, la dépendance, la fragilité et la violence latente du système. La résilience peut donc devenir une forme de fuite en avant. Le capitalisme contemporain ressemble moins à un système stable qu’à une machine de déplacement. Il déplace les crises dans l’espace, vers les périphéries et les zones sacrifiées. Il les déplace dans le temps, par la dette et les promesses futures. Il les déplace dans la nature, par l’extraction et la pollution. Il les déplace dans les subjectivités, par le stress, l’attention capturée et la responsabilisation individuelle. Il les déplace dans la technique, par les plateformes, les algorithmes et la surveillance. Mais tout déplacement produit une accumulation de tensions. La question stratégique n’est donc pas de prédire mécaniquement l’effondrement. Elle est d’identifier les points où les déplacements deviennent intenables, où les coûts externalisés reviennent au centre, où les capacités sociales de résistance s’organisent, où les souverainetés collectives se reconstruisent, où les alternatives institutionnelles deviennent praticables. La critique radicale ne doit pas attendre l’effondrement. Elle doit comprendre les mécanismes de reproduction du système pour mieux les désactiver.

Conclusion

La polycrise ne détruit pas mécaniquement le capitalisme parce que le capitalisme possède une capacité historique à convertir ses contradictions en mécanismes de reproduction. Il transforme les crises en restructurations, les destructions en opportunités, les urgences en réformes, les incertitudes en marchés, les peurs en dispositifs de contrôle, les limites écologiques en actifs financiers, les désordres sociaux en données, les instabilités politiques en architectures sécuritaires. Cette capacité ne signifie pas que le capitalisme résout ses contradictions. Elle signifie qu’il les déplace. La financiarisation déplace les contradictions dans le temps. L’État les absorbe institutionnellement. Le capitalisme du désastre les convertit en occasions de privatisation et d’accumulation. Le capitalisme vert les traduit en marchés de transition. La flexibilisation transforme la crise sociale en discipline du travail. Le technofordisme convertit les conduites en flux productifs. Le technototalitarisme convertit l’instabilité politique en gestion prédictive des populations. Le capitalisme contemporain survit donc moins par stabilité que par plasticité. Il ne conserve pas son ordre en supprimant le désordre, mais en l’organisant. Il ne supprime pas la crise, mais il apprend à vivre d’elle. Il ne promet plus nécessairement la fin de l’instabilité, mais la gestion permanente de l’instabilité par la dette, la technique, la surveillance, l’innovation, l’État et la finance. Cependant, cette résilience est profondément ambivalente. Elle est une résilience du capital, non nécessairement des sociétés. Elle maintient les circuits de valorisation au prix d’une entropie croissante pour le travail, la nature, la démocratie, les subjectivités et les souverainetés collectives. Le capitalisme peut donc continuer à fonctionner tout en rendant le monde moins habitable, moins juste, moins autonome et moins politiquement maîtrisable. La question critique décisive n’est donc pas seulement de savoir quand le capitalisme s’effondrera. Elle est de savoir comment il se reproduit à travers ses crises, qui supporte les coûts de cette reproduction, et quelles forces sociales peuvent transformer les crises non plus en opportunités pour le capital, mais en occasions de reconstruction néguentropique des sociétés.

Bibliographie indicative

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