Addiction aux écrans : définition, signes, conséquences et recommandations pour en sortir

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Les écrans font partie de la vie de la majorité des humains. Ils sont des moyens de travail ou de connexion sociale très importants, que ce soit dans les relations professionnelles ou personnelles. Le visionnage d’écrans commence désormais dès la petite enfance et de nouvelles recherches ont révélé que la prévalence du visionnage d’écrans chez les enfants de moins de deux ans est élevée et semble augmenter régulièrement dans tous les groupes d’âge (Sigman A., 2017). En dehors de l’utilisation des écrans liée à la profession et donc à visée productive, si beaucoup de personnes pouvaient garder un certains équilibre dans leur vie entre les autres raisons d’utilisation des écrans (suivre un match, des infos ou un film) et leurs activités principales et utiles pour leurs vies, les smartphones et les réseaux sociaux ont pulvérisé tout équilibre entre les activités essentielles (professionnelles), et les divertissements, de sorte que l’addiction aux écrans est devenue un fléau de notre temps. Mais cette addiction, que signifie-t-elle? Quelles en sont les conséquences? Comment en sortir?
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Les écrans font partie de la vie de la majorité des humains. Ils sont des moyens de travail ou de connexion sociale très importants, que ce soit dans les relations professionnelles ou personnelles. Le visionnage d’écrans commence désormais dès la petite enfance et de nouvelles recherches ont révélé que la prévalence du visionnage d’écrans chez les enfants de moins de deux ans est élevée et semble augmenter régulièrement dans tous les groupes d’âge (Sigman A., 2017). En dehors de l’utilisation des écrans liée à la profession et donc à visée productive, si beaucoup de personnes pouvaient garder un certains équilibre dans leur vie entre les autres raisons d’utilisation des écrans (suivre un match, des infos ou un film) et leurs activités principales et utiles pour leurs vies, les smartphones et les réseaux sociaux ont pulvérisé tout équilibre entre les activités essentielles (professionnelles), et les divertissements, de sorte que l’addiction aux écrans est devenue un fléau de notre temps. Mais cette addiction, que signifie-t-elle? Quelles en sont les conséquences? Comment en sortir?

Qu’est-ce que l’addiction aux écrans ?

Addiction veut dire accoutumance ou dépendance. L’addiction a été définie en 1990 comme un “Processus par lequel un comportement, pouvant permettre à la fois une production de plaisir et d’écarter ou d’atténuer une sensation de malaise interne, est employé d’une façon caractérisée par l’impossibilité répétée de contrôler ce comportement et sa poursuite en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives”. Le comportement peut être la consommation de substances psychoactives (alcool, tabac, opiacés, médicaments, etc), on parle alors de trouble lié à l’usage de substances psychoactives ou addictions chimiques. Mais il existe aussi des addictions sans substance ou addictions comportementales (jeu de hasard et d’argent, sexe, achat, exercice physique, etc.).

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L’addiction aux écrans est assez mal définie, ou du moins pas de façon très précise. Retenons qu’il s’agit d’une situation dans laquelle une personne ne gère plus le temps passé devant l’écran, au point que l’usage devient incontrôlable et prend le pas sur «la vie réelle» et dans laquelle l’impossibilité d’avoir accès à l’écran crée une frustration. Les écrans peuvent être ceux des smartphones, des télévisions, des tablettes, des ordinateurs, etc.

Physiopathologie : Il s’agit d’un trouble de l’homéostasie du réseau de neurotransmission du système dopaminergique de la récompense. L’écran, quelle que soit la forme qu’il prend, est effectivement un objet qui crée une expérience sensorielle et qui stimule le cerveau, avec des incitations permanentes à rester devant l’écran, à parcourir de nouvelles pages, à continuer à jouer, etc. Plus que l’écran lui-même, c’est donc aussi l’activité qui se cache derrière qui est à la source de l’addiction, en captant l’attention de façon démesurée et en créant un circuit de récompense et de satisfaction.

Il est aussi important de noter que les écrans représentent une interface vers d’autres addictions :

  • Les écrans peuvent mener à une addiction à caractère financier, via les jeux d’argent en ligne, la spéculation sur les cryptomonnaies, etc.
  • Les sites Internet et applications sont également source de dépendance à la pornographie, etc.

Quels sont les signes de la dépendance aux écrans ?

Globalement, pour déterminer si une personne de votre famille ou de votre groupe d’amis est accroc aux écrans (ou si c’est votre propre cas), plusieurs signaux peuvent interpeller :

  • Comportementaux : (+) Désir ardent, envie irrépressible (craving) de réaliser sans cesse les comportements addictifs, (+) Envahissement progressif de la vie quotidienne du sujet par les comportements addictifs, au détriment des autres activités (familiale, professionnelle etc), (+) Perte de contrôle progressive et poursuite du comportement malgré ses conséquences négatives, (+) Nécessité d’augmenter la fréquence du comportement pour ressentir les mêmes effets.
  • Sociaux : (+) Conséquences durables et significatives dans la vie du sujet pour être considéré comme addiction (scolarité, travail, relations humaines, alimentation, sommeil), (+) Sensation de vide, de tristesse et de frustration, voire un comportement agressif, lorsqu’il n’est pas possible d’accéder à un écran, (+) Manque d’intérêt pour d’autres activités que celles passées sur écran, (+) Repli sur soi, absence d’intérêt pour son entourage et pour les relations sociales en général, isolement, marginalisation, stigmatisation, perte d’emploi, séparation, problèmes financiers.
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Du fait d’un emploi du temps quotidien chargé ou de la négligence tout simplement, les parents trouvent de plus en plus facile de gérer leurs enfants pendant longtemps avec les smartphones. Progressivement, il y a des chances de développer une dépendance aux écrans chez les enfants, ce qui peut entraîner :

  • Un manque d’hygiène du sommeil, un retard de la parole et de mauvaises compétences sociales.
  • Progressivement, l’enfant se retire de toutes les activités régulières et des membres de la famille. Il manque d’attention et de capacité de concentration, ce qui entraîne une perte d’intérêt pour les études.
  • Il montre une perturbation émotionnelle et une attitude agressive si vous le forcez à limiter le temps d’écran.
  • Il manque d’intérêt pour d’autres activités pertinentes comme jouer, lire des livres d’histoires, etc.
  • Il trouve les écrans comme booster d’humeur.
Attention !!! Télétravail, implique “surconnexion” ou “hyperconnexion” numérique, sans signifier addiction. Il est toutefois un facteur de risque. En effet, les outils numériques font partie intégrante du travail aujourd’hui. L’hyperconnexion n’est d’ailleurs pas nécessairement considérée comme une addiction à part entière mais davantage comme une qualité professionnelle : être hyperconnecté c’est être performant d’une certaine manière… La crise sanitaire a malheureusement accéléré le développement de l’usage des écrans tout autant dans un cadre personnel / récréatif que dans un cadre professionnel avec le développement massif du télétravail.

Conséquences de l’addiction aux écrans

⊛ Les troubles du sommeil : Notre corps est conçu pour fonctionner au rythme de la lumière du soleil (rythme nycthéméral/rythmes circadiens) : on est censé être actif la journée et sommeillé quand le soleil se couche. La mélatonine est une hormone centrale qui joue plusieurs rôles, dont la régulation des rythmes chronobiologiques. Elle est sécrétée par la glande pinéale (épiphyse) à partir de la sérotonine, en réponse à l’absence de lumière, et nous dormons alors. À l’aube (le matin), le soleil émet davantage de lumière bleue pour nous signaler que nous devons nous réveiller (la lumière inhibe la sécrétion de la mélatonine). Cela a plutôt bien fonctionné pendant des milliers d’années. Mais aujourd’hui, nos écrans émettent de la lumière bleue jusque tard dans la nuit et bousillent complètement notre équilibre (rythme nycthéméral/rythmes circadiens). Rien d’étonnant à ce que notre espérance et notre qualité de vie diminuent.

Par ailleurs, des études ont déjà démontré les liens entre sommeil et mémoire, que ce soit pour la mémoire procédurale, la mémoire épisodique ou d’autres systèmes de mémoire à long terme. Perturber notre rythme nycthéméral a donc des conséquences néfastes sur notre capacité à mémoriser.

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Baisse des performances scolaires et académiques, baisse du quotient intellectuel et échec dans la vie :

● L’écran altère la mémorisation. Premièrement, des études avaient déjà été faites sur la vitesse de lecture. Il est évident que quand on lit sur écran, on va moins vite (28% moins vite en moyenne selon les chercheurs). Or plus on lit lentement, moins on se fait d’images dans la tête. Les images nous permettent pourtant de donner du sens à ce qu’on lit et favorisent la mémorisation. Donc plus on lit lentement, moins on retient.

Deuxièmement, en lecture numérique, on est restreint par la taille de l’écran. Ce n’est pas pour rien que dès lors qu’un texte est trop long, on préfère l’imprimer pour travailler dessus ! C’est plus agréable de lire sur quelque chose de grand.

Troisièmement, il y a également la fatigue oculaire qui est importante. Sur écran, on n’accommode pas suffisamment. Il y a donc une rigidité qui s’installe dans le globe oculaire. Ainsi, une lecture prolongée sur des écrans brillants auto-éclairés peut provoquer une fatigue oculaire, des maux de tête et une vision floue. De tels symptômes sont si fréquents chez les personnes qui lisent sur des écrans (affectant environ 70% des personnes qui travaillent de longues heures devant des ordinateurs) que l’American Optometric Association reconnaît officiellement le syndrome de vision par ordinateur.

Quatrièmement, le livre est un objet que l’on tient et qui évite le multitâche, et nous évite la rupture de la centration par de notifications ou autres sollicitations numériques. Cela permet de bien mémoriser. Avec les écrans, les choses se passent autrement. Dans l’étude de Naomi Baron (2021), les résultats montrent que quand les gens font une recherche sur Internet, ils se souviennent plus facilement des mots clés et du chemin qu’ils ont pris pour trouver une information que l’information elle-même. Ce qui confirme que la meilleure information, c’est celle qu’on va chercher soi-même. Or, sur les écrans “classiques” et avec les réseaux sociaux, on avale énormément d’informations, sans que nous les cherchions.

Cinquièmement, par rapport au papier, les écrans peuvent également épuiser davantage nos ressources mentales pendant que nous lisons et rendre un peu plus difficile la mémorisation de ce que nous lisons lorsque nous avons terminé. Erik Wästlund de l’Université de Karlstad en Suède a mené des recherches particulièrement rigoureuses pour déterminer si le papier ou les écrans exigent davantage de ressources physiques et cognitives. Dans l’une de ses expériences, 72 volontaires ont passé le test READ de l’examen d’entrée à l’enseignement supérieur (un examen de compréhension de la lecture en suédois de 30 minutes composé de questions à choix multiples sur cinq textes d’une moyenne de 1 000 mots chacun). Les personnes qui ont passé le test sur ordinateur ont obtenu des scores inférieurs et ont signalé des niveaux de stress et de fatigue plus élevés que les personnes qui l’ont terminé sur papier.

Sixièmement, il existe une différence entre la compréhension immédiate de la lecture, mais aussi sur la mémoire à long terme, selon le support de lecture. Dans une étude de 2003, Kate Garland de l’Université de Leicester et ses collègues ont demandé à 50 étudiants britanniques de lire le matériel d’étude d’un cours d’introduction à l’économie, soit sur un écran d’ordinateur, soit dans un livret à spirale. Après 20 minutes de lecture, Garland et ses collègues ont interrogé les étudiants avec des questions à choix multiples. Les élèves ont obtenu des résultats aussi bons quel que soit le support, mais différaient dans la façon dont ils se souvenaient de l’information.

En fait, la neuropsychologie fait la distinction entre se souvenir de quelque chose (qui consiste à se souvenir d’une information avec des détails contextuels, tels que où, quand et comment on l’a apprise) et savoir quelque chose, c’est-à-dire sentir que quelque chose est vrai sans se rappeler comment on a appris l’information. Généralement, la mémoire à court terme est une forme de mémoire plus faible qui est susceptible de s’estomper à moins qu’elle ne soit convertie en une mémoire à long terme plus stable qui est désormais «connue». Lors du quiz, les volontaires qui avaient lu le matériel d’étude sur un moniteur comptaient beaucoup plus sur la mémorisation que sur la connaissance, tandis que les étudiants qui lisaient sur papier dépendaient autant de la mémorisation que de la connaissance. Garland et ses collègues pensent que les étudiants qui lisent sur papier ont appris le matériel d’étude de manière plus approfondie plus rapidement ; ils n’ont pas eu à passer beaucoup de temps à chercher dans leur esprit des informations à partir du texte, essayant de déclencher la bonne mémoire (ils connaissaient souvent juste les réponses).

● L’écran altère aussi la compréhension : Des chercheurs ont suggéré que les gens comprennent moins lorsqu’ils lisent sur un écran parce que la lecture sur écran est plus éprouvante physiquement et mentalement que la lecture sur papier.

Premièrement, sur écran, on est souvent obligé de revenir en arrière pour retourner lire quelque chose qu’on n’a pas retenu. Sur papier, le lecteur a toute la surface du texte devant lui, il peut feuilleter, aller en arrière, etc. Cela facilite les méthodes de lecture rapide.

Deuxièmement, notre esprit est aussi plus susceptible de s’évader car quand on lit lentement, on est moins concentré. Or, la lecture est l’activité mentale qui demande le plus d’effort. Si on n’a pas une bonne discipline et une bonne technique, c’est très compliqué. C’est pour ça que les enfants préfèrent souvent les images.

Troisièmement, les preuves issues d’expériences en laboratoire et de rapports de consommateurs indiquent que les écrans et les liseuses modernes empêchent les gens de parcourir de longs textes de manière intuitive et satisfaisante. À leur tour, ces difficultés de navigation peuvent inhiber subtilement la compréhension en lecture.

Quatrièmement, les écrans et les liseuses interfèrent avec deux autres aspects importants de la navigation dans les textes : la sérendipité et le sentiment de contrôle. En effet, en limitant la façon dont les gens naviguent dans les textes, les écrans nuisent à la compréhension. Les gens rapportent qu’ils aiment retourner à une section précédente d’un livre papier lorsqu’une phrase fait surface en souvenir de quelque chose qu’ils ont lu plus tôt, par exemple, ou qu’ils parcourent rapidement sur un coup de tête. Les gens aiment aussi avoir le plus de contrôle possible sur un texte (pour surligner avec de l’encre chimique, écrire facilement des notes pour eux-mêmes dans les marges et déformer le papier comme bon leur semble). Cela n’est pas possible avec les écrans. En raison de ces préférences (et parce que s’éloigner des écrans polyvalents améliore la concentration) les gens disent systématiquement que lorsqu’ils veulent vraiment se plonger dans un texte, ils le lisent sur papier. Aussi, inconsciemment, de nombreuses personnes considèrent la lecture sur un ordinateur ou une tablette comme une affaire moins sérieuse que la lecture sur papier.

Comprendre en quoi la lecture sur papier est différente de la lecture sur écran du point de vue de la compréhension de ce que nous lisons, nécessite une explication de la façon dont le cerveau interprète le langage écrit. En effet, nous pensons souvent à la lecture comme une activité cérébrale concernée par l’abstrait (avec des pensées et des idées, des tons et des thèmes, des métaphores et des motifs). En ce qui concerne notre cerveau, cependant, le texte est une partie tangible du monde physique que nous habitons. En fait, le cerveau considère essentiellement les lettres comme des objets physiques car il n’a pas vraiment d’autre façon de les comprendre. Comme Wolf l’explique dans son livre Proust and the Squid, nous ne naissons pas avec des circuits cérébraux dédiés à la lecture. Après tout, nous n’avons inventé l’écriture que relativement récemment dans notre histoire évolutive, vers le quatrième millénaire avant notre ère. Ainsi, le cerveau humain improvise un tout nouveau circuit de lecture en tissant ensemble diverses régions de tissu neuronal consacrées à d’autres capacités, telles que le langage parlé, la coordination motrice et la vision.

Certaines de ces régions cérébrales réutilisées sont spécialisées dans la reconnaissance d’objets (ce sont des réseaux de neurones qui nous aident à distinguer instantanément une pomme d’une orange, par exemple, tout en classant les deux comme des fruits). Tout comme nous apprenons que certaines caractéristiques (rondeur, tige ramifiée, peau lisse) caractérisent une pomme, nous apprenons à reconnaître chaque lettre par sa disposition particulière de lignes, de courbes et d’espaces creux. Certaines des premières formes d’écriture, telles que l’écriture cunéiforme sumérienne, ont commencé par des caractères ayant la forme des objets qu’ils représentaient (la tête d’une personne, un épi d’orge, un poisson). Certains chercheurs voient des traces de ces origines dans les alphabets modernes : C comme croissant de lune, S comme serpent. Des caractères particulièrement complexes, tels que le hanzi chinois et les kanji japonais, activent les régions motrices du cerveau impliquées dans la formation de ces caractères sur papier : le cerveau effectue littéralement les mouvements d’écriture lors de la lecture, même si les mains sont vides. Des chercheurs ont récemment découvert que la même chose se produit de manière plus douce lorsque certaines personnes lisent l’écriture cursive.

Au-delà du traitement des lettres individuelles comme des objets physiques, le cerveau humain peut également percevoir un texte dans son intégralité comme une sorte de paysage physique. Lorsque nous lisons, nous construisons une représentation mentale du texte dans laquelle le sens est ancré à la structure. La nature exacte de ces représentations reste incertaine, mais elles sont probablement similaires aux cartes mentales que nous créons du terrain (comme les montagnes et les sentiers) et des espaces physiques créés par l’homme (comme les appartements et les bureaux). À la fois de manière anecdotique et dans des études publiées, les gens rapportent que lorsqu’ils essaient de localiser une information écrite particulière, ils se souviennent souvent de l’endroit où elle est apparue dans le texte.

En effet, dans la plupart des cas, les livres papier ont une topographie plus évidente que le texte à l’écran. Un livre de poche ouvert présente au lecteur deux domaines clairement définis (les pages de gauche et de droite) et un total de huit coins avec lesquels s’orienter. Un lecteur peut se concentrer sur une seule page d’un livre papier sans perdre de vue l’ensemble du texte : on peut voir où le livre commence et se termine et où se trouve une page par rapport à ces bordures. On sent même l’épaisseur des pages lues d’une main et des pages à lire de l’autre. Tourner les pages d’un livre papier, c’est comme laisser une empreinte après l’autre sur le sentier – il y a un rythme et un enregistrement visible de la distance parcourue. Toutes ces fonctionnalités facilitent non seulement la navigation dans le texte d’un livre papier, mais facilitent également la formation d’une carte mentale cohérente du texte.

En revanche, la plupart des écrans, liseuses, smartphones et tablettes interfèrent avec la navigation intuitive d’un texte et empêchent les gens de cartographier mentalement le parcours. Un lecteur de texte numérique peut faire défiler un flux continu de mots, appuyer sur une page à la fois ou utiliser la fonction de recherche pour localiser immédiatement une phrase particulière, mais il est difficile de voir un passage dans le contexte du texte entier. Au lieu de parcourir le sentier nous-même, et fixer des repères, tout passe devant sans aucune trace de ce qui s’est passé avant et sans aucun moyen de voir ce qui nous attend.

● Enfin, les lectures assidues et régulières ainsi que les échanges et conversations que nous avons contribuent à renforcer sont la base de l’apprentissage et les recherches en psychologie et neurosciences soulignent le rôle majeur du sommeil et de la solitude dans le processus de la mémoire. Or, ce cercle vertueux est aujourd’hui brisé par les technologies de la communication du fait d’une sollicitation permanente et sans répit. Avec les outils numériques, nous répondons constamment à des sollicitations extérieures et recevons un flux continue d’informations sans que nous ne les digérions. Jamais libre, l’esprit est capturé, divisé, à l’affut de ce qui se passe. Incapables de se passer de nos téléphones, nous les consultons dès que nous avons le moindre temps libre, nous dormons, et nous nous ennuyons ou devenons inquiets quand nous ne sommes plus connectés. Tout cela rend impossible la concentration sur une longue durée et donc l’apprentissage. Tout le temps utile est gaspillé, tellement nous sommes accrochés aux écrans. Ainsi l’addiction aux écrans crée un cercle vicieux et mène à l’échec scolaire et professionnel.

Pour vous donner une meilleure idée de la quantité de temps que cela représente, prenons un exemple. La majorité des jeunes qui utilisent des smartphones passent près de 6H de temps d’écran par jour (utilisation non professionnelle : réseaux sociaux, films, séries, musiques, …). En supposant qu’ils vivent jusqu’à 75 ans, ils gagneraient près de 10 ans de “temps de vie’’ en réduisant ce temps à 2H/jour. En fait, passer 4h/jour devant les écrans, correspond à 1/6 de 24H. Pour ceux qui ont 25 ans, il leur reste donc, 50 ans. 1/6 de 50 ans, correspond à environ 8.3 ans. Pourtant, chaque heure passée sur un écran est une heure perdue qu’on aurait pu consacrer à des activités qui contribuent réellement à notre bonheur, comme travailler dur et avec persévérance sur un projet qui nous tient à cœur, rencontrer de nouvelles personnes dans la vie réelle, prendre soin des nôtres, faire du sport, etc. Toutes ces opportunités sont perdues : pour les étudiants addictes (les moins de 25 ans), comme pour les désoeuvrés addictes (les plus de 25 ans), l’utilisation non professionnelle des écrans est devenue le cimetière du temps utile de la jeunesse.

Troubles de l’alimentation(malbouffe, prise de poids excessive du fait de la sédentarité, «oubli» de manger, etc.), troubles de santé physique (ex. : problèmes oculaires, maux de tête,), etc.

⊛ Anxiété et perte de confiance, etc. Dans un cercle restreint à quelques centaines ou à quelques milliers de personnes, il n’est pas difficile d’être le meilleur dans un domaine particulier. A un moment, on peut être le plus beau, le plus grand, le plus fort, le plus intelligent, le plus ingénieux, le meilleur cuisinier, le meilleur chasseur, etc. Chacun a une caractéristique dont il peut être fier et qui le distingue des autres membres de la société. Mais l’avènement d’internet et des réseaux sociaux nous a mis face à plus de 7 milliards de personnes. On sait désormais qu’on ne sera jamais les plus beaux, les plus grands, les plus forts ou les plus intelligents, il y aura toujours quelqu’un de meilleur que nous quelque part, et grâce au réseaux sociaux, on le voit. Être écrasé par toute cette concurrence et ne pas pouvoir atteindre l’objectif d’exceller conduit au mieux à la tristesse, au pire à la dépression et à la détestation de soi (les filles en particulier). Déjà incapable de nous concentrer, cela perturbe le processus de construction identitaire. Or, C’est par l’introspection que nous apprenons à penser de façon autonome et à construire une image stabilisée de nous-mêmes, ce qui est primordial pour pouvoir entrer en relation avec d’autres personnes. Comme nous nous sentons mal à l’aise avec ce que nous sommes et que nous n’avons pas confiance dans ce que nous avons à offrir aux autres, nous devenons aigri, et certains, jaloux et d’autres déprimés.

Par ailleurs, les réseaux sociaux, en nous mettant en contact avec l’instant présent de la vie des autres personnes, du moins ce qu’elles nous envoient comme image de la vie qu’elles mènent, font émerger une société narcissique (bonheur, richesse, beauté, à faire savoir, illusoire ou non) et de compétition (nous poussant à penser en permanence que le meilleur est ailleurs). Ainsi, les gens se donnent de plus en plus pour horizon à dépasser ou à égaler ce meilleur étranger, mettent sur eux-mêmes et sur ceux qui les entourent une pression permanente. Et tout cela, mieux que ce que l’autre a posté ou comme ce qu’il a posté, pour paraitre aussi quelqu’un ! C’est la société apparences, mais toxiques, maladives, où vivre c’est d’abord paraitre ! Tout cela conduit dans certains cas à la détestation de soi ou de ceux dont nous dépendons s’ils ne parviennent pas à répondre ici et maintenant à nos attentes.

⊛ Sur le plan affectif, cet isolement est ravageur et conduit à la rupture des liens amicaux, etc. Premièrement, avec l’omniprésence des écrans, nous sommes aujourd’hui engagés sur un chemin qui nous mène tout droit vers l’oubli de ce qui constitue une grande partie de notre humanité : le dialogue, la conservation, le rapport des regards, des coeurs, … la présence, meilleure expression de l’amour. En effet, les écrans permettent d’entretenir des liens sociaux virtuels, au risque parfois de remplacer les relations sociales de la «vraie vie». On a jamais été aussi “connectés” et pourtant on a rarement vu autant de solitude. Plus personne n’est vraiment heureux depuis que nous pouvons passer des journées collé à un écran et c’est normal puisque l’on est fondamentalement pas faits pour fonctionner ainsi. En apprenant à communiquer à travers des machines, nous avons perdu de vue l’importance de l’échange en face à face dans nos relations, ce qui ne manque pas d’affecter nos capacités d’empathie, de sympathie, d’amour et de conduire à une atrophie significative de dispositions psychologiques.

En fait, les relations humaines en face à face sont plus riches, mais également plus exigeantes et incertaines, si bien qu’elles réclament davantage de patience et d’effort, ce qui conduit nombre d’individus à privilégier les formes électroniques de communication, plus faciles. Avec les technologies à l’œuvre, l’essence même de la conversation tend à disparaître. À vrai dire, le conditionnement auquel nous faisons face est tel que pendant un échange en face à face, la simple présence de l’objet technique peut être problématique. Par exemple, le seul fait d’avoir sur la table un téléphone non éteint transforme la manière avec laquelle l’interaction se produit, car si nous pensons que nous pouvons être interrompus à tout moment, nous avons alors tendance à mener une conversation plus légère, sur des sujets inconséquents, dans le cadre d’un échange où chacun se sent moins impliqué. De la famille aux amis, en passant par les relations amoureuses, l’école, le travail ou encore l’espace public, l’omniprésence de l’usage des technologies affaiblit considérablement les relations humaines (Sherry Turkle, 2015).

Deuxièmement, les écrans nous rendent accros aux drames, aux conflits et à la violence. Ne dites jamais que vous “n’aimez pas” quelque chose, dites que vous le détestez. Ne dites jamais que vous “appréciez” quelqu’un, dites que vous l’adorez. Si vous voulez être entendu, soyez extrême. Le problème avec tout ça c’est que cela tend à créer un pattern que la plupart des créateurs de contenu suivent et qui fait que tout le monde est, agit, pense et croit la même chose, la liberté, le choix du coeur et la diversité n’étant rien d’autre qu’une simple illusion.

Moins créatifs et donc moins intelligents (des études notent une baisse du quotient intellectuel dans le monde à causes de l’addiction aux écrans), moins emphatiques, moins attentifs aux autres, la vie sociale devient quoi donc?

⊛ La sexualité est aussi détruite. Il existe désormais une industrie de plusieurs milliards de dollars entièrement consacrée à la numérisation et à la déshumanisation du sexe, essence même de la vie humaine, qui risque à termes d’avoir des effets catastrophiques sur les rapports humains et la société. Au lieu d’avoir nos pupilles qui se dilatent et de voir notre respiration et notre rythme cardiaque s’accélérer (“coup de foudre”), on modère notre vie sociale à des applications (Whatsapp, Instagram, Tinder, Facebook, etc.). En plus, de récentes recherches, comme celles parues dans The Journal of urology ou Behavioral sciences, expliquent que le porno fait partie des causes principales de dysfonctionnements sexuels, notamment chez les plus jeunes. Cela peut se traduire par des problèmes d’érection ou la difficulté à atteindre l’orgasme. Les spécialistes l’expliquent en comparant le porno à une drogue. Habitué à répondre à la stimulation sexuelle par une poussée de dopamine, associée à l’anticipation de la récompense, le cerveau pousse le corps à désirer et à répondre encore et encore à ce besoin. D’autant plus que la vision d’un film pornographique fonctionne comme un déclencheur hyperstimulant, qui pousse à une sécrétion élevée de dopamine (une des hormones du bonheur ou hormone du plaisir. Les autres principales sont la sérotonine, l’endorphine et l’ocytocine). D’ou la dépendance.

Par ailleurs, cela crée une illusion de ‘’parfait’’ plaisir sexuel par le porno, plus qu’à un réel rapport sexuel avec son ou sa partenaire, et finit par conduire à des problèmes au sein des couples, directement et indirectement. Directement, comme dit ci-haut, par rapport aux dysfonctionnements sexuels (Trouble orgasmique, retard de fécondité?). Et indirectement, d’une part parce que la dépendance au porno crée un imaginaire illusoire et fantasmagorique qui peut ne plus correspondre à son ou sa partenaire et tue ainsi la satisfaction avec lui ou elle (par exemple : environnement sexuel mental fantasmé par l’apparence, par les tailles, etc. différentes de celles de son ou de sa partenaire). D’autre part, elle tue le rôle équilibreur et de détente de la pression psychologique de la vie de couple qu’y apporte l’acte sexuel, en le banalisant, ce qui a de l’impact sur le long terme dans le couple. Et tout cela, sans parler des désordres d’abord mentaux ensuite réels qu’entrainent les fantasmes d’infidélité, de partenaires multiples, et des dérives homosexuels véhiculés comme nouveaux modèles de sexualité par la pornographie. Tout cela passe par des écrans.

Chez les enfants, les écrans conduisent à un problème de développement du cerveau : Diverses activités d’écran induisent une plasticité cérébrale structurelle et fonctionnelle chez les adultes. Chez eux, le développement neurologique est achevé, et certaines utilisations numériques peuvent leur être bénéfiques. Cependant, chez les enfants, le développement neurologique est influencé par leurs expériences directes. L’enfance est une période de changements significativement plus importants dans la structure anatomique et la connectivité du cerveau. Les expériences précoces et les environnements dans lesquels ces changements se produisent peuvent modifier l’expression des gènes et affecter le développement neuronal à long terme (Sigman Aric, 2017).

Aujourd’hui, le temps d’écran discrétionnaire, impliquant souvent plusieurs appareils, est l’expérience et l’environnement principaux des enfants. Comme c’est le cas pour les toxicomanies, il est possible qu’une exposition routinière intensive à certaines activités d’écran pendant les étapes critiques du développement neuronal puisse altérer l’expression des gènes, entraînant des changements structurels, synaptiques et fonctionnels dans le cerveau en développement, entraînant des troubles de dépendance aux écrans, en particulier chez les enfants avec des profils neurogénétiques prédisposants.

Les natifs numériques présentent une prévalence plus élevée de comportements «addictifs» liés à l’écran qui reflètent une altération des mécanismes neurologiques de traitement des récompenses et de contrôle des impulsions. Bien que des caractéristiques structurelles et fonctionnelles neurales anormales puissent être une condition préalable plutôt qu’une conséquence de la dépendance, il peut également exister une relation bidirectionnelle. Il peut également y avoir des effets composés/secondaires sur le développement neuronal. Aussi, les troubles de dépendance à l’écran, même à des niveaux subcliniques, impliquent des niveaux élevés de temps d’écran discrétionnaire, induisant un comportement sédentaire accru chez l’enfant, réduisant ainsi la capacité aérobie vitale, qui joue un rôle important dans la santé neurologique des enfants, en particulier dans la structure et la fonction cérébrales (Sigman Aric, 2017).

Comment sortir de l’addiction aux écrans ?

Globalement, il faut que tous apprenions à être maîtres de nous-mêmes : Il faut imaginer les bienfaits de notre main mise sur notre propre comportement et donc sur notre propre vie et réinvestir pleinement cette compétence, qui s’acquiert par la pratique et qui implique un certain sens du rapport à l’autre, du dialogue, de la gestuelle et de l’écoute.

⊛ Nous parents, que faire pour nos enfants? Essayez de contrôler le temps d’écran dès l’enfance : la méthode la plus efficace est la prévention ! En limitant l’exposition aux interfaces numériques, on peut en effet aider les jeunes à se consacrer à d’autres activités et à ne pas considérer l’écran comme la seule source de distraction possible. L’idée n’est pas d’interdire entièrement l’accès à la télé ou à la tablette, mais de fixer des limites horaires par jour (1H30 maximum), par semaine (10h maximum), des heures de fin d’exposition et de ne pas considérer l’écran comme un moyen de calmer l’enfant ou de l’occuper. Pour les adolescents il faut en parler avec eux et développer une stratégie d’utilisation responsable. Vigilance (prévention chez les enfants) + Dialogue et complicité dans l’éducation (chez les adolescents) + Abstinence, si vos enfants peuvent vous écouter. Mais pour pouvoir en parler sereinement, encore faudrait-il que les parents ne soient pas eux-mêmes concernés par le problème. Car si les jeunes sont les premiers touchés par l’hyper-connexion, les adultes ne sont pas en reste. Or, les enfants ont plus besoin des modèles que des rhéteurs. L’utilisation d’écrans par les enfants est directement liée au comportement de leurs parents plutôt qu’au niveau d’éducation de ces parents.

⊛ Et nous les jeunes, élèves ou étudiants, que faire? Apprenez à vous détacher, surtout de votre téléphone pour gagner plus de temps : il est prouvé qu’un engagement actif dans l’exercice du contrôle et une utilisation minimale du smartphone peuvent être bénéfiques pour l’apprentissage et les performances scolaires et académiques. Comme dit ci-haut, le numérique et les écrans ont un impact néfaste sur notre mémoire lors de la phase de lecture et pour l’apprentissage comparativement au papier : privilégiez donc la lecture sur papier. Et pour vaincre les distractions, utilisez moins les écrans pour l’étude : les écrans sont les premiers facteurs de déconcentration : N’allez jamais à la salle d’étude avec votre téléphone. Si il va vous servir pour les illustrations ou les images : enlever les SIM, ne payez pas les mégas, et si vous allez lire avec internet, désinstallez toutes les applications addictives et chronophages. Eteignez-le à l’auditoire, si pas le laisser à la maison. Ayez de grands rêves et restez toujours occupés (occupés, par votre famille, par des discussions constructives, par la méditation, et n’utilisez les réseaux sociaux que pour présenter ce que vous faites concrètement dans votre vie, prendre des rendez-vous utiles, engagez des réflexions pertinentes, et ce pendant et à des heures précises). Réapprenez à être présents, apprenez à être maîtres de vous-mêmes.

4 TEMPS SANS ECRAN (Pas le matin, Pas pendant les repas ou pendant les heures d’étude, Pas dans la chambre de l’enfant, Pas avant de se coucher) = 4 PAS POUR MIEUX AVANCER (Réapprendre à être attentif par la méditation régulière, Rencontrer les gens et leur parler dans la vraie vie sans écrans, Bien dormir, Savoir être seul sans écrans).


Dans une étude publiée dans le European Journal of Social Psychology, Phillippa Lally et son équipe de recherche ont montré qu’il faut en moyenne 2 mois avant qu’un nouveau comportement devienne une nouvelle habitude – 66 jours pour être exact (18 à 254 jours). En d’autres termes, si vous souhaitez définir vos attentes de manière appropriée, la vérité est qu’il vous faudra probablement entre deux et huit mois pour créer un nouveau comportement dans votre vie. Fait intéressant, les chercheurs ont également découvert que “manquer une occasion d’adopter le comportement n’affectait pas matériellement le processus de formation des habitudes”. En d’autres termes, peu importe si vous vous trompez de temps en temps : construire de meilleures habitudes n’est pas un processus tout ou rien.

Et nous les adultes? Chez l’adulte, mettre fin à la cyberdépendance ou agir en prévention peut passer par plusieurs petits gestes simples : mettre en pause les notifications, supprimer les applications chronophages et inutiles, définir les situations «à risque» pour mieux les appréhender, trouver de nouvelles activités sans écrans, etc. Mais si l’auto-régulation ne semble pas suffire, il est alors judicieux d’aller consulter un addictologue spécialisé ou de faire appel à des groupes de paroles.

Annexes

Annexe I. Critères diagnostiques

Il n’existe pas encore de critères diagnostiques consensuels pour les addictions comportementales hormis pour le jeu pathologique (critères d’Aviel Goodman, 1990). Ils sont parfois étendus aux autres addictions. Ce sont :

A. Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser ce type de comportement.
B. Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement.
C. Plaisir ou soulagement pendant sa durée.
D. Sensation de perte de contrôle pendant le comportement.
E. Présence d’au moins cinq des neuf critères suivants :

  • Préoccupation fréquente au sujet du comportement ou de sa préparation.
  • Intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaitées à l’origine.
  • Tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement.
  • Temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre.
  • Survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiale ou sociales.
  • Activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures sacrifiées du fait du comportement.
  • Perpétuation du comportement, bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un problème persistant ou récurrent d’ordre social,financier, psychologique ou psychique.
  • Tolérance marquée : besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité.

F. Agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.

Annexe II : Score clinique

La Game Addiction Scale (GAS), dite échelle de Lemmens est une des rares échelles de mesure de l’addiction aux jeux vidéo, qui aient été validées pour les adolescents. Elle oriente aussi sur les autres addictions (On remplace alors ‘’jeu vidéo’’ par la cause d’addiction suspectée). L’échelle comporte 7 questions appelant à une réponse de jamais, presque jamais, parfois, souvent, très souvent :

  • Vous arrive t’il de penser toute la journée à jouer à un jeu vidéo? (Prégnance).
  • Vous arrive t’il de passer un temps de plus en plus important sur les jeux vidéo? (Tolérance).
  • Vous arrive t’il de jouer à un jeu vidéo pour oublier la vraie vie / la vie réelle ? (Modification de l’humeur).
  • Est-ce que d’autres personnes ont tenté sans succès de réduire votre temps de jeu? (Rechute).
  • Vous êtes-vous senti(e) mal lorsque vous étiez incapable de jouer ? (Évitement).
  • Vous êtes-vous disputé(e) avec d’autres (famille, amis) à propos de votre temps passé à jouer aux jeux vidéo?
  • Avez-vous négligé d’autres activités importantes (école, travail, sport) pour jouer aux jeux vidéo?

On présume d’un niveau d’usage problématique de jeux vidéos voire d’une addiction chez les adolescents joueurs (jouant à des jeux vidéos) qui répondent parfois, souvent ou très souvent à au moins quatre de ces questions.

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