Physiopathologie de l’infection par le VIH

Au niveau cellulaire, le virus infecte les cellules via le récepteur CD4+ et le corécepteur CCR5 ou CXCR4 qu’il reconnait via la protéine d’enveloppe gp120. Du fait de sa réplication dans les lymphocytes CD4+, d’une inflammation chronique et d’une activation immunitaire chronique, le virus entraine une destruction progressive du système immunitaire et entraine la déplétion des lymphocytes T CD4+, à une vitesse d’environ 50 à 100/mm3 par an. S’en suit une immunodépression principalement cellulaire entrainant une sensibilité aux infections (principalement la toxoplasmose cérébrale, la pneumocystose, la cryptococcose, la tuberculose etc.) mais aussi à certains cancers tels que les lymphomes Hodgkiniens, les sarcomes de Kaposi, ou encore le cancer du col utérin. Le risque infectieux est majeur en dessous de 200 CD4/mm3. Lorsqu’une de ces pathologies survient, on parle de Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA).

Publicité

Le VIH est un rétrovirus du genre Lentivirus, ayant une grande variabilité génomique. Il en existe 2 types : le VIH-1 et le VIH-2. Le VIH-2 est davantage présent en Afrique de l’Ouest. Le VIH peut se transmettre par contact étroit et non protégé avec le sang, le sperme, les sécrétions vaginales ou le lait maternel. Il infecte les cellules immunitaires qui présentent à leur surface le marqueur CD4+, principalement les lymphocytes T CD4+, mais aussi les monocytes/macrophages, les cellules dendritiques, les cellules de Langerhans, et les cellules de la microglie cérébrale.

Physiopathologie : de l’infection VIH au Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA)

Au niveau cellulaire, le virus infecte les cellules via le récepteur CD4+ et le corécepteur CCR5 ou CXCR4 qu’il reconnait via la protéine d’enveloppe gp120. Il s’en suit une fusion de l’enveloppe du virus avec la membrane de la cellule, une transcription inverse de l’ARN du virus en ADN bicaténaire via la transcriptase inverse virale, une intégration de l’ADN viral dans le génome de la cellule via l’intégrase, une transcription de l’ADN viral entrainant la synthèse de molécules d’ARN viral, une synthèse des protéines virales, une formation de virions via la maturation des protéines virales à l’aide de la protéase virale, un bourgeonnement des virions, puis la libération des nouveaux virus aptes à infecter de nouvelles cellules. La réplication virale est intense puis qu’environ 1 à 10 milliards de virions sont produits chaque jour chez une personne infectée non traitée.

Au niveau de l’organisme, le virus se réplique intensément après l’infection et se diffuse à l’ensemble de l’organisme,formant en quelques jours voire quelques heures des réservoirs de virus latents, persistant à vie. Les réservoirs sont les sites où le VIH est intégré à long terme dans le génome des cellules hôtes (ganglions, tissu lymphoïde du tube digestif, système nerveux central).

- Publicité -

Cette réplication virale va induire dans un second temps une réponse immunitaire permettant un relatif contrôle de l’infection virale, auquel le virus va progressivement échapper. Du fait de sa réplication dans les lymphocytes CD4+, d’une inflammation chronique et d’une activation immunitaire chronique, le virus va entrainer une destruction progressive du système immunitaire et entrainer la déplétion des lymphocytes T CD4+, à une vitesse d’environ 50 à 100/mm3 par an.

S’en suit une immunodépression principalement cellulaire entrainant une sensibilité aux infections (principalement la toxoplasmose cérébrale, la pneumocystose, la cryptococcose, la tuberculose etc.) mais aussi à certains cancers tels que les lymphomes Hodgkiniens, les sarcomes de Kaposi, ou le cancer du col utérin. Le risque infectieux est majeur en dessous de 200 CD4+/mm3. Lorsqu’une de ces pathologies survient, c’est le Syndrome d’Immunodéficience Acquise (SIDA).

Références

  1. Pilly E, Épaulard O, Le Berre R, Tattevin P, Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (France). ECN.Pilly: maladies infectieuses et tropicales : préparation ECN, tous les items d’infectiologie. 2017.
  2. Moir S, Fauci AS. B-cell exhaustion in HIV infection: the role of immune activation. Curr Opin HIV AIDS. sept 2014;9(5):472‑7.
  3. Morou A, Palmer BE, Kaufmann DE. Distinctive features of CD4+ T cell dysfunction in chronic viral infections. Curr Opin HIV AIDS. sept 2014;9(5):446‑51.
  4. 1993 revised classification system for HIV infection and expanded surveillance case definition for AIDS among adolescents and adults. MMWR Recomm Rep Morb Mortal Wkly Rep Recomm Rep Cent Dis Control. 18 déc 1992;41(RR-17):1‑19.
  5. Deeks, S., Overbaugh, J., Phillips, A. et al. HIV infection. Nat Rev Dis Primers 1, 15035 (2015). https://doi.org/10.1038/nrdp.2015.35
  6. Olivier, I.S.; Cacabelos, R.; Naidoo, V. Risk Factors and Pathogenesis of HIV-Associated Neurocognitive Disorder: The Role of Host Genetics. Int. J. Mol. Sci. 2018, 19, 3594. https://doi.org/10.3390/ijms19113594.
Total
0
Share