Prix Nobel: qui sont les lauréats et les lauréates de 2021?

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Les prix Nobel 2021 sont dévoilés du 4 au 11 octobre. Au total, cinq catégories sont distinguées par un Nobel (médecine, physique, chimie littérature et paix), ainsi qu’un prix de la Banque de Suède en économie. Perception de la température et du toucher, modélisations du changement climatique ou narration «des effets du colonialisme et du destin des réfugiés» leur ont valu cette prestigieuse récompense. Retrouvez dans le dossier Prix Nobel de larepublica.cd pour voir tous les articles consacrés aux prix Nobel.

Physiologie-médecine : perception de la température et du toucher

Les Américains David Julius et Ardem Patapoutian ont été récompensés, lundi 4 octobre, pour leurs découvertes sur la façon dont le système nerveux ressent la température et le toucher. Leurs «découvertes révolutionnaires» ont «permis de comprendre comment la chaleur, le froid et la force mécanique peuvent être à l’origine des impulsions nerveuses qui nous permettent de percevoir et de nous adapter au monde», a commenté le jury Nobel à Stockholm.

Physique : modélisation physique du changement climatique et d’autres systèmes complexes

Le prix Nobel de physique a été attribué mardi à trois scientifiques: deux experts de la modélisation physique du changement climatique, l’Américano-Japonais Syukuro Manabe et l’Allemand Klaus Hasselmann, ainsi qu’à l’Italien Giorgio Parisi, théoricien des systèmes physiques complexes. Pour une première moitié, le prix récompense conjointement M. Manabe, 90 ans, et M. Hasselmann, 89 ans, tous deux chercheurs en météorologie, «pour la modélisation physique du climat de la Terre et pour en avoir quantifié la variabilité et prédit de façon fiable le réchauffement climatique», selon le jury. Avec ce prix décerné en pleine crise climatique, le comité Nobel récompense les travaux fondateurs de M. Manabe sur l’effet de serre, réalisés pendant les années 1960, lesquels démontraient que les niveaux de CO2 dans l’atmosphère correspondaient à la hausse des températures terrestres. L’Allemand Hasselman est, quant à lui, crédité pour être parvenu à établir des modèles climatiques fiables malgré les grandes variations météorologiques.

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L’autre moitié du prix revient à M. Parisi, 73 ans, « pour la découverte de l’interaction du désordre et des fluctuations dans les systèmes physiques de l’échelle atomique à planétaire». Ses travaux ardus ont été parmi «les contributions les plus importantes» à la théorie dite des systèmes complexes.

Chimie : un nouvel outil de construction de molécules récompensé

Le prix Nobel de chimie a été décerné mercredi à l’Allemand Benjamin List et au Britannique David MacMillan pour leurs travaux de développement d’un nouvel outil de construction des molécules, «l’organocatalyse asymétrique». Les catalyseurs – des substances qui contrôlent et accélèrent les réactions chimiques, sans pour autant faire partie du produit final – sont des outils fondamentaux pour les chimistes. Mais les chercheurs ont longtemps cru qu’il n’y avait, en principe, que deux types de catalyseurs disponibles : les métaux et les enzymes.

Benjamin List et David MacMillan, 53 ans tous les deux, «reçoivent le prix Nobel pour avoir, indépendamment l’un de l’autre, mis au point un troisième type de catalyse, l’organocatalyse asymétrique, un domaine qui s’est développé» à une vitesse prodigieuse depuis les années 2000, a expliqué le jury Nobel.

Littérature : le Nobel à un romancier tanzanien

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Le Nobel de littérature a été attribué jeudi au romancier Abdulrazak Gurnah. L’auteur, connu notamment pour son roman Paradise (1994), a été récompensé pour sa narration «empathique et sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents», commente le jury. Son œuvre s’éloigne des «descriptions stéréotypiques et ouvre notre regard à une Afrique de l’Est diverse culturellement qui est mal connue dans de nombreuses parties du monde», a-t-il ajouté.

Ce prix est une surprise et de nombreux critiques et éditeurs ont confessé qu’ils ne connaissaient pas l’écrivain, absent de la liste des pronostics, même comme simple outsider. Son propre éditeur en Suède, Henrik Celander, a expliqué à la presse suédoise qu’il n’aurait jamais imaginé qu’il décroche le Graal littéraire. Quand l’Académie suédoise a appelé, «j’ai cru à une blague», a même confié Abdulrazak Gurnah. Né en 1948 sur l’île de Zanzibar, M. Gurnah est arrivé au Royaume-Uni en tant que réfugié à la fin des années 1960. Il est l’auteur de dix romans, dont Près de la mer (2001), et de nouvelles. Il vit à Brighton et enseigne à l’université du Kent.

Paix: deux journalistes récompensés pour «leur combat courageux pour la liberté d’expression»

Le prix Nobel de la paix 2021 a récompensé vendredi deux journalistes, la Philippine Maria Ressa et le Russe Dmitri Mouratov, pour « leur combat courageux pour la liberté d’expression » menacée par la répression, la censure, la propagande et la désinformation. Les deux lauréats « sont les représentants de tous les journalistes qui défendent cet idéal dans un monde où la démocratie et la liberté de la presse sont confrontées à des conditions de plus en plus défavorables », a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, à Oslo.

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Agée de 58 ans, Maria Ressa a cofondé la plate-forme numérique de journalisme d’investigation Rappler en 2012, qui a braqué les projecteurs sur «la campagne antidrogue controversée et meurtrière du régime [du président philippin Rodrigo] Duterte», a fait valoir le comité Nobel. D’un an son aîné, Dmitri Mouratov a quant à lui été l’un des cofondateurs et rédacteurs en chef du journal Novaïa Gazeta, l’une des rares publications encore indépendantes en Russie, où la dissidence se heurte à une féroce répression. Ce dernier a annoncé qu’il dédiait son prix à son journal et à ses collègues assassinés pour leur travail et leurs enquêtes et a fait savoir qu’il aurait «voté pour […] Alexeï Navalny», opposant au pouvoir de Vladimir Poutine.

Economie : un trio de spécialistes de l’économie expérimentale récompensé

Le prix Nobel d’économie a récompensé le Canadien David Card, l’Américano-Israélien Joshua Angrist et l’Américano-Néerlandais Guido Imbens. Le trio « nous a apporté de nouvelles idées concernant le marché du travail et montré quelles conclusions peuvent être tirées d’expériences naturelles », a salué le jury Nobel. Les expériences naturelles sont des études qui tirent parti des événements politiques ou économiques pour tester des hypothèses sur la population réelle. Card a notamment analysé les effets du salaire minimal, de l’immigration et de l’éducation sur le marché du travail, en se penchant sur l’«exode de Mariel». En 1980, 125 000 Cubains expulsés par le régime de Fidel Castro, par le port de Mariel, se sont installés aux Etats-Unis, dont près de la moitié à Miami. L’économiste a étudié comment la ville de Floride a « absorbé » cet afflux sans faire exploser le chômage ni faire plonger les salaires.

L’Américano-Israélien Joshua Angrist, 61 ans, et l’Américano-Néerlandais Guido Imbens, 58 ans, ont, eux, conjointement été récompensés «pour leurs contributions méthodologiques à l’analyse des relations de cause à effet». Au milieu des années 1990, ils ont réalisé des expériences naturelles, notamment en matière d’éducation. Ils ont ainsi pu conclure qu’une année supplémentaire d’étude faisait augmenter en moyenne le salaire de 9 %, ou encore que les Américains nés en dernière partie d’année faisaient de meilleures études.

Le Monde avec AFP.

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