Anticorps monoclonal sous-cutané ou intraveineux à faible dose pour prévenir le paludisme

Selon les résultats d'un essai clinique de phase 1 des National Institutes of Health publiés dans le New England Journal of Médecine. Des essais cliniques supplémentaires évaluant si le L9LS peut prévenir le paludisme pendant six à 12 mois contre la transmission saisonnière et pérenne sont en cours chez les nourrissons et les enfants au Mali et au Kenya, où le paludisme est endémique. L'essai a été parrainé par l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), qui fait partie du NIH.

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N Engl J Med. 2022 Aug 4;387(5):397-407. doi : 10.1056/NEJMoa2203067.

Résumé

Problématique : De nouvelles approches pour la prévention et l’élimination du paludisme, l’une des principales causes de maladie et de décès chez les nourrissons et les jeunes enfants dans le monde, sont nécessaires.

Méthodes : Nous avons mené un essai clinique de phase 1 pour évaluer l’innocuité et la pharmacocinétique du L9LS, un anticorps monoclonal antipaludéen de nouvelle génération, et son efficacité protectrice contre l’infection palustre humaine contrôlée chez des adultes en bonne santé qui n’avaient jamais eu de paludisme ou reçu un vaccin contre le paludisme. Les participants ont reçu du L9LS par voie intraveineuse ou sous-cutanée à une dose de 1 mg, 5 mg ou 20 mg par kilogramme de poids corporel. Dans les 2 à 6 semaines suivant l’administration de L9LS, les participants qui ont reçu L9LS et les participants témoins ont subi une infection palustre humaine contrôlée au cours de laquelle ils ont été exposés à des moustiques porteurs de Plasmodium falciparum (souche 3D7).

Résultats : Aucun problème de sécurité n’a été identifié. Le L9LS avait une demi-vie estimée de 56 jours et une linéarité de la dose, avec la concentration sérique maximale (Cmax) moyenne la plus élevée de 914,2 ± 146,5 μg par millilitre observée chez les participants qui avaient reçu 20 mg par kilogramme par voie intraveineuse et la Cmax moyenne la plus faible de 41,5 ± 4,7 μg par millilitre observée chez ceux qui avaient reçu 1 mg par kilogramme par voie intraveineuse ; la Cmax moyenne était de 164,8 ± 31,1 chez les participants qui avaient reçu 5 mg par kilogramme par voie intraveineuse et de 68,9 ± 22,3 chez ceux qui avaient reçu 5 mg par kilogramme par voie sous-cutanée. Un total de 17 bénéficiaires L9LS et 6 participants témoins ont subi une infection palustre humaine contrôlée. Sur les 17 participants qui ont reçu une dose unique de L9LS, 15 (88 %) ont été protégés après une infection palustre humaine contrôlée. La parasitémie ne s’est développée chez aucun des participants ayant reçu 5 ou 20 mg par kilogramme de L9LS par voie intraveineuse. Une parasitémie s’est développée chez 1 des 5 participants qui ont reçu 1 mg par kilogramme par voie intraveineuse, 1 des 5 participants qui ont reçu 5 mg par kilogramme par voie sous-cutanée et les 6 participants témoins pendant 21 jours après l’infection palustre humaine contrôlée. La protection conférée par L9LS a été observée à des concentrations sériques aussi faibles que 9,2 μg par millilitre.

Conclusion : Dans ce petit essai, L9LS administré par voie intraveineuse ou sous-cutanée a protégé les receveurs contre le paludisme après une infection contrôlée, sans problèmes de sécurité évidents.

La recherche a été financéé par le National Institute of Allergy and Infectious Diseases.

Voir la publication

Richard L. Wu et al. Low-Dose Subcutaneous or Intravenous Monoclonal Antibody to Prevent Malaria. N Engl J Med. 2022 Aug 4;387(5):397-407. doi: 10.1056/NEJMoa2203067

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