Origine et évolution du conflit d’agression de la RDC

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A l’orée de l’année 1999, la République Démocratique du Congo, à travers le Ministère des Droits Humains, présente ”le livre blanc” à l’opinion tant nationale qu’internationale sur les violations massives des droits de l’homme et des règles de base du droit international humanitaire par les agresseurs dans les Provinces orientales, du 02 août au 05 novembre 1998.

Voir le Texte intégral :  Affaire relative aux activités armées sur le territoire du Congo (République c. Ouganda). LIVRE BLANC (Tomes 1 et II), Cours internationale de Justice, Annexé à la requête introductive d’instance du Gouvernement de la République démocratique du Congo enregistrée au Greffe de la Cour le 23 juin 1999.


Résumé

L’afflux massif des réfugiés Hutu rwandais dans les Provinces orientales du Congo, en 1994, consécutif à la prise de pouvoir par les Tutsi à Kigali, a davantage exacerbé le problème de sécurité à la frontière commune entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda. Les actions de la rébellion ougandaise (“Armée du Seigneur ) aux abords de la frontière congolo-ougandaise est également un facteur d’instabilité dans la région des Grands Lacs.

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Au cours de la guerre de libération (1996-1997), qui avait pour but de mettre fin à la dictature de MOBUTU, en redonnant au peuple congolais sa dignité tant bafouée et en instaurant un État de droit respectueux des droits de l’homme et des libertés fondamentales, l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) avait accepté l’assistance militaire et logistique de plusieurs pays amis, dont le Rwanda et l’Ouganda. Ces deux pays devraient tirer profit de cette assistance par le fait que la guerre de libération avait pour conséquence incidente l’éloignement de leurs frontières des tensions qui mettaient en péril leur sécurité, notamment la mise hors d’état de nuire des éléments des ex-Forces Armées Rwandaises (FAR), des éléments Hutu rebelles (lnterhamwe) et des combattants de l’Armée du Seigneur.

En juillet 1998, suite à un complot fomenté par la coalition ougando-rwandaise, en vue de l’assassinat du Président de la République Démocratique du Congo, LAURENT-DESIRE KABlLA, respectivement du renversement du Gouvernement de Salut Public, LAURENT-DESIRE KABlLA, Commandant Suprême des Forces Armées Congolaises (FAC), pris la décision souveraine de mettre fin à la présence militaire étrangère au sein des FAC. Les soldats rwandais et ougandais étaient concernés par cette mesure. Le 29 juillet 1998, le Chef de l’État prononce, à l’intention de la hiérarchie militaire, une adresse dans laquelle il explique longuement le bien-fondé de sa décision. A cette occasion, il a préconisé une nouvelle coopération entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda et a tracé les grandes lignes de la réforme de l’armée afin de la rendre plus professionnelle et plus républicaine.

Cette décision souveraine du Gouvernement congolais a constitué, pour la coalition ougando-rwandaise et leurs alliés, le détonateur déclenchant le conflit armé contre la République Démocratique du Congo. Par la suite, l’Ouganda et le Rwanda ont justifié la présence de leurs troupes sur le territoire congolais sous le prétexte fallacieux de “garantir leur sécurité” le long des frontières communes avec la République Démocratique du Congo. Les 02 et 03 août 1998, des colonnes constituées de plusieurs camions de l’armée rwandaise, chargés des militaires lourdement armés ont violé les frontières orientales congolaises pour investir les villes de Goma et de Bukavu. Dans le même temps que se déroulaient ces événements à l’Est du pays, à Kinshasa, un millier de soldats rwandais et ougandais qui s’etaient soustraits à l’opération de rapatriement appuyés par des éléments dits Banyamulenge ont pris d’assaut les camps militaires TSHATSHI et KOKOLO.

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A Kisangani, toujours dans cette nuit de dimanche 02 à lundi 03 août 1998, un autre groupe de militaires rwandais, qui attendait le rapatriement pour Kigali, a ouvert le feu sur la garnison de la ville. Le mardi 04 août 1998, trois avions Boeing, des Compagnies congolaises (Congo Airlines, Lignes Aériennes Congolaises et Blues Airlines), ont eté détournés au départ de Goma (Nord Kivu) pour atterir à la base militaire de Kitona (Bas-Congo) avec 600 à 800 militaires rwandais.

Monsieur James KABAREBE, sujet rwandais ayant assumé jusqu’en juillet 1998 les fonctions de Chef d’État-major ad intérim des Forces Armées Congolaises, était l’instigateur principal de cette opération. Les buts visés étaient multiples, notamment :

1) Obtenir le ralliement des éléments congolais en formation à Kitona ; 2) Asphyxier Kinshasa en s’emparant des ponts maritimes de Banana, de Borna et de Matadi. La voie fluviale du Sud-Ouest est vitale pour l’approvisionnement de la capitale en produits de première nécessité et en produits pétroliers; 3) investir le barrage hydroélectrique d’Inga qui assure la fourniture en énergie électrique de la Province du Bas-Congo, de la ville de Kinshasa et des exploitations minières de Katanga, ainsi que de plusieurs autres pays de l’Afrique Centrale et Australe; 4) s’emparer de Kinshasa par le Bas-Congo, pour renverser le Gouvernement de Salut Public et assassiner le Président LAURENT-DESIRÉ KABILA en vue d’y installer un régime Tutsi ou d’obédience Tutsi, etc.

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Le dimanche 09 août 1998, deux colonnes des soldats ougandais ont violé l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo. La première colonne était composée de 3 blindés et de 7 camions K.Y., la seconde comprenait 7 auto-blindés. Localisés entre Kamango et Watsa, ces troupes ougandaises se dirigeaient vers Bunia, dans la Province orientale. De plus, toujours le 09 août 1998. à 11 heures (9 heures GMT), un gros porteur de l’armée ougandaise a atterri à NEBBI, District ougandais, très proche de KAROBO, à plus ou moins 20 Km de MAHAGI. en territoire congolais. Cet avion a déposé un lot important d’armes et de munitions. Celles-ci ont été distribuées aux garnisons de FAHlDI, de HURUTl, de MBO et de MEE, dans le but de servir de forces d’appui à la coalition ougando-rwanadaise au Congo.

Telle est l’origine de la guerre d’agression contre la République Démocratique du Congo. Depuis lors, le conflit a pris des dimensions importantes et inquiétantes en ce sens que les zones de conflits se sont étendues à six Provinces (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Province Orientale, Katanga, Équateur). De plus, les agresseurs se livrent à des violations graves des droits fondamentaux des congolais et des règles élémentaires du Droit international humanitaire. Ils se livrent également à des actes de pillage des biens, des ressources du sol et du sous-sol, des ressources de la faune (spécialement les espèces animales protégées: éléphants, okapis, gorilles, rhinocéros blancs), etc.

Ils accomplissent leur sale besogne à l’abri de témoins. Les organisations humanitaires internationales (HCR, UNICEF, OMS, Médecins Sans Frontières … ) ont été chassées des zones de conflits, en les faisant transiter obligatoirement par Kigali pour une fouille systématique moyennant une escorte militaire empêchant toute collecte d’informations sur les massacres et pillages. C’était sans compter avec le nationalisme des Congolais. Ce livre blanc en est la preuve tangible. Quel que soit le prix à payer, le peuple congolais ne reculera pas devant les agresseurs.

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