Fidel Castro, sa Vie et son Œuvre

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Né à Biran, à Cuba, le 13 août 1926 — Premier ministre de Cuba (16 février 1959 – 2 décembre 1976) — Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste cubain (24 juin 1961 – 19 avril 2011) — Président du Conseil des ministres (2 décembre 1976 – 24 février 2008) — Président de Cuba (2 décembre 1976 – 24 février 2008) — Secrétaire général du mouvement des non-alignés (10 septembre 1979 – 6 mars 1983, 16 septembre 2006 – 24 février 2008) — Décédé le 25 novembre 2016 à La Havane, Cuba.

Fidel Castro, le révolutionnaire

Fidel Castro, né le à Birán (dans la province de Holguín) et mort le à La Havane, est un révolutionnaire et homme d’État cubain. Il dirige la République de Cuba, pendant 49 ans, comme Premier ministre de 1959 à 1976 et ensuite comme président du Conseil d’État et président du Conseil des ministres de 1976 à 2008. C’est son frère Raúl Castro qui lui succède.

Le 26 juillet 1953, avec une centaine d’insurgés et déjà son frère, Raul, Fidel Castro tente de s’emparer de la caserne de la Moncada, à Santiago. Arrêté, il est condamné à 15 ans de prison. Lors de son procès, il lâche cette phrase devenue célèbre : “L’histoire m’absoudra”.

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Il est finalement amnistié et libéré le 15 mai 1955. C’est le moment où il quitte Cuba pour le Mexique. Il y fait l’une des rencontres de sa vie : Ernesto Che Guevara. Les deux hommes partagent la même vision du monde. Le 2 décembre 1956, Fidel Castro, son frère Raul et Che Guevara débarquent avec 82 “barbudos” à Cuba. Ils tombent sur les troupes de Fulgencio Batista. Seule une vingtaine d’hommes survivent, dont Fidel, Raul et Che Guevera. Ils s’installent alors dans la Sierra Maestra, d’où ils organisent la guérilla.

Après deux ans de combats acharnés et de vie sommaire, Fidel Castro entre, victorieux, à La Havane, le 8 janvier 1959. Le dictateur Fulgencio Batista a été mis en déroute, il est en fuite vers l’étranger (République dominicaine, puis Espagne). Fidel Castro est désigné Premier ministre dès le mois de février – Manuel Urrutia est président. Le “père de la révolution cubaine” est né.

Il est un des principaux dirigeants de la Révolution cubaine qui renversa le régime dictatorial de Fulgencio Batista. Fidel Castro, Raúl Castro, et Ernesto Guevara (dit « le Che ») donnent à la révolution, officiellement nationaliste au départ, une orientation marxiste-léniniste au début des années 1960, au moment de son affrontement avec les administrations américaines de l’époque. Le pays se rapproche alors de l’URSS. À la suite de la révolution, le régime cubain instaure progressivement une république socialiste à parti unique.

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Fidel Castro est également député de Santiago à partir de 1976 et premier secrétaire du Parti communiste de Cuba à partir de sa refondation en 1965. Considéré assez différemment à travers le monde, il est perçu par certains mouvements socialistes et communistes comme une icône alors que d’autres le voient comme un homme ayant instauré un régime autoritaire. Il est aujourd’hui généralement considéré comme un dictateur par les historiens occidentaux et les pays démocratiques.

Fidel, conquérant de l’impossible

«…Au fil des ans, Fidel n’a rien perdu de ses idéaux, dans un contexte où il est apparu seul, à contre-courant de son temps. Il a aspiré à être le chef de file des pays du tiers-monde et du Mouvement des non-alignés. Il a accepté, parfois à son corps défendant, des réformes, dont l’introduction du dollar dans l’économie cubaine. Face à un pays plongé dans le marasme économique et les privations, celles particulièrement de la « période spéciale » des années 1990, post-chute du mur de Berlin, il comprend qu’il n’a d’autre choix pour sauvegarder les acquis de la révolution que de s’ouvrir à l’extérieur.

Il entrevoit très tôt, de façon prémonitoire, les dangers de la mondialisation et les risques que fait peser l’américanisation du monde sur la culture et l’environnement : «Aucun pays ne peut aujourd’hui par lui-même résoudre ses problèmes, c’est cela la réalité du monde globalisé, et nous devons dire: “Soit nous nous sauvons ensemble, soit nous sombrons ensemble.” » Loin des portraits officiels, Fidel est un personnage complexe, à la fois opiniâtre et timide, drôle et dogmatique, authentique et imprévisible ! Marxiste, il reconnaît que la religion n’est pas toujours l’opium du peuple car la « tendance naturelle de l’homme est de croire ». Chef d’État, il se montre évasif sur le système politique cubain.

Cinquante ans d’intransigeance

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«…Pendant un quart de siècle, un débat a opposé les partisans de la thèse d’un Castro poussé dans les bras de l’Union soviétique par les erreurs et l’agressivité des Etats-Unis et les avocats d’un Castro décidé, dès le début, à instaurer un régime socialiste à Cuba. Aucune réponse définitive n’a été apportée à cette question fondamentale. Par nécessité ou stratégie, Castro a en tout cas troqué une dépendance aux États-Unis pour une autre sujétion, sourcilleuse mais encore plus rigoureuse, à l’URSS. Avec Moscou, Castro a noué une alliance indispensable à la survie de sa révolution. Alliance inégale, bien qu’il ait sans cesse réaffirmé sa ” souveraineté ” .

Il a reçu des Soviétiques, dès 1960, une aide économique et militaire très importante, progressivement jugée trop lourde par Moscou. Elle a fini par être réduite à la fin des années 1980, lorsque l’URSS de Mikhaïl Gorbatchev dut, elle-même, affronter une crise économique dévastatrice. Cette aide a néanmoins permis à Cuba de devenir une puissance militaire, d’obtenir des résultats positifs dans les domaines de la santé et de l’éducation et de maintenir un temps à flot une économie nationale en crise permanente. »

Fidel Castro, «père» de la révolution cubaine, est mort

«…Castro, orateur hors pair, a inspiré les mouvements de gauche dans le monde entier et plusieurs dirigeants latino-américains, Evo Morales en Bolivie et Hugo Chavez au Venezuela, par exemple, qu’il présentait comme ses héritiers. En envoyant près de 20 000 médecins cubains soigner les plus pauvres, d’abord au Venezuela, puis jusqu’au Pakistan, en Indonésie et au Timor oriental, le dirigeant cubain a su se créer des alliés fidèles. Pour la jeunesse altermondialiste, Castro et le « Che », mort en 1967 en Bolivie, sont devenus des icônes de la révolution.

Assumant à la fois les fonctions de dirigeant du Parti communiste et de président, le Líder Maximo a conduit le pays d’une main de fer. Malgré les difficultés économiques dans les années 1990, il a refusé toute concession au capitalisme, malgré l’effondrement du bloc soviétique. Il est accusé d’avoir soumis les onze millions de Cubains à la pauvreté collective dans un État policier, les privant de toute liberté politique. Il y a moins d’un an encore, Amnesty international dénonçait la répression contre les opposants, toujours en vigueur. »

Le géant Castro s’éteint

«… Au Venezuela de l’ère Chavez et dans la Bolivie d’Evo Morales, notamment, Fidel Castro était un héros. Pas un dictateur. Courageux dénonciateur de l’impérialisme, éternel critique de la société de consommation et défenseur du Sud contre le Nord. Ailleurs, évidemment, la perception est tout autre. Pour une large part de la population occidentale, Fidel Castro était avant tout un dirigeant répressif, qui a fait table rase de toute opposition dans son pays pour mieux ériger un régime totalitaire communiste qui est devenu graduellement anachronique. Il y a du vrai dans les deux perceptions. Tad Szulc dit que Castro était ”tout à la fois : l’idole d’une humanité indigente, et le dictateur communiste tyrannique”.

Un homme de paradoxe et de contradiction. Tous reconnaissent à Castro un instinct politique rare. Il avait un charisme fou, racontent ceux qui ont croisé sa route. Boulimique de lecture, possédant une mémoire phénoménale, il pouvait disserter des heures durant sur à peu près n’importe quel sujet. Son énergie était aussi sans limites jusqu’à sa maladie. Bourreau de travail, il passait parfois des jours sans dormir, raconte la légende. (…) Mais Castro avait aussi des défauts tenaces, dont celui de ne pas supporter l’opposition. Combien d’organismes humanitaires, d’anciens révolutionnaires, de ressortissants exilés ont dénoncé les violations aux droits de la personne commises par le régime, les vagues de répression, les procès arbitraires, la dérive autoritaire opérée par un Fidel Castro violent et manipulateur ? »

“…M. Castro était peut-être le leader le plus important à émerger d’Amérique latine depuis les guerres d’indépendance du début du XIXe siècle. Il était décidément le façonneur le plus influent de l’histoire cubaine depuis que son propre héros, José Martí, a lutté pour l’indépendance de Cuba à la fin du XIXe siècle. La révolution de M. Castro a transformé la société cubaine et a eu un impact plus durable dans toute la région que celui de toute autre insurrection latino-américaine du XXe siècle, à l’exception peut-être de la révolution mexicaine de 1910.

Son héritage à Cuba et ailleurs a été un bilan mitigé de progrès social et de pauvreté abjecte, d’égalité raciale et de persécution politique, de progrès médicaux et d’un degré de misère comparable aux conditions qui existaient à Cuba lorsqu’il est entré à La Havane en tant que commandant victorieux de la guérilla. en 1959. Cette image a fait de lui un symbole de la révolution à travers le monde et une inspiration pour de nombreux imitateurs. Hugo Chávez du Venezuela considérait M. Castro comme son parrain idéologique.

Le sous-commandant Marcos a commencé une révolte dans les montagnes du sud du Mexique en 1994, en utilisant bon nombre des mêmes tactiques. Même les performances inégales de M. Castro en tant qu’autocrate vieillissant en charge d’une économie en déclin ne pouvaient pas miner son image. Mais au-delà de toute autre chose, c’est l’obsession de M. Castro pour les États-Unis, et l’obsession de l’Amérique pour lui, qui ont façonné son règne. »

Références :

  1. Bernard Duraud, «Fidel, conquérant de l’impossible», L’Humanité (France), 28 novembre 2016
  2. La rédaction de Mediapart, «Fidel Castro, « père » de la révolution cubaine, est mort », Mediapart (France), 26 novembre 2016
  3. Marcel Niedergang, «Cinquante ans d’intransigeance», Le Monde (France), 28 novembre 2016 (paru initialement en 2001), p. 2.
  4. Guillaume Bourgault-Côté, «Le géant Castro s’éteint», Le Devoir (Québec, Canada), 26 novembre 2016.
  5. S.A., «Fidel Castro dies at 90; Cuban Revolutionary Who Defied the U.S.», New York Times (États-Unis), 27 novembre 2016, p. A1.

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