Affaire des «100 Jours » : Vital Kamerhe acquitté

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Condamné à vingt ans de prison au premier degré par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe pour «détournement» de plus de 57 millions de dollars américains destinés à l’achat et la construction des maisons préfabriquées, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe, a été finalement acquitté jeudi 23 juin par la cour d’appel de Kinshasa-Gombe. Ce jeudi soir, c’est entouré de ses proches – sa femme, ses enfants, sa mère –, mais aussi de ses amis et de ses collaborateurs que Vital Kamerhe a fêté sa liberté retrouvée, dans l’une de ses résidences de la commune huppée de La Gombe. Les journaux parus ce vendredi 24 juin à Kinshasa s’intéressent à son avenir politique.


Vital Kamerhe. Vital Kamerhe devant le siège de l’UDPS en 2018. © Stefan Kleinowitz / ZUMA / REA.

«L’annonce du verdict acquittant Vital Kamerhe, vingt-quatre heures avant l’échéance, a pris toute l’opinion de court, jusqu’à ses avocats qui, selon des sources crédibles, n’étaient pas informés de l’avancement de la date de l’audience», rapporte EcoNews. Kamerhe acquitté, poursuit le journal, c’est tout le château de la lutte contre l’impunité qui s’écroule. C’est aussi l’énigme autour du programme, dit des «100 jours», qui est définitivement enterré. «Après la prison, le leader de l’UNC (Union pour la nation congolaise) recouvre toute sa liberté et voit s’ouvrir devant lui une nouvelle aventure politique qui pourrait se conjuguer entre la Primature ou la Présidence de la République», estime le tabloïd.

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Le bilan de l’actuel président flirte avec le désastre total. Il sait qu’il a besoin de l’expertise de l’insubmersible Kamerhe, qui n’a jamais aussi bien mérité son surnom de «Kamérhéon», note le quotidien Le Journal à la suite de la Libre.be. Si Vital Kamerhe «revient aujourd’hui, nul doute qu’il devra jouer un rôle dans la course à la réélection de son ancien meilleur allié» du CACH, Félix Tshisekedi.

La Prospérité s’intéresse également à l’avenir du leader de l’UNC. «Après l’acquittement de l’ancien Dircab de “Fatshi”, la logique ne voudrait-elle pas qu’il soit dédommagé pour son nom qui aurait été sali et toutes ces années perdues ? La logique ne voudrait-elle pas renseigner aux millions des congolais, où sont finalement partis les millions de dollars alloués aux travaux ?», s’interroge le quotidien. «Animal politique, libre, Kamerhe ne tardera pas de se relancer politiquement. Il a toutes les cartes entre ses mains. Voyons venir 2023, année du scrutin électoral, le “Pacificateur” sera l’un des acteurs politiques principaux au cœur du pouvoir», écrit le journal.

Nombreux sont les Congolais qui lient le sort de Vital Kamerhe à celui de Nelson Mandela qui est parti de la prison à la présidence de la République, révèle L’Avenir. Déjà, «les réseaux sociaux lui attribuent déjà la présidence de la République, et pensent qu’il est à même d’aider le président de la République à mieux aborder son deuxième mandat. D’autres (en revanche) estiment que conformément à l’accord portant création de CACH signé à Nairobi, Vital Kamerhe est bien placé pour être le dauphin de l’actuel chef de l’État aux élections de 2023», poursuit le quotidien.

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Pour célébrer l’acquittement de leur autorité morale, cadres et militants étaient en liesse, toute la journée de jeudi, au siège national du parti dans la commune de Kasa-Vubu, rapporte Le Potentiel. «Sur le plan politique, le président de l’UNC (Union pour la nation congolaise) a engrangé un précieux point. Blanchi par la justice, Vital Kamerhe peut à nouveau affronter son électorat en 2023. Ira-t-il encore avec son allié Félix Tshisekedi ou fera-t-il cavalier seul ? Cette nouvelle page ne fait que s’ouvrir», estime le tabloïd.

«Enfin, le temps nous donne son verdict. Celui qu’on croyait mort et enterré et revenu parmi nous tel un Phoenix qui renaît de ses cendres. Merci au Maître des temps et des circonstances», rapporte AfricaNews, citant une sources dans les milieux de la formation politique de Vital Kamerhe.

De son côté, signale La Référence Plus, le ministre Jean Lucien Bussa a également salué la libération de Vital Kamerhe : “Je me réjouis de l’acquittement de Vital Kamerhe, un acteur dont les ressources politiques et intellectuelles sont des atouts dont le pays ne devrait pas s’en passer”.

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Le coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise, Jonas Tshiombela, a réagi, à ACTUALITE.CD, à l’acquittement de Vital Kamerhe par la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe dans le procès 100 jours alors que lui et ses co-accusés avaient été condamnés pour un détournement de près de 50 millions de dollars américain. M. Tshiombela salue la décision de la justice mais dit rester sur sa soif. Pour lui, si Vital Kamerhe est acquitté, ce que c’est quelqu’un d’autre qui a détourné. D’où il appelle la justice à s’expliquer s’il y a eu ou pas détournement des deniers publics dans le cadre du programme 100 jours du chef de l’État, “Nous, la Nouvelle société civile congolaise, saluons cette décision de la Cour mais nous voulons que la justice nous éclaire. Elle nous laisse sur la soif. Si Kamerhe est acquitté, ce qu’il y a eu quelqu’un qui a détourné. La justice devra nous expliquer qui a réellement détourné ce fonds parce que Monsieur Vital Kamerhe est acquitté mais le fond n’existe pas, les matériels n’existent pas, la justice doit nous dire où en sommes nous avec les travaux qui ont été promis à la population. Nous restons inquiets, nous semblons ne pas faire confiance à la justice”, a dit Jonas Tshiombela, coordonnateur de la NSCC.

Espoir Ngalukiye, militant du mouvement citoyen de la Lucha, estime que les promesses d’état de droit ne sont pas tenues au Congo. “L’État de droit tant vanté par le président Félix Tshisekedi n’est que théorie et sur le papier […] Si l’argent n’est pas retrouvé, on va tirer comme conclusion que le président de la République est le principal commanditaire de l’ensemble de ces choses. Ce sont des millions , de dollars qui auraient pu servir à construire des écoles, à équiper les militaires au front. Et tout ça se fait à la barbe du président de la République qui est de plus en plus impuissant”, rapporte RFI.

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