Une approche explore le lien entre une exposition aux polluants chimiques et le risque d’endométriose

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L’impact des polluants environnementaux sur l’endométriose, une maladie inflammatoire et chronique de la muqueuse utérine, reste globalement méconnu bien que cette maladie affecte 2 à 4 millions de femmes en France. Le projet EndoxOmics-β a permis de mettre en place une approche intégrative pour explorer le lien entre polluants chimiques et endométriose à l’aide de plateformes de spectrométrie de masse à haut débit. Les résultats ont permis de révéler des relations entre des marqueurs endogènes associés à l’endométriose et l’exposition à certains polluants chimiques qui peuvent apporter des informations sur les mécanismes sous-jacents.

Schéma conceptuel du projet EndoxOmicsSchéma conceptuel du projet EndoxOmics-β-Servier Medical Art (smart.servier.com).

L’endométriose, est-elle favorisée par une exposition aux polluants chimiques ?

L’endométriose est une maladie qui cause de graves douleurs et de l’infertilité chez les femmes. Entre 1 et 2 femmes sur 10 en âge de procréer sont touchées par la maladie, soit 2 à 4 millions de femmes en France. La maladie est également problématique pour les médecins car les symptômes ne sont pas spécifiques, retardant le diagnostic de plusieurs années, entraînant ainsi des coûts économiques et sociétaux importants. Les déterminants de l’endométriose ne sont pas bien compris, mais certains chercheurs ont trouvé des associations entre les polluants organiques persistants (POPs) et la progression de l’endométriose. Les POPs ont été intensivement utilisés pendant les années 60s et 70s, mais interdits ou dont la dose est strictement régulée en raison de leurs propriétés toxiques. En effet, du fait de leur caractère stable et lipophile (affinité pour la matière grasse), ces polluants sont encore présents dans la plupart des organismes vivants après plusieurs dizaines d’années d’interdictions.

Une approche innovante pour analyser les effets cocktails des polluants chimiques sur le risque d’endométriose

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Dans un cadre collaboratif entre l’UMR-LABERCA (INRAE-Oniris), le CHU de Nantes et l’Unité Stat-SC (ONIRIS-INRAE) une approche innovante a été proposée pour surmonter les défis des effets ‘cocktails’ des polluants chimiques et avancer sur les liens fonctionnels endométriose-polluants chimiques à l’aide des plateformes analytiques de spectrométrie de masse à haut débit et de méthodes statistiques avancées. Cette nouvelle approche a pour objectifs de : (1) Étudier les associations entre l’exposition à des mélanges de faible doses de POPs et le risque d’endométriose, et (2) Explorer la présence de biomarqueurs endogènes qui peuvent aider à mieux comprendre les mécanismes de ces associations entre les POP et l’endométriose.

L’approche a été conduite dans une cohorte de femmes ayant déclaré ou non une endométriose et recrutées dans le Service de Gynécologie-Obstétrique du CHU de Nantes. L’expertise et la capacité analytique de l’UMR LABERCA ont permis de quantifier de façon exhaustive les POPs et des marqueurs métaboliques présents dans le sang des femmes. Finalement, les méthodes statistiques avancées développées par les unités LABERCA et Stat-SC ont permis l’intégration et l’analyse de ces données complexes.

Des liens entre la présence de mélanges de polluants organiques persistants (POPS) et le risque d’endométriose

Les résultats de ce projet-pilote ont montré des liens entre une exposition à des mélanges de POPs et le risque d’endométriose, notamment avec des pesticides organochlorés et des biphényls polychlorés. Les analyses intégratives ont révélé pour la première fois chez la femme des liens fonctionnels de ces POPs avec des biomarqueurs métaboliques et inflammatoires, précédemment observés dans des modèles expérimentaux.

La poursuite des travaux de recherche par une étude inédite à très grande échelle dans les 3 prochaines années

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Ces résultats sont une preuve de concept de la faisabilité méthodologique de cette nouvelle approche intégrative et de son potentiel exploratoire dans la compréhension des mécanismes mis en jeu dans le développement de l’endométriose. Ces résultats ont justifié aussi la continuité de cette étude dans un cadre populationnel élargi qui sera conduite, dans les 3 prochaines années, en partenariat avec l’Institut Gustave Roussy et l’Unité INRAE ToxAlim, et financée par la Fondation de la Recherche Médicale. À ce jour, il s’agira de la plus grande étude menée auprès d’un groupe de femmes en population générale sur les associations entre les POPs et l’endométriose, en considérant simultanément des mélanges de POPs et des biomarqueurs endogènes. Les résultats attendus pourront aider à comprendre le rôle d’une exposition aux mélanges de POPs dans la progression de la maladie, en aidant à développer des stratégies préventives mais aussi de nouveaux outils de diagnostic non invasifs.

Voir la publication

Matta K, Lefebvre T, Vigneau E, Cariou V, Marchand P, Guitton Y, Royer AL, Ploteau S, Le Bizec B, Antignac JP, Cano-Sancho G. Associations between persistent organic pollutants and endometriosis: A multiblock approach integrating metabolic and cytokine profiling. Environ Int. 2021 Oct 11;158:106926. DOI: 10.1016/j.envint.2021.106926.

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