Leadership, chaînon manquant : La RDC en quête des leaders à la hauteur des ses enjeux

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Qu’il semble loin le temps des Mandela, Houphouët, Bourguiba, Senghor, Sankara, confrontée à des défis de plus en plus complexes, l’Afrique manque cruellement de dirigeants visionnaires, intègres et courageux capables de les relever et d’inspirer les foules. Crise de système ou crise d’Hommes? Ouvrant la conférence afro-américaine de Kinshasa le 22 janvier 1975, le Président Mobutu confirmait la vérité qu’au fond ”les systèmes ne disent rien, ce sont les hommes qui conçoivent les idées et qui savent les appliquer qui sont plus importants que tout le reste”. C’est acquis, dans son pays, quarante ans plus tard.

Après la Pandémie, le Réveil de l’Afrique?

Aujourd’hui, au moment où l’humanité se concerte et se mobilise pour tenter de réaménager son univers sur des bases nouvelles après la pandémie de la Covid-19, se pose un problème d’hommes : le problème de trouver des hommes capables d’inventer et appliquer des solutions nouvelles aux problèmes nouveaux, capables donc de porter un regard nouveau sur eux-mêmes et sur les choses et d’en tirer radicalement les conséquences pour une nouvelle organisation de la vie sur terre.

Où trouver des tels hommes? En fait, on n’en trouvera de cette qualité que si on les préfère sincèrement à d’autres et si on s’active à en créer ou recréer en plus grands nombres par voie de l’éducation et de conversion.  En tous cas, le premier bilan d’un quart de siècle de progrès technique et scientifique des plus spectaculaires met aujourd’hui plus que jamais en évidence cette vérité inéluctable : l’homme, qui est la raison d’être et le but de tout progrès économico-social, en est aussi l’auteur principal, l’agent économique absolument irremplaçable, la matière première la plus précieuse et en me temps que la plus délicate à traiter.

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En effet, les guerres, l’inflation qui compromet à un point critique l’ensemble de l’économie congolaise, les constructions anarchiques, la corruption, l’état de destruction des infrastructures, …, ne sont-ils pas d’abord du à une défaillance humaine? Celle-ci, en l’occurence, est le fait du laisser-aller d’une catégorie des dirigeants politiques, de banquiers, d’industriels, d’hommes d’affaires et même de syndicalistes  appartenant à toutes les cultures, tribus et à tous les âges dans notre pays, à coté coups reçus de l’extérieur (agression, mercenaires, politique monétaire internationale et capitalisme, ….). Il en est même qui, loin de connaître l’inflation, pour ne citer qu’elle par exemple, l’intègre dans leur stratégie intéressée, à courte vue, comme il y a des gouvernants qui tablent sur l’inflation pour donner à leur budget une apparence d’équilibre.

Ainsi nait et se développe, bien plus par carence humaine que par erreur de principe, l’injustice sociale, un grave fléau existentiel. Mais la crise d’hommes se manifeste encore sous bien d’autres formes d’inconscience dues, celles-ci, à l’ignorance et au manque d’information, quoique, tout aussi, à un certain manque de réflexion. Tenons par exemple : la politique de développement et la politique de population sont pratiquement inséparables, spécialement dans une situation d’accroissement démographique rapide. Il convient donc de souligner que la crise d’hommes qui paralyse actuellement le progrès de notre pays n’est pas  seulement l’affaire d’une élite de rechange à forme : l’ensemble de la population est concerné et doit en prendre conscience. Et ce n’est évidemment pas qu’en RDC mais partout en Afrique Subsaharienne.

Fondements du nouveau leadership

Nous voulons en fait dire que chaque citoyen doit comprendre que produire autrement, et organiser autrement sa vie économique  implique aussi l’impérieuse nécessité de penser autrement. A la sagesse d’antan, celles des proverbes, il faut substituer les âges scientifique, à la hauteur des exigences nouvelles du développement.  Les crises actuelles, mettant en cause et en question les hommes plus que les systèmes au vertus desquels on croit de moins en moins. L’avenir des hommes est essentiellement lié à leur capacité intellectuelle et morale de concevoir des idées justes et de les appliquer correctement.

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De manière générale, plusieurs questions devraient avoir des réponses pratiques si nous voulons réussir ce nouveau pari. Ces questions sont liées 1) à l’ensemble d’actions que nous mènerons dans le contexte de la globalisation, 2) aux approches stratégiques (sans doute cross-sectorielles) dans la lutte contre pauvreté, 3) à la gestion des conflits et à la résolution et la prévention de la violence, 4) à la légitimité des institutions étatiques, 4) à un monde d’interdépendance croissante, 5) à la gestion de transformations à grande échelle, 6) à la gestion des contradictions et des paradoxes, ou 7) à la lutte et la prévention de la corruption endémique qui mine le développement de l’Afrique.

Le nouveau leadership africain devra repenser le concept de développement et des impasses d’un processus de standardisation des sociétés en redécouvrant les styles et qualités existants dans la philosophie passée, la culture, et le comportement de l’Afrique. Le développement de l’Afrique devrait s’opérer dans un ensemble de paradigmes non-linéaires. Le développement tel qu’il est imposé aux sociétés africaines est fortement tributaire d’une culture et d’une vision du monde caractéristiques de la philosophie occidentale linéaire, la Banque Mondiale et le FMI assurant le service après-vente!

Relevons ces défis en développant un nouveau modèle de leadership (tel que proposé par le Président Kufuor), basé non sur la bureaucratie et la linéarité, mais sur la complexité.

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Joseph Baraka

Références :

  1. Congo-Zaire, Revue. Crise de système ou crise d’Hommes? Février, 1975.
  2. Le Temps. Leadership en Afrique: Le maillon manquant! Consulté le 31 jullet 2015.

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