Nos malheurs, leurs causes et leurs remèdes (3/7) : La crise de citoyenneté active

Dans cet éditorial, troisième de la série Nos malheurs, leurs causes et leurs remèdes, nous analysons l’état de l’engagement citoyen dans notre pays. Notre thèse centrale est qu’il existe bel et bien une crise de  citoyenneté active en République Démocratique du Congo, crise qui est un des maux profonds de notre pays, et que cette crise a ses racines dans l’histoire du pays. Nous pensons qu’il n’y a pas d’événement triste dont un peuple qui en fait les frais ne soit dans son ensemble comptable directement ou indirectement vis-à-vis de lui-même. Ainsi, penser tout désordre et tout débâcle national doit faire interroger sur la qualité de la citoyenneté du peuple concerné.  Cette analyse s’achève par une ouverture du débat sur ce qui doit être fait pour aider notre peuple à sortir de cet état mortel. 


Introduction

Dans Politique, Aristote mettait en évidence le rôle de la cité et des citoyens qui la composent dont le premier devoir est de participer aux affaires publiques et qui accomplissent leur destin dans cette participation. La citoyenneté active est un concept général englobant aussi bien les droits que les responsabilités des citoyennes et des citoyens1 . Elle presse les gens à s’engager dans le monde qui les entoure. Parmi les valeurs fondamentales de la citoyenneté active, on trouve la participation et l’appartenance à une collectivité solidaire. Les promoteurs de la citoyenneté active exhortent les citoyennes et les citoyens à rechercher et à se battre pour le bien public, plutôt que de privilégier leurs intérêts particuliers, par nature plus étroits. Ils encouragent les gens à s’impliquer davantage dans leur quartier, dans les groupes sociaux auxquels ils appartiennent et dans la collectivité humaine, en général, en vue d’améliorer le monde.  Dans le premier chapitre de cette série, nous avons défini une nation comme étant un ensemble des personnes vivant dans un même pays (espace) et partageant une ferme volonté de vivre ensemble, volonté qu’ils traduisent dans la définition claire d’un idéal commun qui nourrit l’esprit national et dont la réalisation progressive et chaque jour en mieux devient le principe et la fin de tout engagement. De cette définition, on peut tirer comme corollaire que dans une véritable nation, une ferme volonté et un fort engagement de tous pour un idéal commun implique une responsabilité et une redevabilité de tous.

De ce fait, dans le cas de notre pays, nous postulons ici que si notre peuple était suffisamment engagé et s’il veillait à ce qu’il voulait être et sur ce que les politiques faisait de son destin, il ne serait pas longtemps le jouet des fourbes et de ceux qui, depuis des décennies déjà, s’arrogent l’inique droit de le voler, de l’opprimer, et de le tuer. Il commencerait à jouer un rôle de sentinelle vigilante, rôle inévitable qui est le sien et qui veut dire qu’il doit se mettre débout guidé par les équipes patriotiques avant-gardistes pour sortir le pays de la stagnation où des longues années de veulerie et de résignation l’ont plongé. Il s’affranchirait alors de l’emprise des préjugés et de superstition nées d’une interprétation à la fois fausse et paresseuse de son histoire et de son génie. De ceci, nous pensons qu’il n’y a pas d’événement triste dont notre peuple fait les frais où il ne soit dans son ensemble comptable directement ou indirectement vis-à-vis de lui-même. Ainsi, penser tout désordre et tout débâcle national doit faire interroger sur la qualité de la citoyenneté de notre peuple.

Une grande déception

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Dans un monde bouleversé par les transformations prodigieuses d’une technique en plein accomplissement, notre classe politique comme notre peuple, ne se gênent même pas de ne pas être dans la course de l’Histoire. Partout ailleurs, dans les pays civilisés, l’État tire profit des richesses nationales, met la main dans la poche des citoyens et puise les ressources dont il a besoin pour travailler à rendre le peuple heureux et le pays prospère. Nous, nous nous plaisons à accentuer nos blessures et à continuer les mêmes pratiques en jouant sur nos différences, et cela nous amuse, nous appelons cela la politique, nous disons que la loyauté aux chefs politiques (sans vision vivante) paye. Ainsi, quand on regarde ce qu’il est devenu, l’attrait cède à la répulsion, la déception saisit le cœur. On réalise que ce beau pays a été gâté par les hommes, que cette terre si riche et si généreuse ne porte que des misères, que ce ciel si pur abrite des horreurs, que dans les palais logent toutes les dépravations. Au milieu de ce grand calme de la nature, on devine les hypocrisies de l’égoïsme, et, à travers les parfums des fleurs de nos forêts, on sent l’odeur de la corruption totale.  On voit vite un peuple en décomposition : le désordre, la cupidité, l’ambition, les vices, les crimes, tout cela grouille dans les ruisseaux fangeux qui verse leur impur tribut dans les nobles eaux d’une terre bénie. Et à mesure que l’observation pénètre plus profondément dans les bas-fonds de la vie de Kinshasa, il reste altéré devant la pourriture de la classe politique, dont il ne trouve pas les limites et qui a rongé lentement ce beau pays, en ne lui laissant que les apparences de la vie.

Malheureusement, devant tout cela, l’attitude de notre peuple à l’égard des dérives des leaders politiques, économiques et sociaux, à l’égard des tueries à l’Est de notre pays, de la misère générale, du chômage et tant d’autres maux, ne peut ne pas faire demander si, par hasard, un concours de lâcheté civique n’a pas été ouvert à notre insu, et si chacun de nous n’a d’autres désirs que celui d’y mériter une récompense.  Il n’y a en grande partie dans notre peuple que des moutons à tondre indéfiniment pour satisfaire aux exigences d’une poignée des cupides et à l’entretien d’une nombreuse cour des faméliques dont rien ne peut assouvir les appétits jamais apaisés. Car depuis longtemps déjà nous voyons, nous sentons, nous savons que les politiciens incompétents et flatteurs nous trompent, que ces parvenus se servent de nous et de notre bonasserie, comme un tremplin pour atteindre les honneurs, à l’argent et au pouvoir, mais nous ne faisons pas ce qu’il faut pour en finir. Même la classe instruite, qui devrait prendre garde des mystificateurs, des flagorneurs, des ambitieux, se guérir du culte des individus, déçoit ! Elle persiste à leur courir après, même lorsqu’ils font cyniquement parade de leur trahison, même lorsqu’ils ont mis leur main dans celles ensanglantées. Crédule jusqu’à la bêtise, elle se laisse persuader que cela est une bonne tactique pour se retrouver, elle donne toute sa confiance, et croit qu’elle sera conduit à son émancipation économique, politique et sociale; et se fait trainer, bien entendu très lâchement, dans la boue et les crachats comme une limace.

Ainsi, peuple sot, on nous trompe ; faible, on nous dédaigne et on nous écrase ; lâche, on nous méprise ; esclave, on nous enchaîne et on nous fouette. Nous sommes dociles jusqu’à la couardise, naïfs jusqu’à l’idiotisme. On éprouve alors une véritable honte en constatant combien l’ensemble des citoyens est demeuré exploitable, taillable, arrêtable, gouvernable et corvéable à merci. Ainsi se perpétue la misère totale : sociale, intellectuelle, économique, politique, … existentielle, et l’exploitation de l’homme par l’homme.

L’illusion démocratique

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Le comble de l’aberration est donc que le même peuple qui supporte le poids écrasant de cette fourmilière des fonctionnaires, le même peuple dispensateur de tout ce qui constitue la fortune publique demeure humble, soumis devant la gent rongeuse, et s’oublie au point qu’il ne lui demeure même pas de quoi s’abriter et se substanter, en même temps qu’il croupit sous le poids de la faim qui est responsable de plus de ravages que ceux que les guerres assurent. Notre peuple dans son ensemble, très heureux et fiers de s’entendre appeler “peuple souverain”, tout en sachant que cela est une ironie, synonyme de «peuple esclave» ; attend donc pour être heureux, que ses chefs ethniques et arrivistes soient conseillers gouverneurs, députés, sénateurs, ministres, présidents, … pour obtenir la honteuse aumône de quelques soit-disant «actions», qui sont une humiliation pour lui, des abdications pour ceux-là. Ce peuple voit sa classe politique à tour de rôle chinoiser sur l’essentiel et piller toutes les ressources sans rien dire à l’unisson, il assiste aux morts des innocents sans se soulever pour exiger qu’on l’organise pour la défense de la patrie.

Et dans cette fausse démocratie où nous vivons, notre peuple a la sottise de laisser s’installer au pouvoir les personnes qui ne tiennent pas à cœur le changement profond de notre organisation sociale, politique et économique et qui le considèrent comme incapable de se battre pour ses propres intérêts. Pire, il ne sait même plus reconnaitre et suivre les amis sincères, les défenseurs dévoués à toute épreuve, désintéressés, altruistes jusqu’à la mort. Il bâillonne la justice et bafoue les hommes assez audacieux qui osent dire courageusement : “Voit, les hommes qui devraient travailler dur pour ton bonheur, n’ont d’autres souci que le maintien de leur satisfaction personnelle. Ils te promirent la Justice, mais ils la méprisent au plus haut point. Ils te promirent la Paix, mais ils sont eux-mêmes tes bourreaux. Ils te promirent le Travail et tu croupis dans la misère et le chômage”. Il les néglige, les abandonne, suit ceux qui les calomnie, donne son estime et sa confiance à des êtres qui n’ont jamais sacrifié à la cause commune un centime, une heure de liberté, une goutte de leur sang, rien ! Et lorsque la trahison de nos idoles nos écrase, nous ne crions suffisamment à la perfidie que pour recommencer le lendemain avec d’autres mystificateurs. La conscience et l’intelligence de notre peuple ne sont pas assez éclairées et se font du suffrage universel une conception ridicule qui supprime tous les droits individuels et devoirs collectifs dès que le vote est fait, et délaisse la souveraineté pour 5 ans, 5 ans où les charlatans et prédateurs politiques utilisent leurs positions pour leurs intérêts. Nous devrions être le peuple guide de l’Afrique renaissante, et nous en sommes les chiens de paille.  Voilà ce qu’ont fait de nous les politiciens intéressés qui, tout en se disant nos leaders, pactisent avec nos implacables ennemis.

Mais comment en est-on arriver là?

La fabrique des esclaves

Avant le contact avec les futurs esclavagistes occidentaux et arabes, nous avions des rois auxquels nous étions soumis, dans le cadre de l’organisation politique traditionnelle de nos sociétés, ce qui implique une certaine conception du pouvoir et de l’autorité, un certain environnement mental. Avec l’esclavage, arabe et occidental, le régime léopoldien et la colonisation, les peuples qui feront la RDC ont été réduits à une foule sans idéal, esclave, ne recevant que la formation religieuse anesthésiante et technique pour l’extraction des richesses, sans formation à la pensée, prête donc pour toute les servitudes – l’idée du paradis fut et a utilisée pour semer dans les esprits comme une projection fantasmagorique qui devrait pousser à la patience idiote, à la tolérance coupable et à l’attente fainéante d’une vie heureuse là haut.

Mobutu : l’illusion de grandeur

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Ensuite est venu l’entretien au sein de l’imaginaire collectif par le système Mobutu de l’illusion insensée d’avoir réalisé à jamais une forme de civilisation unique et invulnérable. C’est ainsi que les zaïrois étaient convaincus d’appartenir à une nation qui avait atteint le sommet de la grandeur et qui pouvait survivre envers et contre tout, tout en vivant indéfiniment sur ses rentes qu’ils pensaient intarissables. Dans une sorte d’anesthésie générale peu importait que le monde tout autour fut en ébullition, que sur le terrain international les rapports des forces en présence subissent des bouleversements profonds (la fin de la guerre froide par la chute du mur de Berlin en 1992, la chute d’Abyarimana et le génocide Rwandais en 1994, etc.), que les vielles assises de l’ordre social traditionnel vinssent à sombrer l’une après l’autre. Ce n’était pas là une raison pour que le pays du s’alarmer. Mobutu inscrit dans l’imaginaire dans un certain sens que le crime pouvait être droit et le droit crime ; que le fait pouvait sur tout principe ; que le succès personnel et non collectif justifie, purifie, couronne et sauve tout. Rendus malades, sa cour et son peuple prêtèrent donc serment au crime, au dictateur et à ses institutions. Les canailleries gouvernementales et sociales s’étalèrent impunément aux yeux de foules abêties par la tyrannie alors même que l’orage paraissait de plus en plus s’approcher menaçant le Zaïre, plaque tournante des enjeux énergétiques du monde. Dans cette affreuse féerie, la classe politique trafiqua et corrompu tout ce qu’il y a de saint et de sacré pour un peuple : la foi en lui-même, un imaginaire sain, ainsi que la sacralité de l’intérêt national et de l’honneur.

Les ravages de la guerre

Mais un peuple ne peut impunément être sot. Car, si la la perte de sang et de sol est réparable; ce qui l’est moins, c’est la perte du sens pour la construction d’une véritable Nation, (le mobutisme l’avait tué). “Il y a quelque chose de pourrie dans royaume de Danemark”, dit Shakespeare dans Hamlet. Tout était pourri dans le Zaïre des années 90. Aussi, une Nation a besoin de sabre et d’idées. Il n’y avait ni l’un ni l’autre au Zaïre, sauf lors du Conférence Nationale Souveraine qui elle aussi n’échappa pas aux pesanteurs de la fainéantise. Si le massacre des chrétiens des années 90 et le grogne sociale qui couvait pourrait être des bons signes, il est incontestable que notre peuple était trop veule pour s’affranchir de la dictature. Le sabre arriva en 1996. De là l’écrasement par les armées Rwandaises et Ougandaises, Burundaise sous le haut patronage de l’Occident coupable, de là le siège abominable, la défense hypocrite, le flirt des généraux avec l’ennemi, la trahison de toute la cohue des bien pourvus, l’esclavage nouveau et la prédation étrangère. Nous ne pouvions pas avoir pis: ce fut le châtiment.

Ainsi, après un terrible et cauchemardesque carnage humain, le Zaïre se réveilla rwandais, avec un libérateur enchainé à sa tête et une cours mercenaire. Comme le personnage avait conquis et construit son pouvoir avec les ennemis de la nation, ils ne pouvait décemment prendre rang pour la reconstruction. La catastrophe s’en suivra. L’Est de la RDC résistera par la suite de façon extraordinaire, mais il était trop tard. Car après la résistance du peuple, une politique de l’infiltration, de la division, de la manipulation va se développer sur les ruines d’un esprit national détruit.  La guerre et l’occupation nous laisserons alors assez des soucis graves, sur lesquels nous nous forgerons artificiellement une difficulté supplémentaire qu’est l’organisation du pouvoir. En effet, si avec le Zaïre le ver de la corruption s’était glissé dans toutes les institutions et les rouages administratifs, la République née de la défaite viendra comme pour aggraver les maux causés par le mobutisme. La démocratie dans un pays aux consciences devenues multiples va faire de la politique un cadre de partage du gâteau et non de confrontation de meilleurs projets.

La défaite va acquérir alors sa véritable signification en favorisant le replis identitaire, témoin de l’achèvement d’une illusion d’unité nationale et d’une déchéance collective irréparable au lieu de marquer l’amorce d’un effort irrésistible de régénération des ressources profondes de l’existence de notre peuple en tant que nation. Sur les désastres de la guerres a grandi l’esprit égoïste et médiocre, la culture du gain facile … L’âme congolaise et africaine en général; sortie de longues périodes de luttes, n’a alors pas trouvé sa voie et s’est laissé envahir par l’apathie et l’égoïsme. Il en découle qu’après 1996, c’est dans les traumatismes infligés à notre peuple qu’il faut trouver l’explication de ce que nous sommes devenus. Ces traumatismes ont mis au monde l’angoisse et la psychose collective qui vont alors finaliser ce que la désillusion collective avait commencé, et conduirons à l’instauration d’un nouvel imaginaire :  la psychologie de l’homme qui réussi et se sauve seul du désastre.

Il monte en effet au crâne de plusieurs congolais des envies de ne plus se mêler de rien, de laisser les choses aller comme elles voudront, à vau-l’eau, vers l’égout, de se désintéresser de tout. C’est la psychologie de ce type d’homme qui se berce de l’illusion d’avoir acquis le droit imprescriptible de tirer profit à tout prix d’un état qu’il juge à priori comme irréversible ; c’est la psychologie du citoyen routinier et sédentaire qui ne craint rien tant que le mouvement de destruction ne l’atteint pas, pour qui le compromis s’appelle vérité (Cas des accords et des débâcles électoraux, …), pour qui la grandeur est synonyme de passé, l’avenir meilleur une utopie. C’est la psychologie, en somme, de celui qui a une fois pour toute chargé les autres de faire à sa place l’histoire, dont l’idéal est d’éviter, à n’importe quel prix, le moindre dérangement, de ses croyances et dont le réflexe instinctif est de fermer méthodiquement les yeux devant le danger, pourvu qu’il se sauve et sauve les siens. La pourriture sociale va s’en suivre : La manipulation, les compromissions, les replis identitaires seront le bouclier des leaders politiques, … la résignation générale, sauf des petites poches de résistance (paix éternelles à toutes les victimes mortes assassinées par l’État-mafia pour avoir dit non). Cela conduit tout droit au respect du désordre, respect qui ne pouvait qu’engendrer des montées de haine de classe, et la haine mal dirigée frappe au hasard : la chute aux enfers a été alors accélérée et continue à l’être par une habile manipulation politique. Disons le au présent : le tribalisme prend forme, des groupes armées se multiplient, le pillage des ressources est entretenue, la manipulation des masses se renforce, le pays est réduit à une cour des miracles où les miséreux s’en prennent follement les uns aux autres. Devenu un peuple malade, nous sommes ramolli par le souci de notre tranquillité individuelle et de notre passivité collective.

Mais alors, que faire ?

“Nous sommes tous dans le même bateau. Tout le monde sera massacré ou torturé, et dans le cadre de la nation indépendante tout le monde souffrira de la même faim et du même marasme. La lutte collective suppose une responsabilité collective de la base et une responsabilité collégiale au haut. Oui, tout le monde doit être impliqué dans la lutte pour le salut commun. Il n’y a pas de mains propres, pas de spectateurs innocents. Nous sommes tous en train de nous salir les mains dans le bourbier de notre sol et le vide terrifiant de nos esprits. Tout spectateur est un lâche ou un traître”.

Frantz Fanon, Les Misérables de la Terre, 1961.

Il faut que l’égoïsme, le découragement et l’apathie, ces ennemis jurés de la prospérité soient extirpés, et que nous comprenions que la meilleure manière de rester à soi-même estimable, est de lutter avec tous nos frères et sœurs en humanité et en patrie pour redonner la lumière, la bonté, la justice sociale et la joie au cœur de ce pays blessé par la misère humaine. Il faut rappeler à notre peuple que la liberté est un trésor qui ne se donne qu’aux forts, et qu’un peuple fait des hommes qui craignent la mort est mûr pour le servage. Il faut que nous cessions d’être un peuple où chacun vit pour soi, il faut que notre peuple cesse d’être un peuple des petits opportunistes et passe d’un peuple apathique et vaincu qui se contente de peu vers un peuple militant et ne faisant allégeance qu’aux valeurs et à l’idéal commun. Il faut que nous exigions et vivions ce qu’est la Liberté, le droit et le devoir de nous tenir débout et la Justice pour un peuple. C’est seulement dans cet état d’esprit qu’au milieu des ruines de la guerre sera construite un Kongo avec une âme ravivée, unifié et libre pour une nouvelle ère de paix, de justice, de liberté et de prospérité. Cela impose de prendre conscience que nous avons le droit à la révolte pacifique, consciente, raisonnée.  Pour y arriver, tous les hommes éclairés dans notre pays doivent travailler à faire sortir de la décrépitude notre peuple chacun à son niveau (Enseignants, religieux, leaders politiques, leaders de la société civile, étudiants en particulier, journalistes, ..). Car on ne saura jamais conjurer le danger qu’en formant un faisceau inébranlable, qu’en organisant une individualité nationale, douée d’une intelligence et une vie propre, et ayant un caractère très tranché, à l’exemple de tant des peuples qui, malgré la diversité des races, de religion et des tribus, de mœurs, … vivent si heureux sous l’égide bienfaisant des leaders éclairés.

Par ailleurs, la fleur de notre peuple, sa jeunesse, quelles que soient les convictions idéologiques et positions politiques des uns et des autres, doit rendre possible le grand dessein de la reconstruction nationale en s’autonomisant : autonomisation de pensée, d’action et d’initiative, et surtout, autonomisation politique.  Il nous faut prendre le contrôle de notre système politique pour une nouvelle vision sociale, un nouveau pacte citoyen et une vigilance permanente sur les enjeux stratégiques, politiques, géopolitiques, géoéconomiques, sécuritaires, éducatifs, sociaux, économiques et civilisationnels de notre mère Patrie (Sécurité nationale). On nous objectera qu’elle est vraiment étrange la prétention de vouloir régenter les cerveaux, de les vouloir tous façonnés au moule de la révolution permanente, et de ne concevoir qu’on puisse, à côté, penser autrement. Nous répondrons d’une part que le mouvement d’une jeunesse consciente ou d’un peuple éveillé relève de la nécessité et de la raison et que les divergences ne portent généralement que sur des points de détail qui disparaitraient en face de nos aspirations communes, si nous avions des bons leaders.

1 Hawthorn, Tom. “Citoyenneté active.” l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié octobre 31, 2019; Dernière modification mai 12, 2021.

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