Évolution politique en RDC de 2013 à mars 2018

En décembre 2013, le président Kabila a signé l’ordonnance 13/078 qui régit la création, l’organisation et le fonctionnement d’une série de consultations nationales. La plupart des dirigeants politiques et des partis ont accueilli favorablement cette l’initiative, à l’exception du principal chef de l’opposition, Étienne Tshisekedi. Dans ces circonstances, le président a annoncé, plus d’un an après les consultations nationales, la formation d’un nouveau gouvernement composé de 42 ministres – dont 7 venaient de l’opposition. Augustin Matata Ponyo Mapon a été confirmé dans ses fonctions de Premier ministre.

Au début de l’année 2015, l’opposition a estimé que l’adoption d’une loi – qui exigeait un recensement national avant toute nouvelle élection – visait à retarder les élections prévues en 2016. Des manifestations ont éclaté à Kinshasa et ailleurs, et il s’en est suivi une modification de la loi. L’opposition a également demandé qu’un nouveau calendrier électoral soit établi. Le 14 septembre 2015, un groupe de sept dirigeants des partis d’opposition représentés au gouvernement a adressé une lettre au président Kabila lui demandant d’indiquer clairement qu’il respecterait la constitution de 2006. Il s’en est suivi un remaniement ministériel.

Le second mandat du Président Kabila a expiré en décembre 2016 et les élections ont été reportées avec un engagement de les tenir avant la fin de 2017. Les problèmes relatifs aux élections ont entraîné des tensions internes et un retard dans la mise en œuvre des réformes clés. Des manifestations ont éclaté le 19 septembre 2016, et en parallèle, la relation de la RDC avec certains pays s’est détériorée. L’Union européenne et les États-Unis ont imposé des sanctions financières contre de hauts responsables du gouvernement et de l’armée.

Le 31 décembre 2016, des pourparlers engagés par les évêques catholiques ont abouti à un accord politique. Plus tôt, en octobre 2016, le président Kabila a nommé un nouveau Premier ministre, après avoir conclu un accord avec une partie de l’opposition. Le nouveau Premier ministre, M. Samy Badibanga, ancien membre de l’UDPS, principal groupe d’opposition, a formé un gouvernement composé de 67 membres.

Le 5 avril 2017, le président Joseph Kabila, dans son allocution aux chambres basse et haute du Parlement, a annoncé qu’il nommerait un nouveau Premier ministre dans le cadre de l’accord politique conclu en décembre 2016. Il a alors nommé M. Bruno Tshibala, un membre de l’UDPS ne reconnaissant pas l’autorité de Félix Tshisekedi (fils du feu Étienne Tshisekedi), au poste de Premier ministre. Celui-ci a présenté son cabinet le 9 mai 2017. Il compte 53 ministres, dont seulement trois sont nouveaux et de l’opposition. En Novembre 2017, les autorités ont publié un calendrier électoral fixant les élections au 23 Décembre 2018. La principale coalition d’opposition, dirigée par Félix Tshisekedi, a rejeté ce calendrier et continue de contester la légitimité du gouvernement.

Les ressources offertes par ce site ne peuvent exister sans le soutien financier de nos lecteurs. Et nous avons vraiment besoin de ce soutien.

Aller plus loin :

La désintégration contrôlée du monde et le devoir de survie de l’Afrique

Alors que le siècle s'enfonce dans les tourments d'une reconfiguration globale, l'analyse médiatique conduit parfois à considérer que la confusion est érigée en méthode de gouvernement mondial. Il est...

Discours du Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege à Martinique

Le docteur Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, a effectué une visite marquante en Martinique du 2 au 8 mai 2026. Invité par la municipalité des Anses-d'Arlet...

Le Sud global face aux « Lumières sombres »

Comment l'Afrique subsaharienne doit-elle comprendre et affronter la montée de l'idéologie techno-impériale, idéologie qui combine techno-autoritarisme, transhumanisme, darwinisme social, eugénisme latent, militarisation de l'intelligence artificielle et néomalthusianisme recyclé, tout...

Palantir et la République technologique

Palantir occupe aujourd'hui une place singulière dans l'économie politique du capitalisme numérique. L'entreprise n'est pas seulement un fournisseur de logiciels d'analyse de données pour les entreprises, les administrations, les...

Technofordisme et technototalitarisme,  reconstruction hégémonique du capital après l’épuisement du néolibéralisme

Le technofordisme et le technototalitarisme constituent la tentative contemporaine de reconstruction hégémonique du capital après l’épuisement historique du paradigme néolibéral. Comme le marginalisme face...

Dialogue, espace public et démocratie : perspectives croisées de Habermas, Rawls et Wiredu

Dans l’histoire politique coloniale et postcoloniale congolaise, le « dialogue politique », loin d’être un espace ouvert à la parole citoyenne et à la...

Le retour du nationalisme économique et l’Afrique au carrefour de l’histoire

Entre Washington et Pékin, le monde se fracture : la rivalité technologique et industrielle redessine les cartes du pouvoir. Au centre de cette confrontation,...

Le rôle discutable des méthodes quantitatives en économie

La plupart des économistes s'accordent à dire que, grâce à des méthodes statistiques et mathématiques, il est possible d'organiser les données historiques en un...