ENQUÊTE COVID-19 | Révélations de l’ODNI et rapports confidentiels du NIH — Partie I : Les preuves matérielles de l’affaire Fauci

Le système Fauci face au miroir de l’Histoire : du virus né orphelin à la paternité criminelle.

Cette enquête en trois volets déconstruit l’une des plus grandes dissimulations scientifiques et politiques du XXIe siècle, à la lumière des documents déclassifiés par l’ODNI en juin 2026. Dans le présent Volet 1, nous exposons la matérialité des recherches, les rapports confidentiels du NIH, les données sur les chimères virales, et la preuve des dissimulations au sein des agences de renseignement. Dans le Volet 2, nous aborderons la question de la morale, de la loi, de l’hubris scientifique et de la responsabilité pénale des acteurs impliqués dans cette ingénierie biologique et biopolitique. Enfin, dans le Volet 3, nous terminerons par une réflexion sur la souveraineté sanitaire et l’autonomie du continent africain face aux agendas de recherche transnationaux.


Publication des documents secrets de l’ODNI et du NIH

Le 19 mai 2026, à l’aube de sa démission officielle de la direction du Renseignement national américain (Director of National Intelligence, DNI), Tulsi Gabbard a publié une série de documents classifiés qui fait l’effet d’une déflagration politique et sanitaire à Washington. Confirmée à son poste en février 2025, l’ancienne lieutenant-colonel de réserve a choisi ses derniers jours de mandat pour exposer les rouages d’une dissimulation d’État massive entourant l’origine de la COVID-19. Le communiqué officiel n°11-26 de l’ODNI, publié le 18 juin 2026, accuse formellement le Dr Anthony Fauci, ancien directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), d’avoir financé des recherches risquées dites de «gain de fonction» sur les coronavirus à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV), d’avoir mobilisé des éléments politisés au sein de la communauté du renseignement pour étouffer la thèse de l’accident de laboratoire, et d’avoir commis un parjure devant le Congrès en 2024. L’accès au premier lot de documents déclassifiés par DNI Gabbard, désormais recoupé avec les rapports d’activité annuels secrets (Interim RPPR) du projet de subvention NIH 5R01AI110964-05 intitulé «Understanding the Risk of Bat Coronavirus Emergence», permet d’établir une chronologie inédite. Elle révèle comment, dès les premiers jours de l’année 2020, les plus hautes autorités scientifiques américaines ont paniqué en observant les anomalies génétiques du virus, avant de verrouiller le débat démocratique pour masquer des expériences hautement pathogènes sur des souris humanisées.

L’arsenal génétique de Wuhan et les alertes précoces du Renseignement

Les pièces déclassifiées de l’ODNI révèlent que les services scientifiques et de renseignement américains disposaient de preuves techniques accablantes bien avant que le grand public ne soit autorisé à contester le «consensus» de l’origine naturelle.

Le pipeline de biologie synthétique de l’Université de Wuhan (2013)

L’analyse des archives déclassifiées met en lumière que la maîtrise des technologies de manipulation génétique à Wuhan ne se cantonnait pas aux cercles fermés du WIV, mais irriguait l’ensemble de l’écosystème universitaire local depuis plus d’une décennie. En 2013, l’équipe étudiante iGEM WHU-China de l’Université de Wuhan (étroitement liée à la direction du WIV) présentait un projet de biologie synthétique visant à concevoir un «rhéostat à glissière génétique» capable de moduler avec une précision extrême l’expression des gènes. Pour ce faire, ces jeunes chercheurs utiliaient le système d’assemblage enzymatique Gibson Assembly — idéal pour assembler de longs fragments d’ADN allant de quelques kilobases à plusieurs centaines de kilobases — combiné à l’utilisation de plateformes d’ingénierie génétique régulées par d/aCas9. L’instructeur de ce projet n’était autre que le Dr Yu Chen, professeur associé au département de virologie de Wuhan, dont les travaux de recherche portaient spécifiquement sur les mécanismes de réplication et de transcription du SARS-CoV (notamment la protéine non structurale nsp16. Cette formation précoce de cohortes de chercheurs locaux aux techniques de recombinaison fluide et invisible démontre que Wuhan était devenue, dès 2013, la capitale mondiale de l’ingénierie des coronavirus.

Le vecteur de synthèse «pGF» et la preuve par le « Torque Teno Virus » (2011)

La maîtrise technologique de la synthèse de génomes viraux entiers à partir de simples fichiers informatiques était déjà une réalité opérationnelle. En 2011, l’équipe de Gengfu Xiao au WIV publiait dans la revue Virologica Sinica la synthèse chimique intégrale du génome du Torque teno virus (TTV), un virus de 3,8 kilobases (kb), par assemblage de plus de 100 oligonucléotides superposés (méthode PCA et SOEing). En avril 2016, cette même revue publiait des travaux détaillant la création d’un vecteur navette hybride E. coli-levure baptisé pGF (plasmid Genome Fast), conçu sous la supervision indirecte de la célèbre virologue Shi Zhengli. Ce plasmide synthétique permettait d’accélérer drastiquement la reconstruction à l’échelle génomique sans laisser de traces d’enzymes de restriction classiques. Le WIV possédait ainsi tous les protocoles requis pour concevoir de toutes pièces un virus pathogène sans avoir besoin d’un échantillon physique d’origine. De plus, les travaux du pionnier américain Ralph Baric publiés en 2008 dans la revue PNAS avaient d’ores et déjà démontré qu’il était possible de synthétiser un coronavirus de chauve-souris pleinement infectieux (Bat-SRBD) et capable de se répliquer dans des cellules épithéliales pulmonaires humaines sans laisser la moindre trace ou «cicatrice génétique» dans le produit final.

L’hypothèse de l’accident par passage in vitro : La piste de l’Eptesicus fuscus

Parmi les documents les plus stupéfiants déclassifiés par l’ODNI figure une note d’analyse scientifique rédigée par des experts russes en avril 2020. Ce document propose une explication particulièrement robuste concernant l’apparition de la signature génétique la plus suspecte du SARS-CoV-2 (COVID-19) : l’insert de 12 nucléotides TCCTCGGCGGGC codant pour le site de clivage par la furine (RRAR). Une recherche comparative par l’outil BLAST montre que cet insert présente une homologie de 91,7% (et de 100% sur une séquence de 17 bp TAATTCTCCTCGGCGGG) avec un fragment de misc-RNA (ARN non codant impliqué dans l’activation/désactivation des gènes) de la grande chauve-souris brune, l’Eptesicus fuscus. Or, la note révèle que pour cultiver et isoler les coronavirus en laboratoire, les chercheurs utilisent couramment des lignées cellulaires rénales hautement spécialisées issues précisément de l’espèce Eptesicus fuscus. Les experts expliquent que lors de passages successifs du virus (Bat-CoV-RaTG13 ou un progéniteur similaire) sur ces cultures cellulaires, une recombinaison s’est produite, intégrant un fragment d’ARN de l’hôte mammalien dans le génome viral. Ce mécanisme parfaitement documenté de sélection in vitro invalide scientifiquement la thèse d’une origine purement naturelle dans les marchés humides et désigne directement une culture cellulaire.

La panique de février 2020 et la fabrication du «consensus»

Les mémos de la communauté du renseignement déclassifiés montrent que la version officielle d’une origine naturelle a été orchestrée pour masquer une panique scientifique interne, le NIH s’alignant immédiatement sur les conclusions de l’article «Proximal Origin» de Nature Medicine pour verrouiller l’analyse.

Les appels secrets du week-end de la Saint-Valentin biologique (Janvier-Février 2020)

Un compte-rendu d’information de l’ODNI daté du 4 février 2020, détaillant une réunion d’urgence de l’Académie nationale des sciences (NAS) tenue la veille sous la direction de l’OSTP, lève le voile sur les coulisses des premières heures de la crise. Le vendredi 31 janvier 2020 au soir, plusieurs virologues de premier plan ont appelé en urgence le Dr Anthony Fauci, s’inquiétant de la présence d’inserts suspects au niveau du site de clivage par la furine du SARS-CoV-2. Le dimanche 2 février, lors d’un troisième appel, la majorité des scientifiques consultés se disaient «incertains» quant à l’origine naturelle. Lors de la réunion du 3 février à la NAS, le virologue Ralph Baric admettait qu’il était impossible de distinguer une origine naturelle d’un accident de laboratoire avec les données disponibles, tout en concédant que le virus semblait optimisé pour l’homme.

La dissidence étouffée et le scepticisme interne de la communauté du renseignement

Les correspondances déclassifiées de la fin mars 2020 au sein du Conseil national du renseignement (NIC) et du Bureau du renseignement et de la recherche (INR) du Département d’État révèlent que la communauté scientifique du renseignement était profondément divisée, contrairement au « consensus » affiché à l’époque par Francis Collins (alors directeur du NIH) sur son blog officiel le 26 mars 2020. Dans un e-mail daté du 20 mars 2020, un analyste senior du NIC écrit à ses homologues du bureau WMD & Prolifération : «To be honest – I cannot imagine the Chinese NOT doing this type of research, but an escaped P3+/P4 LAI [Laboratory-Acquired Infection] would be extraordinary. […] is on the fence with this, and maybe leaning toward the GOF [Gain-of-Function] explanation.» Malgré ces doutes majeurs, la direction politique du NIH a brandi l’article «Proximal Origin» (publié le 17 mars 2020 par Kristian Andersen et Robert Garry) pour intimider les analystes et clore le débat. Un e-mail du 27 mars 2020 montre que les cadres du renseignement ont reçu pour instruction stricte de «suivre la science» dictée par le NIH, l’un des destinataires soulignant avec ironie que cette consigne revenait à s’aligner sur «les personnes mêmes qui ont financé le laboratoire de Wuhan, créant un réseau complexe d’argent et de politique influençant l’analyse». Pourtant, la déclassification des commentaires du blog de Francis Collins montre que même le public scientifique n’était pas dupe. Dès le 27 mars 2020, des commentateurs comme « Wagner » interpellaient directement le directeur du NIH sur la fragilité méthodologique de l’article de Nature Medicine : «Comment pouvez-vous utiliser l’expression « très probablement le résultat de » et ensuite en conclure à une « preuve solide » dans le même paragraphe? Si ce n’est pas prouvé, ce n’est pas une preuve.»

Les rapports secrets du NIH : L’ingénierie génétique de chimères létales et la preuve par les chiffres (Aim 3)

Pendant que le Dr Fauci assurait publiquement au Congrès américain que le NIH n’avait jamais financé de recherches sur le gain de fonction à Wuhan, les rapports d’activité annuels secrets (Interim RPPR) du projet 5R01AI110964-05 rédigés par Peter Daszak et transmis au NIAID décrivaient précisément ces expériences hautement pathogènes. Les documents déclassifiés livrent l’historique complet et chiffré des expériences menées lors de l’Année 4 (2017-2018) et de l’Année 5 (2018-2019), apportant la preuve matérielle irréfutable de la fabrication de chimères hautement virulentes.

L’ingénierie de chimères létales sur souris humanisées (Aim 3) : De l’Année 4 à l’Année 5

La mise en parallèle des rapports annuels d’activité révèle une montée en puissance dramatique de la virulence des virus artificiels testés sur les souris transgéniques exprimant le récepteur humain hACE2. 

Les données préliminaires de l’Année 4 (Rapport de mai 2018). Les chercheurs ont infecté les souris humanisées avec une dose de 105 PFU de quatre souches de SARSr-CoV présentant des protéines Spike différentes : le virus recombinant de contrôle rWIV1 et trois chimères construites sur le squelette WIV1 portant les protéines Spike des souches sauvages sauvages SHC014, WIV16 et Rs4231 (rWIV1-SHC014 S, rWIV1-WIV16 S, rWIV1-Rs4231 S). À ce stade, les chercheurs notaient déjà une agressivité remarquable de la chimère portant la Spike de SHC014 : les souris infectées par rWIV1-SHC014 S subissaient une perte de poids drastique de 20% en seulement 6 jours post-infection (DPI), alors que les souris infectées par rWIV1 et rWIV1-Rs4231 S montraient une perte de poids bien moindre, et que le groupe rWIV1-WIV16 S ne présentait aucune perte de poids. De plus, les charges virales dans les poumons des souris infectées par les trois chimères atteignaient des concentrations gigantesques de plus de 107 copies génomiques/g à 2 et 4 jours post-infection (DPI), dépassant largement celles du virus de contrôle rWIV1.

Les conclusions létales de l’Année 5 (Rapport d’août 2021). Le rapport final de l’Année 5 (soumis tardivement le 3 août 2021) livre le dénouement tragique de cette étude sur 14 jours. La chimère SHC014 s’est révélée être une arme biologique d’une virulence pulmonaire et neurologique absolue pour l’homme. Alors que le virus de contrôle rWIV1 a laissé survivre 71,4% des souris (5/7) après 14 jours, la chimère rWIV1-SHC014 S a affiché un taux de mortalité dramatique de 75% (seules 2 souris sur 8 ont survécu). Les chimères rWIV1-WIV16 S et rWIV1-Rs4231 S ont quant à elles tué 50% des sujets (4/8 survivants). De plus, les analyses de charge virale par qPCR ont révélé une multiplication virale phénoménale dans le cerveau des souris infectées par rWIV1-SHC014 S. Alors que les virus rWIV1, rWIV1-WIV16 S et rWIV1-Rs4231 S étaient indétectables dans le tissu cérébral à 2 et 4 jours post-infection, la chimère SHC014 a été détectée à tous les points de mesure, affichant une cinétique de réplication exponentielle pour culminer à une concentration aberrante de plus de 109 copies génomiques/g au moment de la mort. Aussi, les analyses histopathologiques des sections pulmonaires ont mis en évidence de graves lésions tissulaires et une infiltration massive de lymphocytes dans les alvéoles, des ravages d’une sévérité extrême chez les sujets infectés par la chimère SHC014 en comparaison avec le virus rWIV1 classique.

Le clone infectieux du MERS et les chimères HKU4 (Aim 3)

Le rapport d’activité confidentiel montre que l’ingénierie génétique de Wuhan ne s’arrêtait pas aux virus de type SARS. Les chercheurs ont appliqué la même stratégie de génétique inverse au MERS-CoV (le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, un pathogène de classe 3 présentant un taux de létalité humaine d’environ 35%). Les scientifiques ont construit un clone d’ADN complémentaire (cDNA) infectieux complet du MERS-CoV et ont systématiquement remplacé son domaine de liaison au récepteur (RBD) par les RBD de diverses souches de coronavirus de chauve-souris apparentées à HKU4 prélevées dans plusieurs provinces chinoises, notamment les souches : MFL-Bt/Macao ; MFL-Bt/GD (Guangdong), MFL-Bt/YN (Yunnan) et MFL-Bt/GX (Guangxi). Les résultats publiés dans le rapport de l’Année 5 montrent que ces virus chimériques ont acquis la capacité d’infecter directement des cellules issues de divers tissus humains (poumon A549 et Calu-3, foie Huh-7, intestin Caco-2 et rein HEK). Les tests de réplication par PCR en temps réel ont confirmé une réplication hautement efficace dans des cellules HeLa exprimant le récepteur humain DPP4. Cette manipulation a franchi une ligne rouge éthique absolue en conférant à des virus sauvages de chauves-souris la clé d’entrée moléculaire pour infecter et détruire les organes vitaux humains.

La découverte de vecteurs MERS-CoV hautement affins chez la chauve-souris « Ia io » (Année 4)

Le rapport d’activité de l’Année 4 apporte une pièce complémentaire à l’ingénierie du MERS au WIV. Les équipes ont identifié dans le Guangdong deux nouvelles souches de MERS-CoV chez la grande chauve-souris de soirée (Ia io), baptisées BtCoV/Ii/GD/2013-845 et BtCoV/Ii/GD/2014-422. Bien que leurs protéines Spike ne partagent que 58,9% à 64,7% d’identité d’acides aminés avec le MERS-CoV humain, l’analyse de leur domaine de liaison au récepteur (RBD) a révélé qu’elles étaient strictement identiques au MERS-CoV humain sur 6 des 13 résidus d’acides aminés critiques qui interagissent directement avec le récepteur humain DPP4. Les tests d’interaction protéine-protéine (AlphaScreen) ont confirmé que la protéine Spike de la souche 422 se lie avec une affinité extrême au récepteur DPP4 humain et de chauve-souris. Des tests de transduction par pseudovirus ont démontré que cette Spike sauvage permettait l’entrée directe du virus dans des cellules exprimant le DPP4 humain, prouvant que ces virus circulant dans la nature n’avaient besoin d’aucune mutation pour franchir la barrière d’espèce et infecter l’homme.

Le réservoir de betacoronavirus chez les roussettes du Yunnan (Année 4)

Les rapports d’activité détaillent également une surveillance longitudinale approfondie menée de 2009 à 2016 sur les populations de chauves-souris frugivores (Eonycteris spelaea et Rousettus leschenaultii) dans la province du Yunnan. Les chercheurs y ont identifié une immense diversité de betacoronavirus, classés en deux espèces majeures : HKU9-CoV (n = 46 échantillons) et GCCDC1-CoV (n = 13 échantillons). Le rapport de l’Année 4 annonce le séquençage complet du génome d’une nouvelle souche de HKU9-CoV hautement divergente, baptisée 2202, isolée chez un Rousettus à Jinghong en 2009. Ce virus partage 83% d’identité de séquence globale avec les autres souches de HKU9, mais sa protéine Spike est extrêmement divergente, ne partageant que 68% d’identité d’acides aminés avec ses congénères. Les analyses de quantification virale par organes ont révélé que l’intestin était l’organe cible principal de réplication de ces virus HKU9, suivi des reins et des poumons, établissant l’existence de voies de spillover multiples (oro-fécale, urinaire et respiratoire) pour ces pathogènes de chauves-souris frugivores.

Le désastre du SADS-CoV et les modèles de transmission intra-ferme

Le rapport d’activité de l’Année 4 confirme par ailleurs que les chercheurs de Wuhan surveillaient une épidémie porcine dévastatrice débutée en octobre 2016 dans la province du Guangdong, ayant entraîné la mort de 24 693 porcelets à cause d’un nouveau coronavirus baptisé SADS-CoV (Swine Acute Diarrhea Syndrome), d’origine bat-chauve-souris. Les travaux ont été publiés dans Nature en avril 2018 (Zhou et al.). Les analyses génomiques du WIV ont établi que le SADS-CoV partageait plus de 98% d’identité de séquence de sa protéine Spike avec les souches sauvages de chauves-souris SADSr-CoV (162140 et 141388) prélevées chez des chauves-souris du genre Rhinolophus (notamment Rhinolophus affinis). Pour évaluer le risque pandémique, les équipes d’EcoHealth Alliance ont modélisé l’aire d’overlap géographique entre les populations de chauves-souris réservoirs et les élevages porcins intensifs. En Chine, cette zone de contact critique représentait une superficie gigantesque de 329 847 km2, exposant directement plus de 2 127 006 porcs à un risque de spillover et d’amplification biologique. Par province, c’est le Jiangsu qui présentait la plus grande zone de chevauchement (35 226  km2, soit 34,3% de la surface de la province, menaçant 242 299 porcs). Le Sichuan, quant à lui, abritait la plus grande population porcine exposée avec 274 353 têtes sur une surface de contact de 26 015 km2.

Le modèle de métapopulations intra-ferme

Pour comprendre comment le virus se propageait et s’amplifiait si rapidement dans ces structures industrielles, l’équipe d’EcoHealth Alliance a développé un modèle stochastique de transmission intra-ferme, structuré par âge. Les scientifiques ont testé deux architectures mathématiques distinctes. Un modèle d’égal brassage (Equal-mixing model), qui supposait que tous les animaux de la ferme se mélangeaient de manière homogène. Ce modèle s’est avéré incapable de reproduire la courbe réelle des décès observés. Et un modèle de métapopulations (Metapopulation model), qui représentait les différents hangars/bâtiments d’élevage comme une série de sous-populations interconnectées. Cette structure mathématique a parfaitement reproduit les dynamiques de « mini-épidémies » successives et décalées dans le temps, démontrant que les grands élevages industriels de porcs en Chine agissaient comme d’immenses réacteurs d’amplification biologique et de sélection virale pour les coronavirus sauvages de chauves-souris.

L’épidémiologie cachée et la surveillance comportementale à haut risque (Aim 1 & Aim 2)

La mise en corrélation des rapports annuels du NIH et des documents de l’ODNI révèle que les équipes d’EcoHealth Alliance et du WIV avaient mis sur pied une gigantesque entreprise de surveillance humaine et animale dans le sud de la Chine, accumulant des données épidémiologiques qui contredisent directement le discours du consensus naturel.

La surveillance épidémiologique humaine du NIH : De l’Année 4 à l’Année 5

De 2015 à 2017, les chercheurs ont mené une surveillance biologique et comportementale transversale dans trois provinces du sud de la Chine : Yunnan, Guangxi, et Guangdong. Au total, 1 596 résidents ruraux ont été enrôlés sur 8 sites de surveillance. Parmi eux, 1 585 ont complété un questionnaire comportemental très détaillé (Guangdong : n = 420, Guangxi : n = 412, Yunnan : n = 753), et 1 497 personnes ont accepté de fournir des échantillons de sang pour des analyses sérologiques. Le profil des participants montre des populations en contact direct et permanent avec la faune : 62% de femmes, 69% de plus de 45 ans, et une immense majorité (86%) vivant sous le seuil de pauvreté avec un revenu annuel par habitant inférieur à 10 000 RMB (la pauvreté étant officiellement définie à 3 000 RMB par le Conseil d’État chinois en 2016, le Guangxi affichait le plus haut taux de pauvreté avec 61,8% des familles). La majorité d’entre eux vivait de la production agricole (76,2%), mais d’autres travaillaient directement dans des secteurs à haut risque : l’élevage d’animaux (1,7%), le commerce d’animaux sauvages et exotiques (0,5%), les abattoirs (0,5%), la garde de réserves naturelles (0,4%), ou la restauration de gibier sauvage (0,3%).

Les résultats ELISA et Western Blot : La preuve des infections naturelles bénignes

Les analyses sérologiques des échantillons de sang humain ont été réalisées au WIV à l’aide d’un test ELISA maison utilisant les protéines de nucléocapside (NP) purifiées de quatre coronavirus de chauves-souris : MERS-CoV, SARSr-CoV, HKU9-CoV et HKU10-CoV. Le rapport de l’Année 4 montre que sur 1 530 sérums testés, 10 échantillons ont réagi positivement pour les anticorps anti-SARSr-CoV et 6 pour anti-HKU10. Après confirmation par Western Blot (une méthode de validation rigoureuse), 7 personnes se sont révélées formellement positives pour le SARSr-CoV (toutes résidant dans la province du Yunnan : 6 à Jinning, 1 à Mengla) et 2 personnes positives pour le HKU10-CoV (une dans le Guangdong à Zengcheng, et une dans le Guangxi à Guilin). Les données du rapport final de l’Année 5 ont été stabilisées à 9 personnes positives (0,6%) présentant des anticorps IgG démontrant une exposition passée à des coronavirus de chauves-souris (SARSr-CoV de type Rp3 dans le Yunnan, et HKU10 dans le Guangxi). De manière cruciale, les rapports notent qu’aucune des personnes testées positives n’avait signalé le moindre symptôme clinique au cours des 12 mois précédant l’entretien. Les infections par ces virus sauvages dans la nature étaient donc strictement subcliniques ou asymptomatiques.

La conclusion de Peter Daszak, consignée textuellement à la page 7 du rapport de l’Année 5, est une véritable bombe épidémiologique : «Nos analyses préliminaires suggèrent que si une séroprévalence similaire se produit dans les populations humaines à travers la région habitée par les chauves-souris hôtes, il pourrait y avoir de quelques centaines de milliers à plus d’un million de personnes infectées chaque année par de nouveaux SARSr-CoV de chauves-souris dans le sud de la Chine et en Asie du Sud-Est.» Cette note confidentielle prouve que le NIH et EcoHealth Alliance savaient pertinemment, dès 2018, que le passage de coronavirus de la chauve-souris à l’homme était un événement ultra-fréquent, se chiffrant par centaines de milliers de cas par an, mais que ces infections naturelles restaient strictement subcliniques ou asymptomatiques. Cette réalité scientifique contredit radicalement la thèse officielle : pour qu’un coronavirus de chauve-souris déclenche une pandémie mondiale explosive et hautement pathogène chez l’homme, il ne suffisait pas d’un simple contact dans un marché ou une grotte ; il fallait un virus artificiellement optimisé pour l’homme, précisément comme les chimères létales développées dans l’Aim 3 du laboratoire de Wuhan.

L’analyse statistique LASSO des symptômes respiratoires (SARI/ILI)

Les questionnaires ont révélé que sur 1 565 répondants, 17% (265 personnes) avaient présenté au cours des 12 mois précédents des symptômes respiratoires aigus : soit une infection respiratoire aiguë sévère (SARI : fièvre avec toux et essoufflement, 14%), soit un syndrome pseudo-grippal (ILI : fièvre avec courbatures, toux ou mal de gorge, 72%), soit les deux (13%). Pour identifier les facteurs comportementaux associés à ces symptômes, les équipes ont appliqué une analyse statistique de régression par sélection de variables (LASSO avec validation par bootstrap). Les résultats (présentés en Figure 3 du rapport de l’Année 5) désignent des coupables inattendus. Le premier prédicteur était la consommation de viande de carnivores sauvages crue ou mal cuite (Odds Ratio [OR] = 1,6 ; support bootstrap = 0,67). Le deuxième prédicteur était l’abattage de volailles par des résidents du Guangxi (OR = 1,4 ; support = 0,68). Le troisième prédicteur était un revenu inférieur à 10 000 RMB dans le Guangxi (OR = 1,3 ; support = 0,84). Le quatrième prédicteur était les contacts domestiques avec des chauves-souris (OR = 1,3 ; support = 0,63). Et le cinquième prédicteur était les contacts domestiques avec des rongeurs ou des musaraignes dans le Guangdong (OR = 1,2 ; support = 0,63). Cette modélisation prouve que l’exposition humaine ne se limitait pas aux grottes, mais passait par des interactions complexes à domicile et par la consommation de gibier (carnivores), suggérant que les animaux domestiques (volailles, porcs) et les prédateurs intermédiaires jouaient un rôle d’amplification clé dans les chaînes de transmission.

Les approches qualitatives et la surveillance hospitalière passive

Pour affiner leurs stratégies de réduction des risques, les chercheurs ont mené des entretiens ethnographiques semi-structurés et des observations de terrain auprès de 88 membres de communautés à haut risque dans 9 sites ruraux et périurbains. Ils ont ainsi cartographié les facteurs de risque individuels (chasse sans protection, consommation de viande sauvage, présence d’animaux dans les habitations) et communautaires (absence de gestion des déchets, utilisation d’engrais à base d’excréments). De plus, le rapport de l’Année 4 révèle le lancement d’un projet de surveillance hospitalière passive dans quatre établissements clés de la province du Yunnan, situés à proximité immédiate des grottes de chauves-souris : l‘Hôpital affilié au Dali College, l‘Hôpital de la préfecture de Dali, l‘Hôpital n° 3 de la ville de Kunming et l‘Hôpital de la préfecture de Chuxiong. L’objectif de cette surveillance hospitalière passive était de prélever systématiquement des échantillons cliniques chez les patients admis avec des symptômes de SARI ou d’encéphalite inexpliqués afin de capturer, en temps réel, les premiers spillovers pathogènes de coronavirus sauvages.

La surveillance PCR et la phylogéographie des populations de chauves-souris (Aim 2)

Pendant que la surveillance humaine battait son plein, la collecte d’échantillons sur les chauves-souris sauvages se poursuivait à un rythme industriel pour nourrir les modèles de prédiction géographique. Lors de la collecte de l’Année 4, les chercheurs ont prélevé des écouvillons rectaux et buccaux sur 671 chauves-souris de 20 espèces dans le Guangdong et le Guangxi. Les tests PCR ont révélé un taux de positivité global phénoménal de 23% (154/671). Parmi les résultats notables, on trouve une prévalence massive de HKU6 chez Myotis ricketii (48,3%, soit 86/178), de Scotophilus CoV 512 chez Scotophilus kuhlii (17,5%, soit 24/137), et de CoV 1B chez Miniopterus pusillus (71,8%, soit 28/39). Ils ont également découvert 4 souches de SARSr-CoV et 5 de HKU2 chez les Rhinolophus sinicus du Guangdong, et 4 souches de HKU4 chez Tylonycteris pachypus dans le Guangxi. Et lors de la collecte de l’Année 5 (Rapport de 2021), les équipes ont analysé 1 697 échantillons de 26 espèces de chauves-souris dans le Hubei, le Shandong, le Yunnan et le Guangdong. Le taux de positivité s’est élevé à 6,4% (109/1697). Ils ont identifié des SARSr-CoV chez Rhinolophus sinicus dans le Yunnan et le Hubei, des HKU2 dans le Hubei, des HKU5 chez Pipistrellus abramus dans le Shandong, des HKU10 chez Hipposideros larvatus dans le Guangdong, et deux nouveaux alphacoronavirus de Pipistrellus dans le Shandong (Nord de la Chine).

Les chercheurs ont injecté ces milliers de séquences d’ARN polymérase dépendante de l’ARN (RdRp) dans des modèles de reconstruction d’états ancestraux bayésiens (BSSVS via BEAST 1.8) pour cartographier les migrations virales à l’échelle du continent chinois. Leurs calculs mathématiques ont révélé deux faits majeurs. Premièrement, une plasticité d’hôte asymétrique. Les sauts d’hôtes inter-familles étaient 8 fois plus fréquents au cours de l’évolution des alphacoronavirus (n= 90 événements de saut) qu’au cours de celle des betacoronavirus (n = 11 événements). Les chauves-souris de la famille des Rhinolophidae se sont révélées être les donneurs primaires de betacoronavirus, tandis que les Hipposideridae en étaient les principaux récepteurs. Cela démontre que les betacoronavirus (dont fait partie le SARS-CoV-2) font face à des barrières phylogénétiques naturelles très strictes pour sauter d’une espèce de chauve-souris à une autre. Ce verrou naturel rend d’autant plus suspecte l’apparition soudaine d’un virus parfaitement adapté à l’homme. Deuxièmement, des foyers de diversification géographique précis. Les modèles discrete phylogeographic ont situé l’ancêtre commun de la majorité des lignées de betacoronavirus dans la zone de Hong Kong et du Guangdong, tandis que l’ancêtre des alphacoronavirus se situait dans la province du Yunnan. Le Sud-Ouest et le Sud de la Chine ont été formellement identifiés comme les « hotspots » absolus de diversité et de divergence temporelle, abritant les lignées de coronavirus les plus anciennes et les plus stables.

Falsification du serment, pressions politiques et défaillances de confinement

La publication des documents secrets de l’ODNI met en lumière les défaillances matérielles de confinement de Wuhan et les efforts coordonnés pour masquer ces réalités au public et aux institutions démocratiques occidentales.

Les câbles diplomatiques de Pékin : Les secrets inavouables du P4 (2017-2018)

La publication du lot de documents déclassifiés apporte une lumière crue sur les vulnérabilités structurelles du laboratoire P4 de Wuhan, consignées par les diplomates américains lors de leurs visites de terrain en 2017 et 2018 (câbles diplomatiques 18 BEIJING 138 et 18 WUHAN 38). Ces câbles décrivent une situation alarmante : bien que le laboratoire ait reçu l’accréditation officielle en février 2017, ses opérations étaient gravement compromises par une pénurie aiguë de techniciens hautement qualifiés et d’enquêteurs capables de faire fonctionner en toute sécurité une structure de confinement de classe 4. Les diplomates avertissaient expressément que sans aide internationale, la sécurité biologique du site ne pourrait être garantie. Plus accablant encore, les câbles révèlent un conflit administratif majeur entre l’Institut de virologie de Wuhan et la Commission nationale de la santé et de la planification familiale (NHFPC). Cette dernière refusait de manière opaque d’accorder au WIV l’autorisation d’importer le virus Ebola ou de travailler sur le SARS-CoV humain classique dans le nouveau P4. Pour contourner cette interdiction administrative, les chercheurs du WIV, sous la direction de Shi Zhengli, se sont donc rabattus massivement sur l’étude et la manipulation génétique de coronavirus de chauve-souris sauvages prélevés dans des grottes du Yunnan (recherches financées par le NIH américain et EcoHealth Alliance). Ce blocage bureaucratique interne a ironiquement poussé les scientifiques chinois à se concentrer exclusivement sur les agents viraux non réglementés les plus susceptibles de provoquer une pandémie mondiale.

La plainte pour parjure auprès de l’Inspecteur général (Août 2021)

Le climat de tension a culminé le 11 août 2021 lorsque l’Inspecteur général par intérim de la communauté du renseignement, Tamara A. Johnson, a transmis à la directrice Avril Haines une plainte officielle déposée par un lanceur d’alerte (ICWPA). La plainte accusait formellement le Dr Fauci d’avoir menti sous serment au Congrès lors de ses auditions de mai et juillet 2021 face au sénateur Rand Paul, en niant tout financement américain de recherches sur le gain de fonction au WIV. Les mémos internes rédigés par Christopher Fonzone, conseiller juridique de l’ODNI, en août 2021, révèlent l’embarras de l’administration. Fonzone y expliquait qu’il y avait un «désaccord de définition au sein de la communauté scientifique sur ce qui constitue légalement une recherche sur le gain de fonction», une ambiguïté sémantique commode utilisée par Fauci pour se défendre. Néanmoins, l’ODNI a transmis le dossier au secrétaire à la Santé, Xavier Becerra, confirmant l’existence d’éléments matériels contredisant le témoignage du Dr Fauci. La preuve matérielle définitive de ce financement a été apportée en octobre 2021 par la transmission tardive du rapport d’activité d’EcoHealth Alliance pour la période 2018-2019, décrivant en détail les expériences sur les souris humanisées infectées par des coronavirus chimériques rendus 10 à 100 fois plus virulents et pathogènes.

Les pressions physiques de Fauci sur la CIA : Les révélations de la commission Wenstrup (2023)

L’effort de dissimulation a atteint son paroxysme avec les révélations de la commission d’enquête parlementaire sur la pandémie (HPSCI), présidée par le Dr Brad Wenstrup. Dans une lettre officielle adressée le 26 septembre 2023 à l’Inspecteur général du HHS, le président Wenstrup a exposé des faits d’une extrême gravité. Selon des informations concordantes fournies par des lanceurs d’alerte, le Dr Anthony Fauci s’est personnellement rendu au siège de la Central Intelligence Agency (CIA) à Langley durant la pandémie. Fauci y aurait été introduit clandestinement, «escorté sans aucun enregistrement officiel d’entrée» dans les registres de sécurité de l’agence. L’objectif de cette visite clandestine était d’intervenir directement auprès de l’équipe d’analystes scientifiques de la CIA (la section WCPMC) afin d’«influencer» leur évaluation technique, alors que ces derniers s’apprêtaient à basculer majoritairement en faveur de la thèse de « l’accident » (lisons la fuite ou l’origine) de laboratoire. Cette intrusion politique directe de la part du principal suspect du financement des recherches de Wuhan explique le revirement inattendu de la CIA, qui a finalement publié une position officielle «indécise».

Vers un nouveau cadre éthique mondial ?

Les révélations closent le premier chapitre de notre investigation. Les preuves matérielles de l’existence de chimères létales, la connaissance des taux de spillover naturels bénins et les pressions politiques exercées sur les services de renseignement forment un faisceau d’indices accablant. Cependant, la question des faits ne représente que la première étape. Dans le prochain volet de cette série, nous aborderons la dimension politique, éthique et légale de ces agissements : comment des scientifiques, des organisations comme l’OMS, les leaders d’opinion d’horizons divers, les médias et les responsables politiques ont-ils pu justifier de telles manipulations? Nous confronterons ces actes aux principes fondamentaux de l’éthique médicale et politique au vrai sens pour déterminer les responsabilités réelles.


À suivre : Volet 2 – L’analyse des responsabilités et les dérives de l’éthique scientifique, médiatique et politique.

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